La Coupe d’Afrique des nations entre progressivement dans sa phase concrète. À un peu plus d’un an du tournoi, la Confédération africaine de football accélère la cadence et impose son rythme. Derrière l’annonce officielle des dates et du tirage au sort, la CAN 2027 apparaît déjà comme une compétition charnière pour l’avenir du football africain.
La Confédération africaine de football a officialisé, samedi, les dates de la phase finale de la CAN 2027, qui se déroulera du 19 juin au 17 juillet au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. Baptisée « CAN PAMOJA 2027 », cette édition sera la première organisée conjointement par trois pays d’Afrique de l’Est, un projet ambitieux destiné à renforcer l’influence du football africain dans une région stratégique du continent. Selon la CAF, cette compétition devrait permettre de toucher plus de 400 millions de personnes dans la région, confirmant l’importance économique et médiatique grandissante de la CAN. Si la date du match d’ouverture et celle de la finale sont désormais connues, les pays hôtes de ces deux rencontres n’ont pas encore été désignés.
Un choix qui dépendra notamment de l’avancement des infrastructures dans chacun des trois États organisateurs.
La prochaine étape majeure interviendra le 19 mai avec le tirage au sort des éliminatoires. Quarante-huit sélections, y compris les trois pays coorganisateurs, participeront à ces qualifications. Elles seront réparties en douze groupes de quatre équipes, avec les deux premiers de chaque poule qualifiés pour la phase finale, soit un total de vingt-quatre nations.
Un calendrier resserré et stratégique
Les éliminatoires se disputeront lors de trois fenêtres internationales validées par la FIFA. Les deux premières journées auront lieu entre le 21 septembre et le 6 octobre 2026, suivies des troisième et quatrième journées en novembre 2026. Une dernière fenêtre, programmée du 22 au 30 mars 2027, a été ajoutée récemment afin d’équilibrer le calendrier après la décision d’organiser un seul match par date lors du premier rassemblement. Cette planification illustre la coordination de plus en plus étroite entre la CAF et la FIFA. Les deux instances ont récemment acté le passage à une Coupe d’Afrique des nations organisée tous les quatre ans, abandonnant le rythme biennal historique. Une réforme qui continue de susciter de vifs débats parmi les acteurs et les supporters du football africain, attachés au format traditionnel. La dernière édition de la CAN avait été remportée par le Sénégal, même si ce sacre reste juridiquement contesté devant le Tribunal arbitral du sport. De son côté, la sélection nationale algérienne avait atteint les quarts de finale, confirmant sa présence régulière parmi les équipes compétitives du continent.
Pression sur les pays organisateurs
Au-delà du calendrier sportif, l’annonce de la CAF constitue également un avertissement adressé aux pays hôtes. En officialisant les différentes étapes organisationnelles, l’instance dirigée par Patrice Motsepe impose un cadre strict et réduit considérablement la marge de retard possible. La récente visite du secrétaire général par intérim de la CAF, Samson Adamu, en Ouganda s’inscrit dans cette logique. Des réunions ont été organisées avec les autorités des trois pays afin de rappeler une exigence claire : les infrastructures doivent être livrées dans les délais et aucun report de la compétition n’est envisagé. Certaines inquiétudes persistent toutefois, notamment concernant le Kenya, considéré comme le chantier le plus en retard. Le contexte politique local, marqué par des élections présidentielles prévues peu après le tournoi, ajoute une incertitude supplémentaire dans l’équation organisationnelle.
Une CAN sous surveillance
Selon plusieurs sources médiatiques africaines, des discussions existeraient en coulisses autour d’un éventuel plan alternatif en cas de défaillance majeure. Sans évoquer officiellement un retrait de l’organisation, la CAF pourrait ajuster la répartition des grandes affiches. Les demi-finales et la finale pourraient ainsi être confiées prioritairement à la Tanzanie ou à l’Ouganda si certains stades kenyans ne respectaient pas les standards requis. Malgré ces interrogations, la CAN 2027 demeure une opportunité historique pour l’Afrique de l’Est. La région n’a plus accueilli la compétition depuis 1976 et voit dans cet événement un levier majeur pour accélérer le développement des infrastructures sportives, touristiques et économiques. Entre ambition continentale et défi organisationnel, la CAN 2027 s’annonce déjà comme un test grandeur nature pour la CAF : une vitrine du football africain… ou une course contre la montre ?
M. A. T.













































