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NOUVELLE PROVOCATION DU MAKHZEN… La caravane passe

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L’agression visant le pavillon algérien lors de la Semaine africaine 2026 à l’UNESCO illustre, selon de nombreux observateurs, l’obsession grandissante du Makhzen envers tout ce qui symbolise l’identité culturelle et civilisationnelle algérienne. L’attaque menée mercredi 20 mai contre des exposants algériens au siège de l’UNESCO à Paris a provoqué une onde de choc en Algérie et au sein de la diaspora nationale en France. Dans un espace censé promouvoir le dialogue entre les peuples et la richesse culturelle africaine, des individus marocains se sont livrés à des actes de harcèlement et d’intimidation contre des artisans venus présenter un patrimoine millénaire reconnu à l’échelle internationale. Une scène choquante qui révèle une nouvelle fois la dérive agressive d’un discours nourri depuis des années par le Makhzen autour de la question identitaire et patrimoniale. L’ambassade d’Algérie en France a immédiatement condamné avec « la plus grande fermeté » cette agression qualifiée de « vile » et d’« inacceptable ». Elle a promis des poursuites contre les auteurs et les commanditaires de ces actes, dénonçant la multiplication des violences ciblant les Algériens lors d’événements culturels organisés en France. Cette fermeté était devenue indispensable face à des provocations répétées qui ne relèvent plus du hasard, mais d’une stratégie de tension visant systématiquement le patrimoine algérien et sa dimension internationale.

Une attaque odieuse
Le ministère algérien de la Culture et des Arts a lui aussi dénoncé une attaque « odieuse », contraire aux valeurs de dialogue et de tolérance défendues par l’UNESCO. Le département ministériel a rappelé que l’Algérie poursuivra sa mission de défense et de valorisation de son patrimoine matériel et immatériel malgré les campagnes hostiles menées contre elle. Car derrière cette agression se cache une réalité de plus en plus visible : l’incapacité du Makhzen à supporter les succès diplomatiques et culturels de l’Algérie sur la scène internationale.

L’obsession de l’appropriation
Depuis plusieurs années, le Maroc multiplie les tentatives d’appropriation d’éléments fondamentaux du patrimoine algérien. Caftan algérien, chedda de Tlemcen, gastronomie, musique ou traditions populaires : tout devient sujet à récupération dans une logique de propagande culturelle orchestrée pour fabriquer artificiellement une profondeur historique.
Cette politique de confusion atteint aujourd’hui un niveau alarmant, au point de transformer des événements culturels en espaces de confrontation alimentés par un nationalisme agressif. L’exposition organisée à l’UNESCO présentait pourtant des tenues emblématiques de l’histoire algérienne, notamment le caftan, le lehaf de l’Est algérien et la robe kabyle. Des pièces authentiques portées par des générations d’Algériens et reconnues dans les dossiers internationaux défendus par Alger. Quelques jours auparavant, l’Algérie avait enregistré une victoire culturelle majeure avec l’adoption officielle de la modification du dossier du Grand Costume de l’Est algérien. Une reconnaissance qui semble avoir profondément irrité les relais du Makhzen, incapables d’accepter que la vérité historique finisse toujours par s’imposer.
Pour de nombreux militants de la défense du patrimoine, cette violence traduit surtout une frustration profonde. « La présence de l’original dérange les imitateurs », résument plusieurs défenseurs du patrimoine algérien sur les réseaux sociaux. Derrière les slogans et les provocations, c’est bien une bataille autour de l’authenticité historique qui se joue aujourd’hui. Et sur ce terrain, l’Algérie dispose d’archives, de traditions et d’une mémoire populaire impossibles à effacer.

Une dérive qui enfonce Rabat
Cette nouvelle provocation intervient après plusieurs épisodes similaires, notamment lors de la Foire de Paris 2025 puis 2026, où des exposants algériens avaient déjà subi insultes, provocations et tentatives d’agression de la part d’individus marocains. Et le fait que le Maroc se taise sur cet incident, témoigne de la stratégie de pression permanente qu’il exerce sur l’Algérie. Cette attitude contribue à ternir davantage l’image d’un régime déjà critiqué pour ses campagnes de propagande et ses méthodes agressives sur plusieurs dossiers régionaux. En cherchant à contester jusqu’à l’identité culturelle algérienne, le Makhzen démontre davantage sa posture hostile à l’égard du voisin.
L’instrumentalisation du patrimoine à des fins politiques révèle une fébrilité croissante face au rayonnement culturel algérien en Afrique et dans les institutions internationales. Pendant ce temps, les exposants algériens ont poursuivi leur mission avec calme et dignité. Malgré les provocations, le pavillon algérien a continué d’accueillir les visiteurs jusqu’à la clôture de la Semaine africaine. Les artisans ont choisi de répondre par la culture, la créativité et la fidélité à leur histoire. Une réponse qui contraste fortement avec l’agressivité et le vacarme entretenus par les relais du Makhzen.

Une indignation large
Les réactions de solidarité se sont multipliées après la diffusion des vidéos de l’agression. Des membres de la communauté algérienne en France, des intellectuels et plusieurs associations ont dénoncé un climat de provocation devenu insupportable. Marc Mauco, président du collectif Cercle-dz, a estimé que transformer un espace culturel en terrain d’hostilité posait « une véritable question collective ». Pour de nombreux observateurs, ces attaques dépassent désormais le simple cadre diplomatique.Elles touchent directement à la mémoire, à l’identité et à l’histoire d’un peuple attaché à son héritage civilisationnel. L’Algérie considère ainsi que défendre son patrimoine ne relève pas seulement d’un enjeu culturel, mais également d’un combat pour la reconnaissance historique et le respect de sa souveraineté culturelle.

Défendre la mémoire et l’identité
L’affaire de l’UNESCO rappelle que la bataille autour du patrimoine est devenue un véritable enjeu géopolitique. Face aux campagnes de falsification et d’appropriation, l’Algérie renforce désormais ses mécanismes de protection culturelle à travers les institutions internationales, les archives numériques et les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle utilisée pour préserver et authentifier les éléments du patrimoine national. La mobilisation populaire observée après cette agression montre également que la question patrimoniale touche profondément la conscience collective algérienne. Pour beaucoup, défendre le caftan, la chedda ou les traditions ancestrales revient à défendre la mémoire nationale contre les tentatives d’effacement et de réécriture de l’histoire.
À force de vouloir s’approprier l’histoire des autres, le Makhzen finit surtout par révéler son incapacité à assumer la sienne.
Mohamed Amine Toumiat

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