Soyons clairs, la prison n’est pas une structure de bienfaisance. C’est le lieu où sont incarcérées et principalement privées de liberté, les personnes ayant commis des crimes ou autres actes délictueux. Cependant, les causes ayant conduit à ces actes sont multiples et différentes d’un individu à un autre. On le constate plus particulièrement lors des grâces du président de la République. La liste des bénéficiaires précise toujours ceux qui en « sont exclus… ». En citant les catégories de délits pour lesquels la personne est en prison. En effet, il y a une différence entre un criminel multirécidiviste, un délinquant en col blanc et un primo-délinquant. Le tri et la prise en charge obéit au système du cas par cas dévolu à l’administration pénitentiaire. Néanmoins et dans tous les cas, le régime adopté dans les prisons algériennes relève tout à la fois de la punition et de l’humanisme. Il prépare le détenu à la réinsertion une fois sa peine purgée. Ce qui paraît très facile à dire mais en réalité difficile à faire. Jeudi dernier, à la prison de Koléa (W. Tipasa), a eu lieu une « cérémonie en l’honneur des détenus lauréats de divers concours intellectuels et culturels ». L’événement placé sous le thème : « Perspectives de réinsertion », était présidé par le directeur général de l’administration pénitentiaire, Essaïd Ezreb. Ils sont 45140 détenus à avoir suivis des cours d’enseignement des trois paliers. 2642 autres ont poursuivi leurs études « dans l’enseignement supérieur à distance ». Plus important est le nombre des détenus (82700), qui ont bénéficié d’une formation dans différentes spécialités. 13000 autres détenus ont bénéficié de l’enseignement coranique. Ezreb a annoncé également qu’un « concours intellectuel, culturel et sportif, dans sa deuxième édition, destiné aux femmes et aux mineurs détenus » a eu lieu et auquel 640 femmes dont 240 mineurs ont participé. Cet évènement qui a été organisé à l’occasion du 16 avril « Youm El Ilm » reflète, a précisé Essaïd Ezreb, « les efforts déployés par les pouvoirs publics et leur volonté…de garantir le succès de la politique de réinsertion et la réintégration des détenus au sein de la société et de leurs familles ». Sauf que les efforts de l’État, n’auraient pas eu autant de résultats sans la forte adhésion des détenus. Pour la plupart d’entre eux, c’est l’espoir de bénéficier d’une grâce présidentielle pour « réussite aux études ». Pour d’autres c’est aussi une occasion de préparer les meilleures conditions à une nouvelle vie après la libération. Dans tous les cas, aspirer à la liberté est légitime pour tout être humain. Une chose est sûre, personne ne s’expose, de gaité de cœur, au risque d’être emprisonné. Comme dit plus haut, les cas sont multiples et ne se ressemblent pas. Ceci étant, la direction générale de l’administration pénitentiaire a la lourde mission de trouver le juste milieu entre la sévérité indispensable et la dignité humaine des détenus à respecter. Avec le souci de maintenir l’ordre dans un univers carcéral enclin à la violence.
Zouhir Mebarki











































