Alger ajuste son gyroscope

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Deux événements liant l’Algérie à ses voisins immédiats qui se sont déroulés chez nous ont marqué la journée d’hier mercredi. Les deux séquences sont assez éloquentes pour comprendre le souci premier qui anime l’agenda régional de notre pays. On l’aura observé tout de suite. La première concerne le déplacement à Alger du ministre de la Défense du Niger, Salifou Modi, dans le cadre d’une visite de travail couronnée par la signature, entre les deux pays, d’un protocole d’accord de coopération militaire. Le deuxième, il est question de nos voisins tunisiens avec lesquels s’est tenue, à El Ouled, la deuxième réunion du comité de suivi des recommandations de la Commission bilatérale pour le développement et la promotion des régions frontalières. Avec nos frères à l’est comme du sud, il est question de dossiers liés à la sécurité en général et à la sécurité des frontières en particulier. Nos portes dans le Sud comme à l’Est sont l’objet de multiples trafics animés par des réseaux de la criminalité transfrontalière. Avec le Niger, il est avant tout question de neutraliser toute tentative de déstabilisation visant un voisin convoité pour ses richesses en exploitant ses soubresauts internes. Il est aussi question, comme avec la Tunisie, d’autres problèmes aux implications sécuritaires, économiques et sociales diverses comme les trafics de drogue, d’armes, de contrebande et la traite des êtres humains. Au-delà du sécuritaire, il est vrai maintenant que l’Algérie a fait du développement une approche pour soustraire la région aux fléaux d’insécurité qui se nourrissent de la misère et de la détresse des populations. D’où le souci d’accompagner par des ajustements sécuritaires le développement économique et social engagé avec les voisins. Pour les deux rendez-vous cités, le fait qu’ils soient déjà prévus dans l’agenda de coopération n’empêche pas de s’interroger sur le timing. Ce dernier nous amène à placer les deux séquences dans le creusé de l’actualité régionale. Cela n’empêche pas non plus de rappeler l’action proactive d’Alger, dont la capacité insoupçonnée d’anticiper les imprévus. La région a en effet enregistré un certain nombre d’événements curieux qui ne laissent pas indifférent. On peut aussi, incidemment et dans la foulée, évoquer la réunion du Haut Conseil de sécurité en Algérie. Il y a quelques jours, l’Algérie a déjoué un vilain plan de déstabilisation exécuté par un commando composé d’une soixantaine de ressortissants étrangers, tous Marocains. Les membres de cette armée se sont – ou ont été – infiltrés en Algérie depuis le territoire tunisien. Les deux pays sont du coup face à un sérieux défi qui requiert des réglages sur la coopération sécuritaire. Notre sécurité est consubstantielle de celle de la Tunisie. Au sud-est comme au sud, les mouvements suspects d’un apprenti-sorcier promu à la tête d’une armée irrégulière qui fait la cour aux forces d’ingérence constituent aussi une source d’inquiétude pour la stabilité régionale. D’où le renforcement de l’axe Alger – Niamey qui tombe à pic !

Farid Guellil