Au cours de sa rencontre périodique avec les représentants de la presse nationale, le président de la République Abdelmadjid Tebboune, a qualifié la dernière visite du pape Léon XIV en Algérie de « succès » marquant une étape importante dans le renforcement des relations entre l’Algérie et le Vatican.
Il a précisé, dans ce cadre, que ses entretiens avec le Saint père ont porté essentiellement sur les relations bilatérales et la nécessité de les promouvoir en relations « pérennes et enrichissantes pour les deux parties ».
Tebboune a saisi l’occasion pour réitérer ses remerciements au pape pour cette visite, marquée par des « moments mémorables », notamment « son bain de foule ». Le pape Léon XIV a « une parfaite connaissance de ce qui se passe en Algérie, ce que j’ai personnellement apprécié », a affirmé le président de la République. Il est aussi « au fait des efforts déployés par l’Algérie sur le plan culturel », a-t-il ajouté. À propos des allégations de certains médias qui avaient voulu faire accroire que le pape était porteur de messages de dirigeants de pays européens, le président de la République a assuré que l’hôte de l’Algérie est au-dessus des considérations qui ne sont pas à la hauteur des bonnes relations bilatérales. Respecter l’autre implique de respecter sa liberté, a insisté le président de la République, soulignant que le pape Léon XIV fait sien ce principe.
Une visite qui conforte l’image de l’Algérie
Tebboune n’a pas manqué de souligner à cet égard que la visite du pape Léon XIV conforte l’Algérie dans sa position naturelle d’intermédiaire fiable et d’intermédiaire honnête un statut qu’elle a toujours incarné. Il a notamment mis en exergue le rôle de l’Algérie dans le dialogue entre les Religions et le rapprochement des peuples. Le président de la République a, par ailleurs, exprimé, au nom du peuple et de l’État algériens, ses remerciements au Pape pour avoir accepté l’invitation de visiter notre pays, relevant que cette visite « a permis de lever beaucoup d’équivoques » et de « replacer l’Algérie dans sa véritable sphère naturelle ». Le Pape a également qualifié l’Algérie de pays méditerranéen « ouvert à toutes les cultures et à toutes les Religions » et qu’il s’agit d’un pays « qui n’a jamais persécuté les autres religions », rappelle le président de la République. Enfin, le président de la République a relevé que sa rencontre préalable avec le Pape au Vatican avait constitué « le point de départ de cette dynamique », ajoutant que cette initiative « n’a pas plu à tout le monde ». Il est utile de souligner que la réussite de cette visite, qui a fait rager certains cercles de haineux, est un jalon dans le dialogue interreligieux et une preuve que l’Algérie a toujours tendu la main vers ceux qui savent la respecter et respecter son peuple.
« Ce qui se passe au Mali nous désole »
Abordant la situation au Mali, le président de la République a déploré la situation qui prévaut dans ce pays, invitant les autorités de ce pays à dialoguer avec leur peuple, tout en insistant sur les liens de fraternité existant entre l’Algérie et le Mali. » Ce qui se passe au Mali nous désole. Ce n’était pas (une) prophétie, mais on savait que les choses allaient se gâter parce que le Mali est entré dans une phase qui ne pouvait mener qu’à la déstabilisation », a-t-il déclaré lors de l’entrevue périodique accordée aux représentants des médias nationaux, diffusée samedi soir, sur les chaînes de Télévision et de Radio nationales. Il a appelé, dans ce cadre les parties en conflit à la raison et à l’ouverture d’un dialogue, d’essayer, même si la prise de pouvoir n’est pas constitutionnelle (on pourra) la constitutionnaliser », a-t-il assuré. Tebboune a rappelé, en outre, que « l’Algérie ne s’est jamais immiscée et ne s’immiscera jamais dans les affaires intérieures du Mali ou d’autres pays ». Il a déploré, à ce propos, le fait que « certains éléments qui ont failli au niveau national » cherchent à trouver un coupable, notamment en proférant des accusations contre l’Algérie. « L’Algérie a toujours été un pays frère pour le Mali », a-t-il martelé. Il a rappelé par ailleurs que les accords d’Alger de 2015, sont « un fait malien, pas un fait algérien ». « Certains veulent faire passer cela pour une immixtion de l’Algérie dans les affaires intérieures du Mali. Non. Les accords ont fait suite à ce qui s’était passé avant, a-t-il souligné. « Chaque fois qu’il y a un changement de direction au Mali, il y a une tentative de régler le problème par la force. La force ne règle pas les problèmes». Le président de la République a affirmé, à ce propos, que les Maliens finissent toujours par revenir au dialogue, avec l’aide de l’Algérie, notamment. Il s’est dit « persuadé » que les Maliens étaient capables de dépasser cette situation, rappelant que l’Algérie était prête à leur apporter son aide s’ils la sollicitaient, comme elle l’a toujours fait depuis 1962. « Je parle avec le cœur parce qu’on aime le Mali », a-t-il, par ailleurs, confié. « Nous n’allons pas déménager, le Mali ne va pas déménager. Et l’extrémisme n’a jamais été payant », a-t-il ajouté mettant en avant les liens de longue date qui existent entre les deux pays. Cela traduit la position de l’Algérie rappelée par le chef de sa diplomatie M. Ahmed Attaf, qui avait appelé les Maliens à faire prévaloir le dialogue et rappelé que l’Algérie condamne toutes tentatives de plonger le pays dans le terrorisme aveugle. Tebboune dira dans le même cadre, « ce que nous avons fait avec d’autres pays africains, frères, dont le Niger est un exemple pour toute l’Afrique (..) Nous sommes de plus en plus Africains », a-t-il poursuivi. Une vision qui implique de développer la coopération avec les pays africains dans différents domaines, a-t-il noté. Le président de la République a exprimé la volonté de l’Algérie de développer ses relations tout particulièrement avec le Burkina Faso et le Tchad dans le cadre d’actions visant à réaliser une véritable intégration africaine. Le projet du gazoduc TSGP (Nigeria-Niger-Algérie) ou encore l’élection de représentants algériens dans les institutions, dont la dernière est celle de Fateh Boutbig élu président du Parlement Panafricain, sont la preuve du rôle et du statut de l’Algérie dans le continent africain qui prend de plus en plus de l’importance.
« Nos relations avec les USA sont bonnes »
Répondant à une question relative aux relations de notre pays avec les États-Unis, le président de la République a signalé que celles-ci « ont toujours été bonnes » et qu’elles s’amélioraient de manière constante. « Les Américains savent que l’Algérie a son poids en Afrique », a-t-il indiqué. Il a attiré l’attention sur le fait que l’Algérie n’abandonnera jamais ses amis, à l’image de la Russie et de la Chine, ou de ses frères comme l’Indonésie, rappelant que l’Algérie restait un pays non-aligné. L’Algérie est aussi un pays qui n’acceptera jamais l’installation d’une base militaire étrangère sur son territoire. Et c’est précisément ce qui fait que l’Algérie soit un pays crédible, a-t-il assuré. Concernant la question palestinienne, le président de la République a rappelé que l’unique solution était la création d’un État palestinien dans ses frontières de 1967, affirmant que la paix des cimetières recherchée « est un génocide qui ne mènera qu’à la Cour pénale internationale ». Lorsque l’Algérie siégeait au Conseil de sécurité (2024-2025), « nous discutions pendant dix, quinze jours la virgule et le mot pour les résolutions » relatives à la Palestine, a-t-il souligné. « Il y a un respect profond de la part des États-Unis envers l’Algérie et cela n’a pas changé », a-t-il ajouté, attirant l’attention sur le fait que la constance de l’Algérie en ce qui concerne la défense de la Palestine lui a valu le respect des États-Unis, entre autres pays. » Pour le Sahara occidental, il y a une résolution de l’ONU qui est en train de faire son chemin et sans accrocs entre nous (Algérie et États-Unis) et ils savent quelles sont nos idées », a-t-il souligné.
« Les Émirats, dossier clos »
Abordant le retrait des Émirats arabes unis de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de l’alliance OPEP+ qu’il a qualifié de non-événement, Abdelmadjid Tebboune a fait savoir que le Royaume frère d’Arabie saoudite demeurait le pilier fondamental des pays arabes au sein du cartel pétrolier.
Synthèse Slimane B.














































