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SOUVERAINETé PRIME SUR DIKTAT DES CRÉANCIERS : Pas d’endettement extérieur !

C’est pour la troisième fois qu’il l’affirme depuis qu’il est élu à la tête de la présidence de la République. Pas question pour l’Algérie de contracter des dettes extérieures, et d’être en contrepartie à la merci des créanciers à l’international.

C’est à l’issue du Conseil des ministres, tenu ce dimanche, que le chef de l’état a exclu cette option de son agenda. Une option balayée d’un revers de main malgré une situation financière du pays peu reluisante, comme présentée tout récemment par la Banque d’Algérie dans son rapport établi pour le premier trimestre 2020.
En prenant cette décision, le locataire d’El-Mouradia a dû d’abord prendre conseil avant d’agir en conséquence. Car, si la situation financière inciterait à envisager l’endettement à cause par exemple du déficit de la balance des paiements (2,5 milliards de dollars au 1er trimestre 2020), Tebboune ne pense pas moins que la souveraineté et la dignité de l’Algérie n’ont pas de prix. Et il ne voudrait surtout pas faire revivre au pays le choix douloureux des années 90. Plus qu’un choix d’ordre économique, le président Tebboune se veut, par sa décision, une position de principe de l’Algérie et son rapport avec les instances financières internationales qui, après avoir accordé des crédits au gouvernement durant les années 90, ont imposé leur agenda économique au pays par le fameux « ajustement structurel ». Malgré à l’époque un recours inévitable à cause d’une économie nationale ruinée par les effets de la crise politique post-88 et début des années 90, l’Algérie a subi, des années durant, le diktat du Fonds monétaire international, jusqu’au remboursement total de ses dettes vers l’année 2006. Alors que le pays s’en sort déjà difficilement de la dette publique causée par le recours intensif à la planche à billets décidé sous l’ancien régime et son gouvernement, le chef de l’État opte pour l’effort national allant dans le sens de relever le niveau de stabilité financière. Ainsi, au cours de ce Conseil, le Président a exhorté l’Exécutif à « plus de persévérance et de rigueur dans la gestion afin de réduire les importations et préserver les réserves de change». Il va même montrer le chemin, en tirant la leçon de la crise financière induite par la pandémie du coronavirus pour relever le défi. Il cite l’exemple de certains pays développés qui profitent de la conjoncture pour racheter des entreprises à bon prix.
Farid Guellil