31 août 2026. Quelques jours nous séparent de cette date butoir. Au-delà, il est prévu de sérieuses sanctions. De quoi s’agit-il ? De zones d’ombre de la production industrielle nationale. « Les opérations de déclaration de la production et de présentation des rapports d’activité des entreprises via la plateforme numérique dédiée à la production nationale se poursuivent jusqu’au 31 août 2026 » a rappelé le ministère de l’Industrie dans un communiqué publié lundi dernier. Après avoir « invité les opérateurs économiques concernés à effectuer cette opération avant l’expiration du délai légal », le communiqué poursuit, avec un ton plus ferme : « que tout défaut d’exécution des dispositions de cette décision entraînera l’application des sanctions prévues à l’article 48 de la loi n 18-18 du 27 décembre 2018 portant Loi de finances pour 2019 ». Voici ce que prévoit cet article 48 : « Toute entreprise économique de droit algérien relevant du secteur de l’Industrie exerçant une activité de production de biens est tenue de communiquer les données relatives à la production physique et aux intrants utilisés et d’établir un rapport semestriel sur son activité… Tout manquement à cette obligation ou à la communication de fausses informations entraîne l’application d’une amende de 1.000.000 DA indépendamment de la perte du bénéfice des avantages liés aux dispositifs d’appui à l’industrie et l’exclusion du bénéfice des avantages prévus par la loi relative à la promotion de l’investissement. Cette amende est portée au double en cas de récidive et après mise en demeure du contrevenant à régulariser sa situation dans un délai de trente (30) jours, il sera procédé à son inscription au fichier national des fraudeurs ». Retour au communiqué qui précise que cette opération vise « à fournir des statistiques exhaustives et fiables permettant d’éclairer la prise de décision en matière de développement économique et industriel et de protection de la production nationale », ajoute le communiqué. Plus clairement, aujourd’hui, l’État refuse l’ancienne pratique qui consistait à prendre des décisions sur la boule de cristal de « Mme Soleil ». Il exige un « tableau de bord » avec des chiffres qui ne souffrent d’aucune approximation. Le président Tebboune a, maintes et maintes fois, insisté sur ce sujet. La toute dernière fois, c’était le 6 juillet dernier lors d’une visite de travail et d’inspection dans la wilaya d’Alger. La numérisation « doit être accompagnée d’un système statistique d’une très grande précision… Car sans statistiques nous ne pouvons pas aller loin » a-t-il encore précisé. Ici, nous sommes dans le segment de la production industrielle. Mais tous les segments économiques ont un besoin vital de statistiques. L’agriculture, la santé, les banques, les assurances, etc. Selon les données statistiques : soit qu’il faille importer, à temps, le complément en cas de déficit, soit exporter l’excédent dûment confirmé. Les deux cas se décident sur la base de statistiques réelles. Fini le temps de la décision à l’aveugle !
Zouhir Mebarki










































