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Au lendemain de leur rencontre avec Benghebrit : Les syndicats de l’Éducation «insatisfaits»

À l’issue de leur rencontre avec la ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghebrit, les syndicats du secteur se disent insatisfaits.

Et pour cause, la réunion a été une simple rencontre d’information où la ministre s’est contentée de présenter le programme de l’année scolaire, négligeant les dossiers relatifs aux revendications socioprofessionnelles. Affirmant que la réunion était une simple rencontre d’information autour de la réforme de l’école primaire, les syndicats autonomes ont regretté que «les solutions à leurs revendications socioprofessionnelles tardent à voir le jour». Pis encore, la décision de prolonger le mandat des commissions des œuvres sociales «irrite» ces derniers, pourtant ils avaient, à maintes reprises, dénoncé la gestion «opaque» de ces œuvres dont le montant est estimé à 1000 milliards de centimes. Pour Boualem Amoura, président du Satef (Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation), la réunion a été une «déception».
Et pour cause, «la ministre a décidé, unilatéralement, de prolonger le mandat des commissions des œuvres sociales, bien qu’elle avait pris note de nos revendications à ce sujet», s’est offusqué le syndicaliste. «Nous avons dénoncé la gestion opaque et catastrophique de ces œuvres, à plusieurs reprises», a-t-il rappelé, en affichant son désarroi. «La commission n’a pas rendu public son bilan moral et financier pour son mandat de 2015-2018, alors que la loi exige de le rendre public chaque année», a-t-il révélé. «Comment peut-on avancer dans de telles conditions ?», s’est-il interrogé.
L’autre point noir relevé par le président du Satef, est la question de la non-application de la charte de l’étique au niveau local. Plus explicite à ce sujet, il a accusé « certains directeurs de l’éducation de considérer les directions comme étant des propriétés privées, où les instructions de la ministre ne sont guère prises en considération». «La Charte de l’éthique stipule que les administrateurs doivent avoir une attitude préventive vis-à-vis des conflits pouvant se produire dans les établissements scolaires ou dans l’ensemble ou partie du système éducatif», a-t-il rappelé, en notant que «sur le terrain, les directeurs de l’éducation ne se soucient point des orientations de la ministre». Également, le président du Satef a signalé que «la majorité des wilayas n’ont pas réceptionné, jusqu’à présent, des chalets pour accueillir les élèves». C’est le cas notamment à Batna, Relizane Béjaïa, Tizi-Ouzou… où la scolarité des enfants est menacée. «Certains établissements n’ont pas encore ouvert leurs portes», a-t-il signalé, en pointant du doigt la surcharge des classes. D’autre part, abordant la question de la refonte de l’enseignement secondaire, le syndicaliste a précisé que la ministre a donné son aval pour ouvrir le dossier. Néanmoins, il a considéré que la réforme ne peut avoir lieu dans de telles conditions de travail. Plus virulent envers la ministre, il a indiqué qu’il « manque des soldats pour la ministre pour qu’elle puisse exécuter son programme».
Pour sa part, le secrétaire général du CLA, Idir Achour, a qualifié la rencontre avec la tutelle de non concluante. Le syndicaliste a fait savoir que la rencontre a porté sur les nouveautés de la rentrée scolaire. Selon le porte-parole du CLA, la ministre a profité de l’occasion pour revenir sur la refonte de l’enseignement primaire, Par ailleurs, le syndicaliste se dit déçu par rapport aux revendications phares du CLA qui ne trouvent toujours pas de réponses. C’est le cas, notamment, de la question du statut particulier, la surcharge des classes, le pouvoir d’achat et la retraite anticipée.
Lamia Boufassa