Festival national de la musique andalouse Sanâa : la manifestation s’est ouverte jeudi soir à Alger

Le 9ème Festival national de la musique andalouse Sanâa, prévu jusqu’au 8 décembre, s’est ouvert jeudi soir à Alger par l’association de musique andalouse El Bachtarzia de Koléa et la chanteuse Nassima Chabane, devant un public nombreux venus renouer avec le patrimoine musical traditionnel. La Salle Ibn-Zeïdoun de l’Office Riadh El-Feth, où planait encore l’âme du maître de la musique andalouse Sanâa, Sid Ahmed Serri, disparu le 15 novembre dernier, a abrité deux prestations de qualité où la rigueur académique de l’ensemble El Bachtarzia s’est mêlée à la spontanéité et le métier de Nassima Chabane et ses musiciens. Dirigée par Yazid Hammoudi, la troupe El Bachtarzia a choisi « Noubet Raml El Maya », déroulée dans les différents mouvements requis par la suite conventionnelle, enchaînant les rythmes m’sedar, btaïhi, derj, insiraf et khlass. Les pièces, « Ya qalbi ya metaoub », « Beddeltoum el wasla », « Ach daâoui maâchouk », « Harramtou bik nouâassi », « Tarahhalou âanni » et « Rabbi ya moudjib abdou » ont été rendues en chorale et avec les voix limpides de Bilel Legraâ, Meroua Bouguerra et Nasreddine Harchi. La vingtaine de musiciens (dont six femmes) de l’Association El Bachtarzia, lauréate de la 8e édition du festival, a rendu une prestation de haute facture, restituant les atmosphères solennelles des grandes écoles de musique andalouse. Nassima Chabane intervenant en deuxième partie a préparé un récital dédié à Abdelghani Belkaïd-Ahmed, auquel la 9e édition du festival rend hommage et avec qui elle a longtemps travaillé et partagé tout l’amour qu’il vouait à la musique andalouse. Dans une ambiance relevée, l’interprète à la voix suave a interprété les pièces préférées du violoniste virtuose, choisissant pour ce faire, la « Nouba H’çin » dans toutes ses déclinaisons rythmiques et mélodiques. La chanteuse a brillamment entonné les pièces, « In qarrabou ah », « Koulla youm bachaïr », « Saraqa’l’ghosno », « Ya layali madet lana », »Charibna wa taba chorbona » et « Emechi ya rassoul ». Enchaînant avec un « q’çid » dans le genre « Aroubi » de Mustapha Lekbabti que Abdelghani Belkaïd Ahmed affectionnait particulièrement, Nassima Chabane a interprété « Ya hamam », « Bahdja m’dinet el Djazaïr » et « Mahlaki ya Blida ». Accompagnée d’une dizaine de musiciens, la chanteuse blidéenne a ponctué sa prestation avec des témoignages émouvants sur les différentes expériences vécues avec le maître du violon, marquant l’assistance avec la spontanéité dans le propos qui la caractérise. Des programmes variés ont été présentés plus de deux heures durant, à un public présent malgré la longue attente à laquelle il a été soumis, faute d’une bonne organisation, avant de donner le coup d’envoi de cette 9e édition par une représentante du ministre de la Culture. En début de cérémonie, une minute de silence a été observée à la mémoire du père spirituel de la musique andalouse Sanâa, Sid Ahmed Serri et du violoniste Kheireddine Sahbi, victime des attentats perpétrés récemment à Paris.

Le Festival national de la musique andalouse Sanâa qui a élargi son champ d’expression à un plus grand nombre de troupes, accueille pour sa 9ème édition douze associations. L’évènement se poursuit avec au programme de la journée de vendredi les ensembles « Neghma » de Béjaïa, « El Othmania Fen Andalousi » de Ténès et « Ibn Badja » de Mostaganem.