Cordoue

Avant-première à Oran : «Cordoue» ou l’engagement d’un cinéaste algérien

Le film documentaire «Cordoue», de Bensalem Bouabdallah, présenté dimanche dernier à Oran en avant-première mondiale, est une œuvre emblématique du rôle pouvant être joué par les artistes algériens en général, et les cinéastes en particulier, dans la promotion de la culture de la paix et du vivre-ensemble.

«Cordoue» a pour contexte la célèbre mosquée qui fait la réputation de cette ville espagnole, héritée de la civilisation arabo-musulmane en Andalousie (711-1492). Ce monument déclaré Patrimoine mondial de l’Unesco en 1984 est au centre d’une polémique internationale créée par l’évêque de Cordoue qui l’avait secrètement inscrit, en 2006, au Registre de la Propriété comme bien appartenant à l’église catholique. «L’idée de faire un film m’est venue aussitôt l’affaire révélée en 2014», a confié le réalisateur qui s’est également associé à un vaste mouvement de protestation qui a drainé un demi-million d’adhérents de par le monde. Le film «Cordoue» examine ainsi «l’origine de ce conflit provoqué par l’église catholique quant au statut juridique de la Mosquée, et recherche la raison et la base légale, s’il y en a une, de cette inscription», a-t-il expliqué. Le documentaire tente également d’alerter sur «les conséquences de la prétention de l’évêque de Cordoue au plan de l’éducation, du dialogue interreligieux et autres valeurs de la Mosquée en tant que symbole universel de la coexistence des différentes confessions et des relations d’entente et de paix qu’elle inspire». à cet égard, le film ouvre des «fenêtres» sur quelques aspects de l’histoire lointaine de la Péninsule Ibérique, notamment l’époque durant laquelle prospérait en Andalousie la première Renaissance européenne. Le documentaire se propose ainsi d’offrir «un message de coexistence pacifique et de diversité culturelle pour l’avenir», a souligné l’auteur de «Cordoue» qui donne la parole à des avocats, des universitaires, des écrivains, des personnalités politiques et au public. Natif de Tlemcen, Bensalem Bouabdallah est âgé de 68 ans et jouit d’un parcours riche en productions qu’il compte étoffer prochainement par une série de films intitulée «Les Andalous». Inscrit dans cette même thématique de l’histoire de la culture islamique, «Les Andalous» donnera la parole aux communautés de différents pays ayant accueilli les musulmans persécutés par la Reconquista espagnole, a-t-il fait savoir. «L’Algérie occupe une place majeure dans la prochaine série», a-t-il affirmé, signalant que son dernier-né «Cordoue» sera également présenté mardi prochain au Palais de la culture de Tlemcen, avant l’entame d’une tournée internationale. La projection de «Cordoue» en avant-première à Oran s’est tenue au siège de l’association socioculturelle locale «Santé Sidi El-Houari» qui s’attelle aux préparatifs d’un festival national dédié à la promotion de la culture de la paix et du vivre-ensemble, prévu vers la fin-juillet courant.