L’année 2025 restera comme une étape charnière dans le dossier du Sahara occidental, un conflit de décolonisation non résolu qui a retrouvé une place centrale à l’agenda international. Cette dynamique a culminé le 31 octobre avec l’adoption, par le Conseil de sécurité des Nations unies, de la Résolution 2797, un texte qui, en dépit des lectures biaisées relayées par l’occupant marocain, consacre des principes fondamentaux favorables à la cause sahraouie et à la légalité internationale.
La résolution a, en premier lieu, entériné la prolongation pour une année supplémentaire du mandat de la MINURSO, la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental. Ce renouvellement est intervenu malgré les manœuvres persistantes du Maroc visant à obtenir la dissolution de cette mission onusienne. Pour le Front Polisario, ce maintien constitue une garantie essentielle de la survie de l’option référendaire, seule voie reconnue par l’ONU pour permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination. Le second point majeur réside dans la réaffirmation explicite du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination. La Résolution 2797 précise que toute solution politique doit être « conforme aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations unies » et s’inscrire dans le prolongement des résolutions pertinentes de l’ONU. Elle fixe pour objectif une solution politique « mutuellement acceptable qui assure l’autodétermination du peuple du Sahara occidental », inscrivant ainsi sans ambiguïté ce droit fondamental au cœur du processus politique. L’Algérie, membre non permanent du Conseil de sécurité, a rappelé à cette occasion que la résolution constitue un rappel clair à la légalité internationale et un appel pressant à des négociations sincères. De son côté, l’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, Staffan de Mistura, a souligné que toute issue au conflit devait impérativement être politique, mutuellement acceptable et fondée sur le droit du peuple sahraoui à décider librement de son avenir. Le président sahraoui, Brahim Ghali, a pour sa part insisté sur la responsabilité historique de la communauté internationale dans l’achèvement du processus de décolonisation du Sahara occidental. Il a affirmé que la Résolution 2797, à l’instar des précédentes, réaffirme le caractère non négociable du droit à l’autodétermination et à l’indépendance, soulignant que seule l’organisation d’un référendum libre et transparent permettra d’instaurer une paix durable. Cependant, cette réaffirmation diplomatique contraste violemment avec la réalité vécue par les Sahraouis dans les territoires occupés. Ces derniers jours, de vives condamnations ont été exprimées après les violations graves des droits humains subies par la militante sahraouie El-Maâlouma Abdallah à l’aéroport d’El-Aâyoune occupée. Soumise à une fouille humiliante et provocatrice par les services de renseignement marocains, la militante a été ciblée en raison de son engagement en faveur des droits humains, après sa participation à une activité politique pacifique dans les camps de réfugiés sahraouis. Les organisations sahraouies de défense des droits humains dénoncent une politique systématique de harcèlement, d’intimidation et de représailles, menée par les autorités d’occupation marocaines contre les militants sahraouis. Ces pratiques, qualifiées de discriminatoires et racistes, constituent des violations flagrantes de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Face à cette situation, les appels se multiplient en direction des Nations unies et de la communauté internationale pour une intervention urgente, la protection des défenseurs sahraouis des droits humains et le déploiement de missions internationales indépendantes chargées de surveiller la situation des droits de l’homme dans le Sahara occidental occupé.
Ainsi, si l’année 2025 n’a pas encore permis de mettre un terme à ce conflit, elle a clairement remis au centre du débat international les principes fondamentaux de la Charte de l’ONU. L’autodétermination demeure l’unique horizon politique légitime et juste pour clore définitivement l’un des derniers dossiers de décolonisation en Afrique, tandis que la persistance de la répression sur le terrain rappelle l’urgence d’une action internationale cohérente et conforme au droit.
M. Seghilani














































