Crise libyenne : les pays voisins en conclave à N’djamena

Les pays voisins de la Libye se retrouveront, le 5 juin prochain, dans la capitale tchadienne, N’Djamena, pour des concertations sur la crise libyenne, et deux jours après, le 7 juin précisément c’est une rencontre tripartite qui réunira l’Algérie, l’Italie et l’Égypte, au Caire et qui se penchera sur la situation critique qui prévaut en Libye. C’est en marge de la réunion du comité de suivi algéro-italien de préparation de la réunion de haut niveau sur la coopération bilatérale, prévue le 27 du mois courant, que le ministre des Affaires maghrébines et africaines et de la Coopération internationale, Abdelkader Messahel a annoncé, samedi dernier, les rencontres précitées, qui se pencheront sur la crise libyenne. Depuis l’entame du processus du dialogue inclusif inter-libyen, février dernier, à Genève en Suisse, les rencontres entre libyens sous médiation onusienne, en la personne de Bernardino Léon se sont succédes, sans garantir à ce jour, la condition essentielle pour tout processus de dialogue, à savoir l’arrêt des affrontements et la mise en silence des armes. Avec les rencontres d’acteurs politiques et de représentants de la société civile libyenne, qu’a abrité Alger, à la demande des Libyens et avec le soutien de la communauté internationale, les efforts à consentir d’avantage sur cette voie sont de mise en vue, notamment pour la formation d’un gouvernement d’union nationale en Libye. Les Nations unies qui mènent une médiation entre les Libyens s’acheminent à peaufiner un quatrième projet d’accord, après que les trois premiers n’ayant pas convaincu les différents protagonistes, de la crise politico-institutionnelle et sécuritaire en Libye. Un quatrième projet en cours de préparation par l’institution onusienne qui intervient après plus quatre mois du début du processus inter-libyen, février dernier, à partir de Genève, lui succédant les rencontres tenues au Maroc, qui ne semblent pas avoir atteint les objectifs escomptés. Et il semblerait que c’est à la lumière des étapes du dialogue inter-libyen, précités, et sur fond de ce qu’il a été question entre les frères libyens durant leurs précédentes rencontres que les conclaves des pays voisins les 5 et 7 juin prochains, respectivement à N’Djamena et le Caire, rythmeront leurs travaux. Pour rappel la réunion de N’djamena intervient dans le sillage des rencontres déjà tenues sur la crise libyenne, par les pays voisins à la Libye, avec notamment le soutien et le suivi de l’Union africaine, (UA).
Dans son communiqué, la mission des Nations unies en Libye, pays en proie au chaos, a réaffirmé, samedi « qu’il ne peut y avoir de solution militaire au conflit en Libye » et pour rappel le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, Bernardino Leon avait indiqué, février dernier que les groupes politiques et militaires les plus influents soutiennent désormais le processus de paix qui vise a-t-il précisé « à instaurer un cessez-le-feu et à mettre en place un gouvernement d’union». Les deux rencontres en vue, de N’Djamena et celle du Caire réussiront-elles là ou d’autres rencontres ont échoué à atteindre les objectifs escomptés, amenant l’Onu à préparer un quatrième projet d’accord visant à sortir la Libye de la spirale de la violence et du chaos dans lesquels est plongé depuis la chute de l’ex-régime libyen en 2011 ? C’est ce qui semble se dégager, dans les déclarations de responsables des pays concernés par les deux conclaves de N’Djamena et du Caire. C’est dans le but de parvenir à une solution politique consensuelle à la crise libyenne, que les pays voisins à la Libye «se retrouveront à N’djamena pour poursuivre leur concertation sur cette crise», selon Abdelkader Messahel, qui a affirmé que «l’Algérie, à la demande des frères libyens, déploie des efforts pour rapprocher les points de vue des parties et préparer les conditions d’un dialogue inclusif, à l’exclusion des groupes terroristes reconnus en tant que tels par l’ONU». Il a indiqué, également avoir discuté avec son invité, le vice-ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Lapo Pistelli, des «voies et moyens» d’accompagner le représentant spécial de l’ONU pour la Libye. Pour sa part le vice-ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Lapo Pistelli a déclaré qu’Alger et Rome sont «très engagés» pour trouver une solution à la crise qui secoue la Libye. Le responsable italien a exprimé, également lors de sa visite officielle à Alger, samedi dernier, d’arriver le «plus vite possible» selon ses termes, à la constitution d’un gouvernement d’union nationale en Libye. Alger a fait savoir, via son ministre des Affaires maghrébines et africaines et de la Coopération internationale qu’«il va falloir aller vite vers un gouvernement d’union nationale», seule voie «qui peut être le facteur déclencheur du retour à la stabilité dans ce pays voisin» a précisé Messahel. Par ailleurs le responsable italien a fait part de la «même vision » que son pays partage avec l’Algérie concernant l’analyse de la situation dans la région et Messahel d’indiquer «il est évident que nos deux pays (Algérie et Italie) soutiennent les efforts des Nations unies dans la recherche d’une solution politique à la crise libyenne» a-t-il souligné. Ce qui sera sans nul doute traduit lors de la réunion tripartite Algérie-Italie-Egypte, prévue le 7 juin, au Caire.
Karima Bennour

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