Marche

CÉLÉBRATION DU 11 DÉCEMBRE 60 : Grandiose marche anti-vote à Alger

L’Algérie a célébré, hier, à travers des marches pacifiques simultanées menées dans plusieurs wilayas du pays le 59 e anniversaire du 11 Décembre 1960.
La commémoration de cette date a revêtu, cette année, un caractère exceptionnel, étant en corrélation avec la dynamique du Mouvement citoyen et populaire en cours depuis le 22 février dernier. Des centaines de milliers de manifestants sont descendu dans les rues d’Alger, hier, pour dénoncer l’élection présidentielle, soit un jour avant sa tenue, aujourd’hui. La marée humaine était composée de différentes catégories socio-professionnelles. Les images rappellent les manifestations historiques du 11 décembre 1960, où des milliers d’Algériens ont déferlé dans les quartiers populaires de la Capitale et d’autres grandes villes du pays en faveur de l’Indépendance de l’Algérie et pour dénoncer la politique de répression coloniale contre les militants du FLN après la bataille d’Alger.

«L’histoire qui se répète»
59 ans après cette date historique, qui était un tournant décisif dans la Guerre de libération pour l’indépendance de l’Algérie, les manifestants aussi déterminés que leur aïeux, ont scandé « Ali Ammar, (Ali La Pointe) notre pays est en danger. Nous allons continuer la Bataille d’Alger. Pas de marche arrière, le gouvernement est à la peine. Main dans la main, on arrachera l’indépendance. » Cette marche pacifique grandiose d’Alger, comme celles organisées aux quatre coins du pays, s’est voulue une continuité et une action de soutien aux revendications des millions d’Algériennes et d’Algériens déterminés à aller jusqu’à la réalisation de l’avènement d’un État de droit et lesquels sortent chaque vendredi à travers le pays depuis le 22 février dernier. Cette action pacifique coïncide, un jour plus tôt, avec la tenue de l’élection présidentielle d’aujourd’hui. Mais, cette action a fini par être réprimée par les forces de l’ordre, fortement mobilisées dès les premières heures de la matinée d’hier, pour empêcher les manifestants d’avancer de la Place du 11 Décembre 1960, sise au quartier Mohamed Belouizdad (ex-Belcourt) jusqu’à l’esplanade de la Grande poste, lieu emblématique symbolisant les premières marches populaires du 22 février, totalement quadrillée par les policiers. Pour rappel, cet édifice est fermé au public depuis le 17 mai dernier, jour du 13e vendredi de mobilisation populaire citoyenne pacifique.

Répression de la manifestation
Les manifestants qui scandaient « Pas d’élections avec les gangs », « Algérie libre et démocratique », « État civil et non militaire », et « Les élections à la poubelle » sont passés par la Place du 1er mai avant de rejoindre le centre-ville, en empruntant la rue Hassiba Ben Bouali. Ils ont continué à battre le pavé, depuis Belouizdad, en grossissant au fur et à mesure qu’ils avançaient, le Centre d’Alger, vers la grande Poste, la Place Maurice Audin, ou Larbi Ben-M’hidi, en passant par la Rue Hassiba Benbouali, Didouche Mourad ou par le boulevard Victor Hugo, après avoir contourné les services de sécurités fortement mobilisés pour bloquer leur marche et les contenir. Non loin de la Place de la liberté de la presse, tel que nous l’avons constaté sur place, les manifestants se retrouvent bloqués par un important cordon de sécurité, tenu par les forces anti-émeutes. Face à cet important dispositif policier qui leur a interdit de progresser, les manifestants clamaient « Silmiya Silmiya, matalibna char3iya (Pacifique, Pacifique, nos revendications sont légitimes.» Mais la réponse de la police était violente. En effet, les forces anti-émeutes ont fait usage de leurs matraques et de jet de gaz lacrymogène au moyen d’une pompe pour empêcher les manifestants de suivre leur itinéraire. Et plusieurs manifestants ont été blessés après les échauffourées avec les forces de l’ordre. La scène s’est reproduite aux alentours de la Grande poste comme au niveau de la rue Didouche mourad ou des dizaines de manifestants ont été interpellés, suite à des interventions musclées de la police.
Mohamed Amouni