CHU Oran

CHU 1er-Novembre à Oran : Cinq nouveaux cas d’enfants atteints de sida enregistrés en 2018

Le service des maladies infectieuses relevant du CHU d’Oran, qui prend en charge des patients de 14 wilayas de l’Ouest, a enregistré en 2018 quelque 65 cas de nouveaux cas d’enfant de moins de 14 ans, atteints du sida, a indiqué lundi à l’APS la chef de ce même service, Pr Nadjet Mouffok.

«Un chiffre important», souligne-t-elle, ajoutant que la majorité des enfants se présentent dans la phase symptomatique de la maladie, ce qui peut indiquer qu’il y a une partie d’enfants séropositifs mais pas encore symptomatiques qui ne sont pas encore dépistés. En effet, cette spécialiste explique que les enfants qui se présentent dans son service sont généralement diagnostiqués après une série de problèmes de santé, qui laissent penser à une déficience immunitaire. Les enfants non symptomatiques dépistés ne représentent qu’une mince partie. Ils sont en général diagnostiqués dans le cadre d’un dépistage familial, lorsque l’un des parents (ou les deux) est reconnu atteint, note-t-elle. Le chiffre d’enfants atteints de Sida devrait pourtant baisser avec disponibilité d’un traitement médical qui empêche la transmission mère-enfant, explique le Pr Mouffok, ajoutant qu’il est nécessaire de sensibiliser sur l’existence d’un traitement dont les résultats sont garantis. «Nous avons fait l’expérience au niveau du service et nous avons eu des enfants qui ne portent pas le virus dans 100 % des cas», s’est réjoui la même spécialiste, expliquant toutefois que les résultats ne sont garantis que si la femme enceinte suit avec une grande rigueur son traitement. La transmission du virus du Sida de la mère à l’enfant se fait dans un tiers des cas avant la naissance et dans les deux tiers au moment de l’accouchement, fait savoir, pour sa part, Dr Bensaadou, cheffe d’unité mère-enfant au service des maladies infectieuses du CHU d’Oran. Le programme de présentation de la transmission mère-enfant (PTME) initié par le ministère de la santé a permis la prise en charge, entre 2006 et 2017, de plus de 200 femmes enceintes atteintes du Sida, qui ont mis au monde des enfants sains, a-t-elle précisé. Pour l’année 2018, une soixantaine de bébés non porteurs du virus, nés de mamans séropositives, ont été enregistré. «Une avancée importante» pour cette spécialiste, qui se bat avec toutes ses forces pour sauver un maximum d’enfants. Pas moins de 102 grossesses ont été prises en charge au cours de l’année 2018, avec une soixantaine de naissances saines, a-t-elle indiqué, précisant que quelques fausses-couches sont survenues, et le reste des grossesses sont encore en cours. Le chiffre concerne les femmes enceintes qui ont choisi de faire un suivi régulier, indique Dr Bensaadou, assurant que «les mamans qui suivent convenablement leurs grossesses et leurs traitements, ont la garantie d’avoir des enfants séronégatifs». En règle générale, les femmes porteuses du virus VIH font tout pour avoir des enfants sains lorsqu’elles tombent enceintes. Cependant, il y a des femmes qui ne suivent pas leur traitement avec la rigueur nécessaire», déplore-t-elle. «Ce n’est qu’après quelques mois qu’on peut définir avec certitude que l’enfant est séronégatif, car aux premiers mois, il est porteur des anticorps de sa maman», a-t-on encore expliqué.