Alors que plus de 91 000 élèves palestiniens ont entamé, hier, les épreuves du Tawjihi, l’examen national de fin d’études secondaires, le sort de 65 lycéens détenus dans les prisons israéliennes jette une ombre sur cette session 2026.
Selon le Club des prisonniers palestiniens, ces élèves n’ont pas été autorisés à se présenter aux examens, les privant ainsi d’un droit fondamental à l’éducation. D’après les données du ministère palestinien de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, les 65 détenus concernés étaient inscrits en dernière année du secondaire et figuraient parmi les candidats attendus à cette session. Leur absence s’ajoute à celle de centaines d’élèves et d’étudiants palestiniens emprisonnés à différents niveaux du système éducatif. Dans un communiqué publié hier, le Club des prisonniers palestiniens a dénoncé une situation qu’il qualifie de particulièrement préoccupante. L’organisation affirme que les détenus palestiniens, notamment les mineurs et les étudiants, sont soumis depuis le début de la guerre dans la bande de Ghaza à des conditions de détention extrêmement difficiles, marquées par des actes de torture, des mauvais traitements et diverses formes d’humiliation. Au-delà de la privation de liberté, l’organisation souligne que ces jeunes se voient également privés de leur droit à l’éducation, considéré comme l’un des droits fondamentaux garantis par les conventions internationales. « Ils sont privés non seulement de leurs familles, mais aussi de leur avenir académique », déplore le communiqué. Le Club des prisonniers accuse par ailleurs les autorités israéliennes d’avoir intensifié les campagnes d’arrestations visant les élèves et les étudiants depuis le déclenchement du conflit. Selon l’organisation, cette politique s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement des conditions carcérales imposées aux détenus palestiniens, y compris aux mineurs. L’accès à l’éducation a longtemps constitué l’un des principaux acquis obtenus par les prisonniers palestiniens après des décennies de mobilisations et de mouvements de protestation au sein des établissements pénitentiaires. Malgré les restrictions régulièrement imposées par l’administration pénitentiaire israélienne, les détenus avaient réussi à préserver certains mécanismes leur permettant de poursuivre leur cursus scolaire. Cependant, selon le Club des prisonniers, l’ensemble de ces acquis aurait été supprimé depuis le début de la guerre à Ghaza. L’organisation affirme que les prisons israéliennes sont devenues des espaces de répression permanente où les détenus sont soumis à des pratiques visant à briser leur résistance psychologique et physique. Face à cette situation, le Club des prisonniers palestiniens a lancé un appel pressant aux organisations internationales de défense des droits humains, aux agences des Nations unies chargées de la protection de l’enfance ainsi qu’aux institutions concernées par le droit à l’éducation. Il les exhorte à intervenir pour garantir aux étudiants palestiniens détenus l’accès à l’enseignement et pour mettre fin aux arrestations ciblant les élèves.
Plus de 91 000 candidats au Tawjihi
Malgré les difficultés liées à la situation sécuritaire et humanitaire, les examens du Tawjihi ont officiellement débuté samedi en Cisjordanie, dans la bande de Ghaza, à El-Qods-Est ainsi que dans plusieurs pays accueillant des élèves palestiniens déplacés ou expatriés. Le lancement officiel de cette session 2026 a été effectué par le Premier ministre palestinien Mohammed Mustafa depuis les lycées de filles d’Al-Mughayir et d’Abou Falah, dans le gouvernorat de Ramallah. À cette occasion, il a souligné la portée symbolique du choix de ces localités, confrontées à des attaques répétées de colons sionistes. La science et le savoir demeureront les armes les plus puissantes pour faire face aux défis », a déclaré le chef du gouvernement palestinien, affirmant que la détermination des jeunes Palestiniens à poursuivre leur éducation restait plus forte que les obstacles imposés par l’occupation. De son côté, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Amjad Barham, a rappelé que cette session marque l’aboutissement de douze années de scolarité pour des dizaines de milliers d’élèves. Il a souligné qu’elle se déroule dans un contexte particulièrement éprouvant pour le système éducatif palestinien, confronté à de multiples perturbations depuis plusieurs années. Selon les chiffres officiels, 91 138 candidats participent cette année aux examens du Tawjihi. Parmi eux, 51 499 se trouvent en Cisjordanie, tandis que 37 698 passent les épreuves dans la bande de Ghaza. À ces chiffres s’ajoutent 1 941 élèves originaires de Ghaza actuellement répartis dans 46 pays à travers le monde. La majorité des candidats, soit 55 751 élèves, sont inscrits dans la filière littéraire, tandis que 25 349 suivent la filière scientifique. Les autres se répartissent entre les filières religieuses, professionnelles et techniques. Le ministère palestinien de l’Éducation a précisé que, pour la troisième année consécutive, les examens destinés aux élèves de Ghaza se déroulent entièrement à distance via la plateforme numérique « Wise School ». En Cisjordanie, les épreuves continuent d’être organisées dans les centres d’examen traditionnels, même si certaines matières sont progressivement intégrées à un dispositif numérique. Alors que des dizaines de milliers de jeunes Palestiniens tentent de poursuivre leur parcours scolaire malgré les difficultés, le cas des 65 lycéens détenus demeure un symbole des obstacles auxquels se heurtent de nombreux étudiants palestiniens. Les organisations de défense des droits humains estiment que leur exclusion des examens illustre les conséquences du conflit sur l’accès à l’éducation et sur l’avenir d’une génération entière.
M. Seghilani









































