Antonio Guterres

Antonio Guterres encense, depuis Bamako, son rôle : « L’Algérie assume avec mérite son rôle dans la stabilisation et la sécurisation de la région »

Au cours d’une visite de solidarité qu’il a entamé depuis le 29 Mai et qui s’est prolongée jusqu’au 31 du mois, sur le sol malien, Antonio Guterres a saisi l’occasion pour saluer les efforts déployés par l’Algérie pour le règlement du conflit Malien. À cet effet le secrétaire général des nations unies a chaleureusement remercié M. Abdelkader Messahel pour le rôle actif de l’Algérie dans sa région et son soutien continue à la stabilité et à la sécurité régionale.
Dans son discours d’ouverture prononcé mercredi à Bamako, Antonio Guterres a rendu un vibrant hommage à l’Algérie qui, à travers des efforts soutenus et ininterrompus, a permis aux parties maliennes de s’unir autour de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali (CSA), issu du processus d’Alger, et qu’elle continue à déployer des efforts de manière décisive dans cette phase de mise en œuvre.
Le Secrétaire général de l’ONU a également salué les efforts de l’Algérie dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et du rôle actif qu’elle a assuré jusque-là en vu d’éradiquer ce phénomène ; notamment dans la zone sahélo-saharienne.
L’engagement de l’Algérie pour la réussite du processus de stabilisation de la situation sécuritaire au Mali via la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali relève d‘une question de sécurité interne pour l’Algérie attendu que le sort sécuritaire du pays ne peut être envisagé en dehors d’un climat de stabilité et de paix au niveau de ces frontières et au Mali principalement, compte tenu de l’étendu des frontières communes aux deux pays. Une situation qui a motivé le ministre algérien des Affaires étrangères de faire part, à l’intention du secrétaire général de l’ONU, de l’engagement de l’Algérie pour la stabilisation dans la région du Sahel, notamment au Mali et en Libye.
Dans ce même contexte, M. Messahel a réitéré la volonté de la partie Algérienne pour la redynamisation du processus de règlement au Sahara occidental. Pour ce qui est de la situation en Libye, M.Mesahel a réaffirmé la position de l’Algérie en soutien aux efforts des Nations unies et du Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations unies pour la Libye, Ghassane Salamé, et à tout effort tendant à mettre en œuvre son plan d’action et sa feuille de route.
Pour ce qui a trait à la question du Sahara occidental, Messahel a clairement rappelé la position de l’Algérie soutenant les efforts du Secrétaire général des Nations unies et de son Envoyé personnel l’ancien Président Allemand Horst Köhler, en vue d’une reprise, sans délais, de bonne foi et sans conditions préalables, des négociations directes entre les deux parties au conflit, pour parvenir à une solution politique, juste et mutuellement acceptable qui assure l’autodétermination du Peuple du Sahara occidental, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée générale des Nations unies.

L’Algérie a un rôle clé dans le règlement du conflit au Mali
Il est tout à fait clair que dans l’esprit de M. Antonio Guterres, le Mali est devenu aujourd’hui un pays où se jouent tous les enjeux de stabilité intercontinentale. En effet, si le Mali s’effondre, les conséquences en matière de sécurité et de mouvements massifs de populations dans d’autres régions ; dont principalement l’Algérie, portail de l’union européenne, seront extrêmement rudes, pour le monde entier. D’où l’intérêt de renforcer et de soutenir la Force conjointe G5 Sahel qui, du point de vue stratégique, est seule à avoir le plus de possibilité de ramener la paix dans la région pour peu que s’ensuit le soutien logistique et financier par des autres pays membres de l’ONU. D’ailleurs la visite d’Antonio Guterres au poste de commandement de la Force conjointe n’en est en réalité qu’un signal envoyé aux États membres du G5 Sahel les assurant que la Force conjointe reste dans l’agenda onusien malgré les refus successifs des États-Unis de financer ce mécanisme de sécurité.
D’où apparait le rôle crucial qui choit désormais à l’Algérie dans l’idée urgente de s’appuyer sur d’autres organisations régionales pour un soutien pérenne à la FC-G5S. De fait, pour l’Algérie, comme pour tous les pays de la région, l’appui au Mali n’est pas seulement un acte de solidarité, c’est surtout un acte d’intérêt intelligent, comme le soutiennent certains milieux onusiens.
Zacharie S Loutari