Accueil Edito L’ombre de Paris

L’ombre de Paris

0

La récente tentative de déstabilisation qui a ciblé le Niger et opérée par un groupe armé de militaires dans la nuit du 28 au 29 août 2026 serait l’œuvre de la France. Le donneur d’ordre de cette mutinerie, qui a été rapidement tuée dans l’œuf, pour une vilaine entreprise qui a cherché à s’emparer du pouvoir à Niamey, serait même le régime d’Emmanuel Macron. Le propos ne tient pas lieu d’anathème. Ce sont des accusations lancées de but en blanc et écrites noir sur blanc dans le communiqué sanctionnant les travaux d’un Conseil des ministres nigérien, réuni vendredi dernier sous la présidence du général Abdourahamane Tiani. Niamey a d’abord identifié la partie qui a exécuté ce plan de déstabilisation, en désignant un groupe de militaires dissidents appartenant à une unité de renseignement du commandement des opérations spéciales. Les autorités nigériennes ont ensuite accusé le président français et son régime d’avoir orchestré cette opération de déstabilisation. C’est ce que les éléments de langage employés par Niamey suggèrent. « Cette opération (..) a été incitée et entretenue par un vaste réseau de connivences à la tête duquel se trouve le régime français de M. Macron », précise le communiqué. Niamey ne s’arrête pas là, citant une étape dans la continuité d’une série d’ordres émanant de l’Hexagone et tendant à « ébranler la volonté du Niger » en quête de souveraineté affirmée et d’une prise en main de ses ressources. Les accusations sont lourdes et reposent, à en croire Niamey, sur des preuves documentées. L’homme fort au pouvoir, Abdourahamane Tiani, n’exclut pas de traîner les autorités françaises devant le tribunal international. Dans ce contexte régional sous tension marqué par des velléités de déstabilisation extérieures, les voisins nigériens remercient tous les pays frères et amis pour leur soutien et pour leurs efforts portés en faveur d’une région sécurisée, stable et développée. Le clin d’œil s’adresse nommément, là encore, aux États de la Confédération AES, à l’Algérie et à la Russie. En réponse à ces accusations gravissimes, Paris, par la voix de son chef à la diplomatie, Jean-Noël Barrot, a qualifié les termes de « pure fantaisie », arguant que la France n’aurait eu « ni intention ni moyen » de mobiliser une telle opération. Nous ne sommes pas là à nous substituer aux voisins qui savent, mieux qu’aucun autre pays, de quoi il retourne. Niamey sait qui est qui et a désigné, d’ailleurs, tout le monde et sans trembler, par son nom. Cependant, la chronologie des événements qui se sont déroulés dans la région laisse penser que les accusations de Niamey ne viennent pas du néant. L’intervention militaire française a plus ramené de problèmes sécuritaires qu’elle n’a abouti à juguler les groupes terroristes. De l’avis même de Macron qui a été contraint, par la force des choses et la prise de conscience des peuples de la région, à retirer ses dernières troupes de soldats en 2023 après un déploiement militaire qui remonte à 2014.    

Farid Guellil

Article précédentZones touchées par les incendies à Guelma : Les habitants reprennent leur rythme de vie habituel
Article suivantENTRE OPÉRATIONS MILITAIRES, DÉPLACEMENTS FORCÉS ET ATTAQUES DES COLONS : La Cisjordanie sous les griffes de l’occupation