Les journées de sensibilisation et de solidarité consacrées à la question sahraouie ont pris fin dimanche à Erfurt, capitale du Land allemand de Thuringe, avec une troisième et dernière journée placée sous le thème du rôle de l’Allemagne dans le conflit du Sahara occidental sous l’angle des droits humains et du droit international.
Organisées en coordination entre la représentation sahraouie dans les régions de Saxe et de Bavière et l’organisation allemande « Die Falken», ces journées ont consacré leur troisième atelier à l’examen de la dimension juridique et humanitaire de l’engagement allemand dans le dossier du Sahara occidental, considéré comme une question mettant en jeu à la fois la responsabilité morale et le respect de la légalité internationale. Lors de son intervention, l’étudiante et militante sahraouie des droits humains Khadija Badati a mis l’accent sur les dimensions économique et éthique de l’activité des entreprises allemandes au Sahara occidental. Elle a renouvelé son appel à ces entreprises pour qu’elles mettent fin à leurs investissements et à leurs projets dans les territoires occupés du Sahara occidental. Selon l’intervenante, l’exploitation des ressources naturelles du territoire, notamment à travers des projets liés aux énergies renouvelables, sans le consentement du peuple sahraoui, constitue une violation du droit international ainsi que des décisions rendues par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) en octobre 2024. Khadija Badati a également appelé l’Union européenne à faire preuve de cohérence avec ses propres principes et valeurs, en cessant de conclure avec le Maroc des accords portant sur le territoire, l’espace aérien ou les eaux territoriales du Sahara occidental.
Pour un engagement politique plus ferme
La militante sahraouie a, par ailleurs, plaidé pour un rôle allemand « plus ferme », dépassant le cadre des seuls intérêts économiques.
Elle a notamment appelé Berlin à mettre à profit son poids politique au sein de l’Union européenne et des Nations unies afin de favoriser l’application du droit international, la protection des droits humains et le soutien à un processus onusien équitable garantissant au peuple sahraoui l’exercice de son droit à l’autodétermination. Elle a également exhorté les responsables politiques et les entreprises allemandes à adopter des positions conformes aux principes de justice et de respect du droit international. À l’issue de ces journées, les organisateurs ont lancé un appel à maintenir et à renforcer la présence de la question sahraouie dans les milieux allemands. Ils ont également plaidé pour l’intensification des efforts en faveur du droit « inaliénable » du peuple sahraoui à l’autodétermination, ainsi que pour le soutien et le développement des différentes initiatives de solidarité avec la cause sahraouie en Allemagne.
M. S.










































