Macron en catastrophe

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Alors que son pays est secoué par des manifestations à travers tout le territoire dénonçant la vie chère dans un contexte d’une hausse des prix de l’énergie, le président Emmanuel Macron a, de l’avis même d’anciens de ses partisans, raté l’occasion de se taire. L’allocution diffusée dimanche soir en réaction aux manifestations qui ont dégénéré en émeutes, en actes de violence et en heurts avec les forces de l’ordre, a été qualifiée de total fiasco. Le chef de l’Élysée a à peine parlé de la justesse des revendications et des préoccupations des Français en matière de pouvoir d’achat. À l’écouter discourir, on croirait presque que le problème de la France se résume aux scènes de violence diffusées sur les chaînes d’information en continu. Il faut vraiment adopter la politique de l’autruche pour ne pas reconnaitre que cette grogne sociale est le résultat de la mauvaise gouvernance de Macron. Un président qui a passé le plus clair de son règne à jouer le gendarme de l’Europe et le messie pour l’Ukraine dans son conflit face à l’ennemi commun russe. Les chiffres ne mentent pas. Macron a beaucoup plus la tête ailleurs. Jusqu’à juillet 2026, il a effectué 349 voyages à l’étranger depuis son investiture. Il a la propension à globaliser les problèmes au lieu de prêter attention aux préoccupations des Français à l’intérieur du pays qu’il a reléguées au second plan. Du coup, il a réussi à se mettre tout le monde à dos. Les partis politiques, tous courants et tendances confondus, et même certains anciens collaborateurs. Ainsi donc, l’actuel président français terminera son règne à l’Élysée comme il l’a commencé avec naissance, à la fin de l’année 2018, du mouvement des Gilets jaunes qui a ébranlé la Cinquième République. À l’époque, comme aujourd’hui en cette fin proche du deuxième mandat de l’enfant prodige des Rothschild, les Français avaient manifesté leur colère contre la vie chère. Les lycéens qui ont ouvert le bal des protestations à la mi-septembre dernier ont laissé place à une deuxième vague de manifestants bien plus épaisse, qui a mobilisé toutes les couches de la société française. En quittant le pouvoir en mai 2027, Macron aura laissé un pays tenu en tenailles entre une crise sociale aiguë, une dette abyssale et un pouvoir d’achat qui décroche. Face à la crise financière interne doublée de tensions extérieures à l’origine d’une hausse des prix de l’énergie, Macron n’a pas trouvé mieux, encore une fois, que d’aller d’ailleurs en quête de sécurité énergétique. Après un week-end sous tension et marqué par des violences à travers une vingtaine de villes, le locataire de l’Élysée s’est envolé, hier lundi, vers le Golfe pour une tournée dans quatre pays qui commence par le Koweït, avant les Émirats, le Qatar et le Bahreïn. Sur place, Macron espère rentrer avec plus d’approvisionnements en pétrole et en diesel pour faire baisser les prix à la pompe. Un pari difficile. Les pays du Golfe cherchent des garanties pour des contrats énergétiques à long terme.

Farid Guellil