Accueil Edito Que peut le MEDEF ?

Que peut le MEDEF ?

0

Par le passé, la politique avait déjà emprunté des voies insolites pour contourner des obstacles. C’était notamment le cas en 1971. À l’époque, les États-Unis et la Chine n’entretenaient plus aucune relation depuis 1949. Une partie de ping-pong entre l’équipe américaine et l’équipe chinoise avait permis la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays. Depuis jeudi dernier, le patron des patrons français, Patrick Martin, est en Algérie. Dans une totale discrétion. Il est accompagné uniquement de l’un de ses proches collaborateurs. Pas de communiqués ni de journalistes embarqués. Pour ne pas réveiller les démons. Ces démons tapis dans les institutions et organismes français pour torpiller le moindre signe de réchauffement des relations entre la France et l’Algérie. Avant son départ pour Alger, Patrick Martin a tout de même fait une déclaration à une radio française pour dire que « l’Algérie est un partenaire important pour la France d’une manière générale et pour son économie en particulier…si je peux apporter ma contribution (à normaliser les relations entre la France et l’Algérie NDLR), ce sera bien ». L’ombre de Ségolène Royal, la présidente de l’association France-Algérie, plane sur ce déplacement. Lors de sa visite dans notre pays en janvier dernier, elle avait déclaré, après avoir constaté le remarquable développement en cours, « l’Algérie n’attendra pas la France ! ». Elle avait cité l’exemple de l’Italie et l’Espagne qui sont très actifs dans leurs relations économiques avec notre pays. Elle avait promis d’en toucher un mot au président du MEDEF. Il semble avoir été convaincu. Il est le premier président national du MEDEF à venir en Algérie. D’habitude c’est le président du « MEDEF international » qui est l’interlocuteur de l’association des patrons algériens, le CREA. C’est dire l’importance de la reprise des relations franco-algériennes, souhaitée par la majorité silencieuse en France. Quelques 450 entreprises françaises sont installées en Algérie. Danone, Société générale, BNP, etc. En 2023, elles étaient 5200 entreprises qui exportaient à partir de la France vers l’Algérie. Aujourd’hui, elles sont moins de la moitié. Malgré tout, Patrick Martin n’est pas là aujourd’hui pour signer des accords mais uniquement pour rétablir le contact. Il a achevé sa visite hier. Il repart aujourd’hui. Peut-être, qu’une fois en France, il donnera plus de détails sur ce qu’il a fait ici. Une autre personnalité française du monde de la culture dont la prochaine venue en Algérie est également annoncée. Il s’agit de la présidente de l’Institut du monde arabe, Anne-Claire Legendre. Auparavant, elle était la conseillère pour l’Afrique et le Moyen-Orient du président français, Emmanuel Macron. Ce ballet des « solitaires » se poursuit avec, pour la deuxième fois, Mme Ségolène Royal, qui sera présente au colloque international sur Saint Augustin qui se tiendra du 28 au 30 avril prochain. Ces initiatives françaises font partie d’une variante, moins insolite, de la « diplomatie du ping-pong ». Réussiront-elles ?

Zouhir Mebarki  

Article précédentSommet « Africa We Build » à Nairobi : «L’Afrique peut financer ses infrastructures grâce à 4 400 milliards USD de capitaux domestiques»
Article suivantLa « blousa » oranaise : Entre héritage ancestral et ambition universelle