Les Verts

En attendant le Togo à Lomé : Les «Verts» se compliquent l’existence

L’équipe d’Algérie, petitement battue au Bénin (0-1), saura-telle vite se relever et chasser à nouveau les doutes après un match qu’on savait au départ compliqué face à une sélection locale sur-motivée et ne lâchant finalement rien ?. Faut-il craindre dès lors une certaine démobilisation des troupes qui n’ont pas attendu longtemps pour redescendre de leur petit nuage et se retremper dans l’ambiance particulière des terrains africains qui veut, toujours, que le talent seul ne suffit pas pour s’imposer? Ajoutons à cela l’état des terrains à la limite du praticable et l’environnement immédiat (la majorité des joueurs connaissent bien pourtant) et vous aurez tous les ingrédients d’un combat où la solidarité et le courage font à tous les coups la différence.

Azzouaou Aghilas

Coup de … gueule ?
Le sélectionneur des «Verts» a livré à chaud, malgré une grosse déception, son analyse après la petite, mais compromettante défaite, mardi après-midi, contre une moyenne sélection béninoise bien en place, physiquement au point et ne refusant (là, réside toute la différence) pas le combat en admettant d’abord qu’il «assume entièrement cet échec» non sans se priver de pousser un coup de gueule justifié pour qui a suivi cette rencontre virant au cauchemar, en reconnaissant que ses poulains «ont manqué de combativité et de volonté» lors de cette sortie. Comprendre donc qu’ils n’ont rien fait pour gagner. À tout le moins repartir avec le petit point qui leur aurait permis d’éloigner plus de pression dans la course à la 1ère place du groupe qu’ils sauvent momentanément grâce à une meilleure différence de buts, mais qu’ils partagent avec leurs vainqueurs du jour qui font coup double à l’occasion en remportant pour la toute première fois un succès dans les confrontations directes entre les deux pays. Belmadi, tenant difficilement sur place, voire inconsolable, trouvera les mots justes pour résumer ce duel que ses joueurs, pour la plupart dans un jour sans en estimant, entre autres que «pour gagner ce match, il fallait afficher une volonté surdimensionnée. Être omniprésents et à 150% dans les impacts.» Pendant les 100 minutes (les 90 réglementaires plus les 10 additionnelles qu’aura ajoutées l’arbitre Pavasa dont on salue, au passage, le courage en se permettant même, à un tournant décisif des débats, de renvoyer aux vestiaires l’incontestable homme du match et super star béninoise, Sessègnon à l’origine de la réalisation de son unique réalisation où il mettra dans le vent la défense algérienne avant de servir sur un plateau son compère d’Almeida qui se chargera d’inscrire le but victorieux en mystifiant un M’Bolhi encore une fois lâché par son arrière-garde coupable d’absence sur l’action) qu’aura duré cette corvée servie par l’E.N, les Brahimi, Bentaleb et autres n’ont pas, selon le coach, «mis les ingrédients pour sortir d’un tel piège», en rappelant que, et il avait raison, «jouer au ballon dans de telles conditions est quasiment secondaire. En sortir vainqueur est impossible.»
C’est dit tout simplement. Sans accabler ses joueurs. Sans, surtout, tirer la couverture à lui. Sans se la raconter en plus même s’il savait, et il le soulignera avec force, en première période surtout, qu’il «n’avait pas un bloc suffisamment compact», comme sur ce déboulé de la 16e minute quand sa défense sera transpercée sans réaction, pour sauver la mise. Un scénario qu’il évitera certes à la reprise sans retrouver, malheureusement, cette solidité qui aurait remis l’équipe sur rails et profiter de l’infériorité numérique (sur près- eh oui- d’une heure, en incluant le temps additionnel, la coqueluche du football locale ayant vu rouge à la 53e mn) pour revenir au score et sceller la qualification. S’éviter les calculs d’épicier lorsqu’on sait que le prochain adversaire, en novembre prochain, le Togo (le déplacement de Lomé ne s’annonce pas de tout repos et devient problématique) qui est revenu de Gambie avec les 3 points dans les bagages et pousse désormais dans le rétroviseur en n’accusant plus que deux petites longueurs de retard avec la possibilité de fausser entièrement les calculs renvoyant, en cas de victoire (on croise les doigts, mais des probabilités à prendre en compte pour éviter toute mauvaise surprise) les Algériens à la 3e place du classement.

Panne généralisée
Les choses étant maintenant claires (rien n’est joué pour les deux places qualificatives directes), les choses se compliquant même, cette sortie en terres béninoises qui a vu les «Écureuils», manœuvrant à leur guise et surpris ou presque du peu d’allant affiché en la circonstance par un adversaire plutôt à la peine et incapable de prendre le jeu à son compte. En manque de confiance et perdant au fil du match de ses qualités. En ne mettant pas, comme qui dirait, les ingrédients basiques pour renverser la vapeur et reprendre le cours des opérations. Une équipe d’Algérie en panne d’idées et donc de solutions devant. En l’absence tout simplement d’une quelconque force de caractère avec, en prime, un début de rencontre catastrophique où il ne fallait surtout pas se rater (le coup fatal arrivera malheureusement à peine le 1er quart d’heure dépassé, généralement décisif, sur un mouvement offensif béninois qu’on croyait anodin conclu positivement au grand dam d’un dernier rempart laissé à son triste sort par une défense, vraiment pas dans son élément, surprise en train de ronronner) face à la vitesse d’exécution d’un vis-à-vis bien menés par un Sessègnon qui saura, au contraire des Brahimi et autre Mahrez (son entrée en jeu, timide, n’apportera rien) transcender ses coéquipiers en les menant, avant son expulsion, à l’essentiel : Un tout petit but et un succès qui relance la course à trois d’une poule finalement pas aussi déséquilibrée que cela.
Un-zéro ou zéro-un et le genre de verdict qui vous reste en travers de la gorge, Non pas par la petitesse du score, mais plutôt par la manière, les «Verts» passant lamentablement à côté de leur sujet en rendant une copie nulle. Une prestation décevante et des interrogations au moment où le public attendait un meilleur visage de leurs favoris après un match «aller» loin de servir (il y eut certes une bonne victoire) de référence selon les propres termes du sélectionneur qui ne s’attendait pour sa part pas à une telle déconvenue qu’il analyse avec amertume. Il dira, sans détour, sans se chercher d’autres excuses : «On sort de ce match avec une petite défaite et zéro point de pris. Croyez-moi, ça fait mal. On ne peut pas être satisfait, car on est venu ici pour gagner. On a préparé ce match comme il se doit pourtant. Les joueurs savent ce qu’il faut pour prendre des points en Afrique. En 1ère période, on n’a pas joué comme il le fallait et comme je leur ai demandé de faire.»
Ah ce premier half et ces débuts difficiles qui scelleront le sort d’un duel à l’origine d’un coup de gueule pour la raison simple que de l’avis de Belmadi (et il n’accablera pas ses protégés plus que ça) son équipe est restée bien sage dans son coin à réagir (et encore !) plutôt que d’agir. En lâchant prise trop tôt face à une adversité ne se compliquant pas la tâche en prenant le bon bout.

«Être au niveau», c’est quoi?
L’équipe (on l’espérait avec force à l’arrivée de l’explication de Bida-Tchaker de vendredi, comme on espérait qu’elle allait finir le travail à Cotonou pour se mettre à l’abri d’un tel scénario où il faudra sortir les calculettes, ce qui n’est jamais bon pour un présumé favori) est-elle sur la bonne voie ? Répond-elle aux exigences du haut niveau ? Belmadi, contrarié au plus haut point et mis en demeure de revoir sa copie avant une 5e journée (encore une autre pour un «Club Algérie» qui ne sait plus gagner à l’extérieur et n’y a plus goûté, c’est lui qui le rappelle amèrement, depuis maintenant deux années et demie sur un terrain du continent) sous peine de désillusion, la qualification n’étant théoriquement (mathématiquement aussi) loin d’être acquise. Triste et durement marqué, Belmadi, qui sait la mission difficile pour une équipe se remettant à peine de ses récentes déconvenues et d’une traversée du désert que son nouveau coach est chargé de faire oublier, s’il prend sur lui cet échec (on dira cinglant et tellement dur à avaler) et défend comme il peut ses choix, a des mots durs pour certains éléments (sans les citer) en rappelant que «quand on joue, il faut savoir être au niveau.» Clair, net et précis car tout n’a pas bien marché pour une équipe qui a, sans aucun doute, refusé le combat. Et ces propos relatifs à la manière avec laquelle elle a encaissé le but de la défaite ne laissent pas de place à tout autre conclusion sinon que tout le monde a failli.
Sur tous les plans. À l’exemple de ce compartiment défensif encore et toujours à l’origine de toutes nos peurs. Constat sans appel. Belmadi toujours: «Lors de ce genre de match en Afrique, il faut être valeureux sur le terrain et répondre présent dans l’impact physique. Il faut être solides et savoir défendre correctement.
Le but qu’on prend est inadmissible. On ne peut pas se faire avoir de la sorte. On est des internationaux. à ce niveau-là, on ne doit, pas encaisser comme ça.» Tout est dit mais ce n’est pas nouveau.
Surtout quand il rappelle que l’équipe a évolué à onze contre dix la majorité de la 2e mi-temps et qu’«on n’a pas su profiter de notre supériorité numérique (…) On n’a pas été non plus tueurs comme il se doit.» Un revers qui «fait mal» selon lui. Qui risque encore de faire plus mal si on réédite ce genre de performance dans un mois à Lomé devant un Togo qui a fait mieux que les Algériens au moment où ils se faisaient battre à Cotonou, en allant ramener les 3 points de Gambie qui leur permet de revenir dans la course. Encore mieux, fausser compagnie sur le fil à leurs augustes adversaires. Conclusion d’un coach apparemment pas au bout de ses peines et qui veut toutefois éviter les faux-fuyants en s’arrêtant longuement sur les tares d’un groupe à la fragilité certaine dès qu’il quitte ses terres. «On connaît tous le contexte africain.
Le ballon qui ne revient jamais et les conditions difficiles que l’on trouve là-bas par rapport au terrain, le climat et la pression, mais il fallait montrer autre chose de notre part.» Rien à ajouter et aux joueurs de réagir vite et démentir ce qu’on appelle, à tort ou à raison, les mauvaises langues. Et quand c’est les résultats qui parlent…
A. A.