« Sidi Mlih ou Zadlou Lahoua ou Rih » ce dicton, bien de chez nous, évoque le marasme à qui on ajouterai du vide et du vent. Alors que notre tourisme peine à décoller, certains de ses acteurs s’évertuent à lui maintenir la tête dans l’eau. L’enquête sur l’accident de l’autocar à Boumerdès (28 morts et 36 blessés), a révélé que le conducteur était sous l’effet des drogues. Elle a aussi révélé qu’il s’agissait d’une « excursion » organisée par une agence de voyage qui a utilisé l’autocar d’un tiers. Sans contrat. Au noir. Plus grave encore, le chauffeur n’était pas déclaré à la sécurité sociale. Ainsi vont certaines agences de voyages. A ce dramatique cas s’ajoute le scandale du détournement de l’allocation voyage, en devises fortes, accordée annuellement aux algériens. Dans cette affaire, également, l’implication de certaines agences de voyages a été confirmée. Ce qui a contrait le gouvernement de prendre des mesures pour endiguer l’hémorragie. Ces « sorties de routes » portent atteinte, non seulement à l’activité, proprement dite, des agences mais plus généralement à la politique de redressement du tourisme menée par l’Etat. Une « plongée » dans l’histoire de nos agences de voyages s’impose. C’est en 1967 que le premier décret portant création des agences de voyages et des « correspondants (sic) d’agences de voyages » a été publié au journal officiel. A l’époque, il y avait seulement deux agences de voyages publiques : « NEDJMA », aujourd’hui disparue, qui se trouvait à la rue Ben M’Hidi de la capitale. Celle-ci organisait des voyages à l’étranger au moment même où les sorties du territoire étaient quasiment impossibles autrement. La seconde l’ONAT qui active toujours avec ses 36 agences réparties dans le pays. Elle « tournait » avec deux circuits. « L’OASIS » et la « SAOURA ». Lors d’un reportage mené
en 1983 avec notre confrère photographe, Ali Boukhenoufa, à la recherche de touristes d’Alger jusqu’à Timiaouine uniquement en cars. Nous n’avons trouvé aucune trace de touristes. Ni étrangers, ni nationaux. 23 ans après le premier décret, en pleine ouverture économique, une loi est promulguée, en février 1990, pour réglementer les activités des agences de tourisme et de voyage. Neuf années plus tard, cette loi fut abrogée par une autre loi en avril 1999 qui fut suivie par un décret exécutif en mars de l’an 2000 qui fixait « les conditions et les modalités de création et d’exploitation des agences de tourisme et de voyages ». Décret qui a été remplacé, 17 ans après par un autre décret exécutif en mai 2017 qui est toujours en vigueur. La première remarque à faire est qu’une agence de tourisme se distingue de l’agence de voyages. La première s’occupe de la promotion du tourisme national quand la seconde commercialise des produits touristiques. D’autre part un recensement de L’Agence Algérienne de Promotion de l’Investissement (AAPI) fait état de 4496 agences de tourisme et de voyages agréées dans le pays. Autant d’agences pour un secteur qui peine à se développer. That is the question ?
Zouhir Mebarki











































