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CRISE UKRAINIENNE : Le « retour de bâton » des sanctions

La crise ukrainienne et les mesures unilatérales prises par les pays occidentaux contre la Russie, sous le nom de «sanctions» (économiques, financières, médiatiques, culturelles,..), ont créé des situations de pénuries de toutes sortes, dont la plus grave est celle qui menace l’alimentation des populations dans diverses régions du monde. L’Union européenne s’en est émue lors de son dernier sommet à Bruxelles. Les Vingt-Sept parlent d’une initiative prochaine pour atténuer les pénuries alimentaires dans les pays les plus touchés, en s’inspirant du programme international Covax de distribution de vaccins anti-Covid. Ils ont commencé par donner un nom à leur programme: « Farm ». Ils parlent aussi du but que vise ce programme: une transparence accrue sur les stocks mondiaux, assurer les approvisionnements aux pays les plus menacés et encourager la production dans les régions  fragilisées. Ces belles paroles qui ont été lancées en conclusion du sommet de l’UE, sont en contraste frappant avec la réalité amère des relations entre les pays concernés, c’est-à-dire les pays du Sud et, précisément, l’UE. N’importe quel observateur honnête pourrait en témoigner. Combien de promesses de l’UE à l’égard des pays du Sud ont-elles été concrétisées? Il y a beaucoup de paroles, de discours, quelques fois même des écrits, pour faire part des engagements de l’UE sur la lutte contre la pauvreté, la famine, …. Mais, il faut chercher longtemps pour trouver un acte qui prouve que tout cela a été respecté. L’exemple le plus proche est celui de la pandémie de Covid-19 avec un stockage colossal de doses et des troisième et quatrième doses dans les pays occidentaux, et qu’ont-ils offert aux pays démunis ? Rien, ou négligeable, et dans le meilleur des cas, des doses proches de la date de péremption. Le blé promis par le programme « Farm » connaîtra le même sort que le vaccin du programme Covax. En fait, ce programme ne constitue pas une solution aux problèmes alimentaires graves créés par la crise ukrainienne. La solution est dans l’issue politique qu’il faut trouver en toute urgence pour mettre fin à la guerre, en encourageant les négociations entre la Russie et l’Ukraine. C’est la position de l’Algérie qui vient de réitérer «son soutien aux efforts visant à apaiser les tensions à travers le dialogue et la négociation, seul moyen pour résoudre la crise et d’arrêter l’effusion du sang et prendre en charge les aspects humanitaires tragiques, sans discrimination dans la prise en charge des souffrances humaines, afin d’assurer la sécurité, la sûreté et la stabilité des pays et des peuples de la région».
Les «sanctions» contre la Russie se sont retournées contre les pays occidentaux placés maintenant dans des situations insupportables pour leurs populations, avec une incertitude absolue sur l’avenir, c’est ce qui explique les réticences, voire le refus, de pays européens de suivre les Etats-Unis dans cette voie. Un expert allemand vient d’avertir que  si  l’économie allemande s’effondre à la suite des mesures anti-Russie, toute l’Europe s’effondrera. Selon l’agence chinoise d’information, Xinhua french, durant trois sommets intensifs en deux jours, le président américain Joe Biden a tenté d’obtenir une démonstration d’unité avec les partenaires européens, mais il n’a pas réussi à les convaincre d’adopter davantage de sanctions contre la Russie. La même source indique que « le sommet du Conseil européen de jeudi n’a pas réussi à se mettre d’accord sur des sanctions supplémentaires à l’encontre de la Russie, malgré la présence de Biden ».
Pour Xihnua, « cela reflète les différentes positions des membres de l’Union européenne (UE), qui se méfient de plus en plus des conséquences de telles actions compte tenu des défis auxquels ils sont confrontés en raison de la crise ukrainienne». L’UE n’a aucun moyen réaliste de remplacer tout le gaz naturel russe dont elle a besoin, même si les Etats-Unis augmentent leurs exportations ou si d’autres Etats détournent des livraisons, a dit à Sputnik Ryan Sitton, ancien régulateur industriel du Texas, cité par Xhinua.
M’hamed Rebah