Traditionnellement associés à l’enfance, au jeu et à la joie, les cerfs-volants sont devenus, le temps d’un week-end, un symbole de solidarité avec les enfants de Ghaza dans plusieurs villes européennes.
Des rassemblements ont été organisés samedi dans 11 villes néerlandaises, ainsi qu’à Londres, en réaction à la récente escalade des menaces de l’occupant sioniste autour des cerfs-volants et ballons lancés depuis la bande de Ghaza. Aux Pays-Bas, les initiatives, organisées par la fondation « Plant a Olive Tree », visaient à attirer l’attention sur les attaques visant la bande de Ghaza et à dénoncer les menaces de déplacement forcé des Palestiniens, formulées sous prétexte du lancement de cerfs-volants depuis l’enclave vers des colonies situées près de la frontière. À Rotterdam, enfants et adultes se sont rassemblés sur la place Noordplein pour faire voler des cerfs-volants en solidarité avec les enfants de Ghaza. Certains portaient des inscriptions telles que « Palestine libre » et « Sauvez Ghaza », ainsi que des dessins du drapeau palestinien, tandis que d’autres avaient directement été conçus aux couleurs du drapeau palestinien. Des brochures d’information ont également été distribuées à l’issue des rassemblements afin de sensibiliser le public à la situation dans la bande de Ghaza.
De Rotterdam à Londres
La mobilisation s’est poursuivie le même jour à Londres, où le Forum palestinien en Grande-Bretagne, en collaboration avec la campagne « Red Ties » en soutien aux prisonniers palestiniens, a organisé dans Regent’s Park une initiative baptisée « Kites for Palestine ». Des enfants, des militants et des sympathisants de la cause palestinienne ont participé à l’événement. Parmi eux figuraient des enfants palestiniens originaires de Ghaza, évacués vers la Grande-Bretagne pour y recevoir des soins après avoir été blessés durant la guerre. Les participants ont fabriqué et décoré leurs propres cerfs-volants avant d’y inscrire des messages de solidarité, notamment «Palestine libre», puis de les faire voler dans le ciel de Regent’s Park. Pour les organisateurs, le choix du cerf-volant se veut symbolique : cet objet, intimement lié à l’enfance et au jeu, rappelle le droit des enfants de Ghaza à vivre, jouer et grandir loin de la guerre et de la destruction. L’actrice et militante Nicole Guinness a souligné que sa participation visait notamment à attirer l’attention sur les conséquences de la guerre sur les enfants de Ghaza, privés d’espaces de jeu et de moments d’insouciance dans un contexte marqué par les bombardements et les destructions.
L’escalade autour des cerfs-volants
Ces initiatives interviennent alors que l’occupant sioniste a durci son discours à l’égard des cerfs-volants, ballons et drones qu’il affirme être lancés depuis la bande de Ghaza. Le 23 août dernier, le Premier ministre de l’entité sioniste, Benjamin Netanyahu, avait ordonné à ses forces de prendre « toutes les mesures nécessaires » face à ce qu’il présentait comme une menace liée aux drones, après des informations faisant état du lancement de cerfs-volants depuis Ghaza. Le même jour, le ministre de la Défense, Israel Katz, avait affirmé que l’armée avait reçu pour instruction d’agir « immédiatement et avec force » contre les lancements de cerfs-volants, de ballons et de drones depuis l’enclave. Il avait déclaré que chaque lancement serait considéré comme un «acte de guerre», ajoutant qu’un cerf-volant serait traité de la même manière qu’un drone, qu’il transporte ou non des explosifs. L’entité sioniste avait ensuite annoncé des mesures contre les personnes qu’elle accuse d’être responsables de ces lancements, évoquant notamment l’évacuation de zones ou de quartiers de Ghaza présentés comme des points de départ de cerfs-volants et de ballons. Dans le même temps, l’armée de l’occupant avait reconnu que les cerfs-volants retrouvés près de la frontière ne transportaient ni explosifs ni substances suspectes et ne représentaient pas de danger pour la population.
Une « justification » aux attaques
La résistance palestinienne avait pour sa part affirmée que les cerfs-volants étaient notamment lancés par des enfants, accusant l’occupant sioniste de s’en servir comme « prétexte » pour mener des attaques contre la bande de Ghaza. À Londres, les participants ont voulu mettre en lumière ce contraste : alors que le cerf-volant est présenté comme une menace sécuritaire lorsqu’il est lancé depuis Ghaza, le même objet a été choisi par des enfants et des militants européens comme moyen pacifique d’exprimer leur solidarité avec leurs homologues palestiniens. Le moine bouddhiste Ajahn Santamano, présent à Regent’s Park, a expliqué que sa participation était motivée par le principe de compassion envers tous les êtres vivants. Il a également évoqué son intérêt pour l’histoire du conflit et du colonialisme de peuplement, qui l’a conduit à soutenir les droits du peuple palestinien. Il a par ailleurs critiqué le silence de certaines institutions bouddhistes face à la situation en Palestine, estimant que le cerf-volant illustrait à lui seul le paradoxe entre un simple jeu d’enfant et sa présentation comme une menace sécuritaire.
Le droit de vivre et de jouer
Les organisateurs londoniens ont insisté sur un message central : défendre le droit des enfants palestiniens, et en particulier ceux de Ghaza, à vivre et à jouer. Un militant participant au rassemblement a expliqué que le choix des cerfs-volants faisait directement écho aux récentes menaces de l’occupant sioniste concernant leur lancement depuis Ghaza, avec l’objectif de transformer cet objet en symbole de solidarité plutôt qu’en élément du discours sécuritaire lié à la guerre. Le président du Forum palestinien en Grande-Bretagne, Adnan Hmeidane, a de son côté affirmé que l’initiative était organisée « en soutien et en solidarité avec chaque enfant palestinien qui veut vivre libre ». Malgré des appels sur les réseaux sociaux à faire échouer le rassemblement londonien, émanant de comptes présentés comme « d’extrême droite » et «radicaux», les organisateurs sont parvenus à réunir enfants et sympathisants et à faire voler leurs cerfs-volants dans Regent’s Park. De Rotterdam à Londres, les cerfs-volants ont ainsi dépassé le simple cadre du jeu pour devenir un symbole de solidarité transfrontalière avec les enfants de Ghaza.
Face aux menaces de l’occupant sioniste qui les présente comme un enjeu sécuritaire, leurs couleurs et leurs messages ont porté un autre langage : celui du droit des enfants palestiniens à vivre, jouer et grandir loin de la guerre.
M. Seghilani











































