Construire une maison et habiter à côté

Une des grandes aberrations du siècle consiste à mettre sur pied un organisme coûteux, à le doter de moyens et d’outils pour être efficace, puis ne plus s’en servir, tout en continuant à payer les frais liés au siège, aux salaires, aux moyens de transports et à toute la panoplie qui suit.
Depuis le début de Ramadhan, l’Autorité de régulation de l’Audiovisuel a été l’organisme le plus décrié, le plus demandé, et en même temps, le plus silencieux et le plus intrigant : aucune réaction, même pour se défendre, aucun mot, pour dire ou contredire. On sait, du vivant même du défunt Zoheir Ihaddaden, que l’Arav se plaint de n’avoir pas les outils juridiques pour agir, et refuse d’être mise en avant dans une guerre contre les chaînes privées, alors que les institutions légalement munies de prérogatives pour agir ne le font pas. Le ministre lui-même se trouve aussi dans l’inconfortable situation de ministre de tutelle, mais comment agir vis-à-vis de bureaux étrangers, puisque la loi n’a pas encore réglementé les télé privées. On revient à l’Arav, malgré nous, pour constater qu’elle fonctionne comme une maison construite, mais dont le propriétaire habite à côté.