Allemagne : Berlin va durcir l’examen des demandes d’asile

L’Allemagne va réintroduire l’examen individuel des demandes d’asile, y compris pour les Syriens, afin de vérifier au cas par cas l’origine et la situation des candidats, a annoncé jeudi le ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière. Il est important que nous revenions au traitement individuel de tous les réfugiés et demandeurs d’asile, quel que soit leur pays d’origine, y compris les Syriens, a déclaré M. de Maizière à l’issue d’une rencontre avec les ministres de l’Intérieur des seize länder (Etats régionaux) allemands à Coblence (Ouest).
L’examen au cas par cas des demandes avait été abandonné en fin d’année dernière, alors que le flux de migrants vers l’Allemagne s’intensifiait, au profit d’une procédure accordant l’asile aux Syriens sur la simple base d’un formulaire écrit. Officiellement, l’Allemagne doit accueillir en 2015 800.000 migrants mais ce chiffre a déjà été clairement dépassé en novembre, a précisé M. de Maizière qui annoncera le total précis des entrées lundi prochain. Le retour aux entretiens individuels est requis et je me réjouis que les ministres de l’Intérieur en aient pris acte, a ajouté M. de Maizière, sans toutefois préciser quand cette procédure allait être de nouveau appliquée.
Une telle mesure permettra de renforcer la sécurité de l’identification et d’empêcher les abus, a-t-il insisté. Pour des questions de sécurité, il est urgent (…) que nous changions de cap sur ce point, avait indiqué à l’agence allemande DPA le président de la Conférence des ministres de l’Intérieur, Roger Lewentz, avant la rencontre. Il y a des éléments selon lesquels il y aurait de faux passeports syriens, avait poursuivi le ministre de l’Intérieur de la Rhénanie-Palatinat. Dans la foulée, la chancelière Angela Merkel a annoncé lors d’une réunion avec les présidents des Länder à Berlin qu’il sera question lors du conseil des ministres (de mercredi prochain) de la carte d’identité unique pour les réfugiés. Ce document sera étendue petit à petit après une période d’introduction, a ajouté Mme Merkel.