C’était une vie de soumission. D’humiliations. De devoirs. Sans droits. Les Algériens n’étaient ni des citoyens, ni des sujets. Ils étaient des esclaves dans leur propre pays. Administrés sur la base d’un code de l’indigénat confectionné spécialement pour eux par le colonialisme. Ils étaient enrôlés de force pour défendre un pays étranger dont ils ne recevaient que misère, violence et barbarie. Par deux fois, ils étaient obligés de mourir pour un drapeau qui n’était pas le leur (14-18 et 39-45). Ils n’ont pas cessé d’être torturés, massacrés, enfumés, affamés, humiliés depuis ce triste jour de juillet 1830 où débarquèrent sur leur territoire des forces sauvages lourdement armées et décidées à les soumettre. Les Algériens ont vécu ainsi pendant 132 ans en opposant régulièrement des résistances qui étaient réprimées sauvagement par les envahisseurs. Jusqu’au jour où 22 jeunes algériens ont décidé l’impensable : celui de libérer, par les armes, le pays et le peuple. Ils se sont réunis le 24 juin 1954 dans une villa à El-Madania et ont désigné six d’entre eux pour diriger la lutte armée. C’est cette direction collégiale qui a fixé la date du 1er Novembre 1954 pour le déclenchement de la Révolution, simultanément à travers tout le pays. Avant d’entrer en action ils ont publié une déclaration politique dans laquelle ils ont exposé, à l’intention des algériens, des communautés de confessions chrétienne et judaïque mais aussi à l’opinion internationale, leur décision ainsi que les objectifs tracés. Rares étaient ceux qui avaient décelé une différence avec les précédents soulèvements qui avaient été sauvagement réprimés et vaincus par les forces coloniales. Tout le génie des pères de la révolution de Novembre était dans cette différence qui apparut éblouissante. C’est le Chahid Larbi Ben M’Hidi qui l’a révélé, aux journalistes lorsqu’il fut arrêté. « Mettez la Révolution dans la rue et le peuple l’adoptera ! » leur a-t-il dit. En effet, un peuple frustré d’attendre sa liberté durant près d’un siècle et demi, cumulait une énergie incroyable qui ne demandait qu’à s’exprimer et servir pour se libérer. Cette vision d’une admirable justesse avait échappé même aux généraux de l’armée française qui admiratifs, ont présenté les honneurs à Ben M’Hidi avant de le confier à ses bourreaux qui l’ont assassiné en maquillant leur forfait en suicide. Demain, 64 ans après, nous allons célébrer le 5 juillet 1962. Ce jour inoubliable où la révolution armée du peuple algérien avait triomphé. Au prix fort, il est vrai. Huit années de combat et un million et demi de morts. En réalité le nombre d’Algériens victimes de la répression durant 132 ans d’occupation, s’élève à 5,63 millions. Ce chiffre a été rendu public par le président Tebboune. Tout Algérien qui prend connaissance des atrocités endurées par ses aïeux se doit de défendre et servir son pays de toutes ses forces ! Vive l’Algérie ! gloire à nos chouhada !
Zouhir Mebarki









































