hydro

RENCONTRÉS EN PLEINE MARCHE À ALGER : Les citoyens refusent le texte de loi sur les hydrocarbures

Au 34e vendredi de la marche pacifique des Algériens à travers le pays, comme dans la capitale, les citoyens n’ont pas cessé de lancer des messages au pouvoir concernant les détenus, la loi de Finances 2020 et la loi sur les hydrocarbures.
Deux femmes cadres, en retraite, que nous avons rencontrées hier à la place Maurice Audin, à Alger, lors de la manifestation, donnent leurs avis. «Après la répression qu’ont connue nos enfants, les étudiants, lors de leur marche pacifique, aujourd’hui (hier, ndlr) est très diffèrent des précédents», affirment nos interlocutrices qui préfèrent garder l’anonymat. «C’est une réponse du peuple, rien ne nous fait peur», affirment-elles, ajoutant qu’ «aujourd’hui le mur de la peur est tombé. Nous continueront à sortir chaque vendredi et mardi jusqu’à l’obtention de nos revendications pour assurer un avenir meilleur pour nos enfants ».
Les deux femmes ont appelé également à la libération des détenus surtout les jeunes étudiants. «Je ne comprends pas pourquoi ce comportement contre nos jeunes », s’interroge l’une d’entre elles. Concernant le prochain scrutin présidentiel prévu le 12 décembre, nos interlocutrices n’entendent point adhérer à ce projet qu’elles rejettent de fond en comble. L’idée des élections avec les figures du système ? « Les algériens ne sont pas « dupes » pour aller voter sur ces candidats », soulignent-t-elles. Marqué comme le mot d’ordre du 34e vendredi, les deux femmes ont donné aussi leurs avis sur la loi de Finances 2020. «C’est un cirque ! Pas question qu’on accepte son passage», pensent-elles, déterminées, à continuer à s’y opposer à travers l’expression de la rue.
De son côté Samir. K, un jeune de 36 ans, avocat de son état, nous a affirmé qu’il n’arrêtera pas de sortir les vendredis jusqu’à ce que les revendications réclamées soient obtenues. «Je manifeste pour assurer un meilleur avenir pour mon enfant», précise-t-il. En ce qui concerne les détenus d’opinion et politiques, Samir a eu une autre vision de voir les choses. «Pour moi il ne s’agit pas de détenus ce sont des otages. Je demande leur libération. Pas question qu’ils restent en prison», plaide notre vis-à-vis. Sur le projet de LF-2020, notre interlocuteur dit que les citoyens «doivent interdire le passage de cette loi», notamment à travers le Parlement national. Quant aux présidentielles prévues le 12 décembre, ce manifestant a affirmé que « le peuple n’est pas concerné».
Aussi le spécialiste en histoire du Mouvement national algérien, Mountassir Oubetroun, a condamné fermement les arrestations et la répression qu’ont connue la dernière semaine les étudiants dans leur manifestation de mardi. «La semaine passée était particulièrement violente, c’est un pouvoir qui est en panique», dénonce comme qualifie-t-il le traitement de la police de la marche pacifique des étudiants.
«Ce même pouvoir sait qu’avec la résistance du peuple il ne passera jamais son schéma », affirme-t-il d’un air sûr de lui. C’est pour cela, poursuivit-il, «qu’il est passé à l’intimidation et aux arrestations ». « Le peuple ne va pas céder ni arrêter de sortir les vendredis et les mardis. S’il est déterminé, il n’y aura « pas d’élections», assure-t-il.
Pour le texte de loi sur les hydrocarbures, Oubetroun le considère comme «un grand crime ». «Ils veulent nous vendre à l’occident, le pouvoir est en train de brader les richesses du pays à travers la loi sur les hydrocarbures », lance-t-il.
Sarah Oubraham