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Une guerre d’un autre genre

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La célébration de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, qui coïncide avec le 26 juin de chaque année, nous renvoie, cette année encore, à une menace sérieuse qui vise, au-delà de tenter de disloquer la cohésion de la société algérienne, à porter atteinte aux fondements de l’État algérien. Cette journée mondiale, instituée par l’Assemblée générale des Nations unies depuis 1987, cherche à consolider la coordination internationale pour mieux lutter contre un fléau qui empoisonne la vie des personnes et des sociétés auxquelles ils appartiennent et où ils s’identifient. L’Algérie, outre le fait qu’elle lutte sans merci contre un trafic illicite qu’elle subit depuis plusieurs années maintenant, tire la sonnette d’alarme sur une menace mondiale qui n’a pas de frontières et, par conséquent, aucun pays n’est à l’abri. L’occasion a ainsi été donnée hier, aux autorités algériennes, de plancher sur la stratégie nationale de lutte contre cette menace. Mais, contrairement à d’autres pays victimes de ce trafic transnational, l’Algérie a eu la malchance de se retrouver nez à nez avec un pays voisin qui fait du commerce prohibé de la drogue une source de revenus inscrite sur le registre des recettes et des dépenses de l’État. L’Algérie apprend, à ses dépens, et le connait mieux qu’aucun autre pays, les dégâts occasionnés par la consommation de la drogue sur sa société juvénile qui se retrouve victime, non pas seulement d’un fléau sociétal, mais d’une guerre qui vise à déstabiliser son État-nation. On n’en est plus au stade des accusations. L’Algérie, jusqu’à preuve du contraire, n’a nourri aucune animosité à l’égard de son voisin. Mais ce sont les faits qui le disent. Elle, l’Algérie, n’en a que confirmé, à force de subir quotidiennement d’incessantes tentatives de la noyer de tonnes de kif et autres substances hallucinogènes, un fait documenté et établi par les institutions de la communauté internationale. Autrement dit, le Maroc est identifié comme étant une plaque tournante du trafic mondial du haschisch. Pour preuve, les rapports de l’Office onusien contre la drogue et le crime (ONUDC) qui mettent en lumière un pays qui représente l’un des principaux producteurs mondiaux de résine de cannabis. Les chiffres sont éloquents. Le Maroc produit entre 2 500 et 3 000 tonnes de drogues. Mais comme il s’agit, au-delà d’un « marché » juteux et lucratif qui profite à l’entourage de la famille royale marocaine, du trafic de drogue, demeure un levier de déstabilisation entre les mains du Makhzen. L’Algérie ne le dira jamais assez. La communauté internationale se doit de revoir la définition d’un fléau qui prend l’allure d’un moyen pour déstabiliser les États.
Farid Guellil

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