Accueil ACTUALITÉ AL-QODS OCCUPEE, CISJORDANIE, GHAZA : Les tensions montent sur plusieurs fronts

AL-QODS OCCUPEE, CISJORDANIE, GHAZA : Les tensions montent sur plusieurs fronts

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La situation continue de s’empirer dans les territoires palestiniens occupés, avec de nouvelles incursions à el Qods, des attaques de colons en Cisjordanie, des tirs et bombardements dans la bande de Ghaza, mais aussi une multiplication des restrictions visant les journalistes palestiniens. Plusieurs incidents ont été signalés hier, illustrant une nouvelle fois la persistance des violences et des tensions sur plusieurs fronts.

À El Qods occupée, incursions dans une école

À el Qods, le député israélien d’extrême droite Zvi Sukkot a fait irruption hier dans l’école Noor Al-Huda, située dans le secteur de Ras Shihada, au sein du camp de réfugiés de Shuafat, au nord-est de la ville.Selon le gouvernorat d’el Qods, le député est entré dans l’établissement et y a filmé une vidéo avant d’apposer sur les portes de l’école des panneaux portant la mention « Fermé ». Il s’agirait, selon la même source, de sa deuxième intrusion dans cette école, une démarche que le gouvernorat palestinien considère comme visant à entraver son fonctionnement et à imposer sa fermeture.Dans le même temps, 116 colons israéliens ont pénétré dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa, dans la Vieille Ville d’el Qods occupée, sous la protection de la police israélienne, selon des sources locales citées par l’agence WAFA.Les colons sont entrés par la porte des Maghrébins (Bab al-Maghariba), effectuant des visites décrites comme provocatrices et accomplissant des rituels religieux juifs dans les cours de la mosquée.

En Cisjordanie, les attaques de colons se poursuivent

À l’est de Taybeh, près de Ramallah, des colons ont également attaqué  la communauté bédouine de Kaabneh. Selon des sources locales, une famille a été prise pour cible, sans qu’aucun blessé ne soit signalé. Cette attaque intervient quelques jours après une autre agression contre des Bédouins dans la même zone. Jeudi dernier, des colons avaient attaqué une famille, faisant 3

blessés parmi ses membres. Les forces israéliennes avaient également arrêté Suleiman Kaabneh. Selon les sources locales, cette famille est confrontée depuis environ trois ans à des attaques quotidiennes attribuées à des groupes de colons, dont la fréquence se serait fortement intensifiée au cours des trois derniers mois. À Naplouse, un jeune homme a par ailleurs été blessé par des éclats d’obus lors d’un raid des forces sionistes  contre le camp de réfugiés de Balata, à l’est de la ville. Selon des sources sécuritaires, les forces d’occupation israéliennes ont pris d’assaut le camp, perquisitionné plusieurs habitations et saccagé leur contenu sous un feu nourri. Le jeune homme, blessé au pied par des éclats d’obus, a été transporté à l’hôpital pour recevoir des soins.

À Ghaza, de nouvelles victimes malgré le cessez-le-feu

Dans la bande de Ghaza, une jeune fille de 13 ans a succombé hier à ses blessures, plusieurs jours après avoir été touchée par des tirs des forces d’occupation israéliennes dans la région de Mawasi, à Khan Younes. Dans un incident distinct, des véhicules militaires israéliens ont ouvert le feu dans la région de Qizan Rashwan, au sud de Khan Younes. Avec le décès de la jeune fille, le bilan communiqué fait état de 1.259 Palestiniens tués depuis le cessez-le-feu du 11 octobre, tandis que 4.139 personnes ont été blessées et 807 corps retrouvés. Plusieurs Palestiniens ont également été blessés hier à Jabalia, dans le nord de la bande de Ghaza. Des sources locales ont rapporté des bombardements d’artillerie israéliens dans plusieurs zones de Khan Younes, d’al-Bureij et de Beit Lahia.

Les journalistes palestiniens également pris pour cible

La pression ne concerne pas uniquement les populations civiles. Le Syndicat des journalistes palestiniens affirme avoir recensé 108 attaques contre des journalistes et des professionnels des médias travaillant dans des institutions palestiniennes au cours du mois de juillet 2026. Dans un communiqué publié dimanche soir, le Comité des libertés du Syndicat indique que ces attaques comprennent notamment des arrestations, des passages à tabac, des interrogatoires, des détentions et des interdictions de couvrir certains événements. Les journalistes ont également été exposés à des grenades assourdissantes et à des gaz lacrymogènes, à des attaques de colons, à des perquisitions de domiciles et de locaux de médias, ainsi qu’à la confiscation ou à la destruction de matériel professionnel.  Le Comité a recensé 58 cas de détention et d’interdiction de couvrir des événements, ce qui constitue, selon lui, la violation la plus fréquente enregistrée en juillet. Il fait également état de 11 attaques attribuées à des colons contre des journalistes et des équipes de médias, notamment des agressions physiques, des bousculades, des menaces et des entraves au travail journalistique lors de la couverture d’événements en Cisjordanie. À cela s’ajoutent 12 cas de journalistes ciblés par des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes. Plusieurs professionnels auraient inhalé des gaz lacrymogènes alors qu’ils couvraient des raids, des attaques et différents événements sur le terrain.  Le Comité a par ailleurs recensé six passages à tabac et quatre cas de blessures graves subies par des journalistes dans l’exercice de leurs fonctions, notamment dans la bande de Gaza. Certaines blessures auraient été provoquées par des éclats de roquettes et d’obus. Concernant les arrestations, 2 cas de détention de journalistes et 4 interrogatoires ont été documentés. 4 perquisitions de domiciles et de locaux de médias ont également été recensées, certaines ayant donné lieu à des fouilles, à la manipulation de contenus et à l’interrogatoire de journalistes. Un média a en outre été fermé et ses contenus confisqués. Le Comité fait état de 3  cas de confiscation ou de destruction de matériel journalistique et de deux cas de suppression d’enregistrements vidéo, dans le cadre de tentatives visant à empêcher la couverture d’événements ou d’attaques. 2 journalistes ont également été expulsés de la mosquée Al-Aqsa et interdits d’accès à ses cours pendant des périodes déterminées. Le Syndicat des journalistes palestiniens estime que les incidents recensés en juillet montrent que les violations ne se limitent pas à une seule forme de pression, mais vont des arrestations et interrogatoires aux agressions physiques, en passant par l’utilisation de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes, les restrictions à la couverture médiatique, la confiscation de matériel et la suppression d’images. Il appelle ainsi à garantir la protection des journalistes et leur capacité à exercer leur métier sans menaces, attaques ni harcèlement, au respect de la liberté de la presse et du droit du public à l’information, ainsi qu’à la poursuite en justice des responsables des attaques et violations commises contre les journalistes et les équipes de médias.

Ania N.

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