Tanezrouft, l’arme inattendue 

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La nouvelle a fait le tour du pays où, sur les réseaux sociaux, elle a été unanimement applaudie. Dans le même temps, elle a fait le tour de la planète où les observateurs internationaux ont trouvé la décision judicieuse. Il s’agit des deux mesures adoptées contre la grande criminalité et les barons de la drogue, lors de la réunion du Haut Conseil de sécurité (HCS) présidée par le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune. Premièrement et « s’agissant de la lutte contre la drogue, il a été décidé de créer un organe sécuritaire spécialisé dans sa lutte, à l’instar de ce qui est en vigueur dans plusieurs pays, comme les États-Unis d’Amérique ». 

Deuxièmement « il a été décidé de transformer une caserne de l’ANP située dans le Grand Sahara à Tanezrouft en une prison de haute sécurité destinée aux barons de la drogue et à ses trafiquants » précise le communiqué publié à l’issue de la réunion. Commençons par la prison et le lieu choisi pour son implantation. Tanezrouft, ce « désert dans le désert » c’est, pour nos aïeux, « Telt El Khali », littéralement le « triangle du vide ». Pour l’agence spatiale européenne, la région du Tanezrouft est surnommée « terre de la terreur ». Penser à vouloir franchir les murs de la prison c’est vouloir se suicider. C’est comme en plein océan avec 50° Celsius et plus sur la tête. Aucun point d’eau sur plus de mille kilomètres. Aucun signe de vie. Ni faune, ni flore. En 1933 un pilote et son avion se sont écrasés dans cette région. Ils n’ont été retrouvés que…trois décennies plus tard. Etre détenu dans cette prison du Tanezrouft c’est ne recevoir aucune visite. Sans couffins. Sans visite. Sans parloir. Sans téléphone. Aucun espoir de diriger à distance les réseaux comme ceux des barons emprisonnés dans les régions du Nord. C’est l’enfer qui attend les barons de la drogue et les grands criminels. Comme au préalable il faut leur mettre la main dessus, le HCS a également décidé de créer « un organe sécuritaire spécialisé dans la lutte contre les drogues”. À l’instar de la DEA (Drug Enforcement Administration) qui est l’agence fédérale américaine responsable de la coordination et de la poursuite des enquêtes américaines sur la drogue. Un creuset des enquêtes des différents services de sécurité qui luttent contre le trafic et la distribution des drogues. Avec des moyens humains de formation supérieure, du matériel de dernière génération et une seule base de données. Avec un rayon d’action qui dépasse nos frontières dans le cadre d’accords de coopération avec des organes équivalents internationaux. Dans ce domaine, l’Algérie a une longueur d’avance avec son expertise dans la lutte contre le terrorisme qui, comme chacun le sait, est financé par le trafic de drogues. À bien voir, cette double décision du HCS est à large spectre qui vise à la fois le narcotrafic et le terrorisme international. Le président Tebboune avait bien dit au sujet de la lutte contre le narcotrafic : « nous sommes en guerre ! ». En effet, nous y sommes. Avec la prison de Tanezrouft comme arme inattendue !   

Zouhir Mebarki