Le directeur de l’information de la Société du Croissant Rouge palestinien, Raed Al-Nams, a annoncé que les autorités d’occupation israéliennes ont annulé, hier, la coordination de l’évacuation de la troisième vague de patients et de blessés de la bande de Ghaza vers l’Égypte, via le point de passage de Rafah.
Selon Al-Nams, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a informé le Croissant Rouge du report de l’évacuation prévue pour la journée, sans en préciser les raisons. « Nous avons malheureusement été informés par l’OMS du report de l’évacuation des patients et des blessés programmés, sans qu’aucune explication ne soit donnée », a-t-il déclaré. Il a précisé que les équipes de l’association étaient totalement prêtes à procéder à l’évacuation de la troisième vague depuis l’hôpital de rééducation médicale du Croissant Rouge à Khan Younès, dans le sud de la bande de Ghaza. L’annulation de la coordination a ainsi entraîné le report du départ des patients qui devaient voyager hier. Le responsable n’a toutefois pas précisé le nombre exact de personnes concernées, exprimant l’espoir que leur évacuation puisse être facilitée jeudi. Depuis la réouverture partielle du passage de Rafah lundi dernier, les mouvements restent très limités. Lors de la première journée, 12 Palestiniens sont entrés dans la bande de Ghaza et 20 en sont sortis (5 patients et 15 accompagnateurs). Le deuxième jour, 40 personnes sont entrées et 40 autres ont quitté le territoire (14 patients et 26 accompagnateurs). Les autorités israéliennes ont rouvert le côté palestinien du passage de Rafah — qu’elles occupent depuis mai 2024 — de manière très restreinte et sous de strictes conditions sécuritaires. Des témoignages de personnes revenues, parmi lesquelles des personnes âgées et des enfants, font état d’interrogatoires militaires israéliens particulièrement rigoureux. Tous ont cependant réaffirmé leur attachement à leur terre et leur rejet de toute tentative de déplacement forcé. Mercredi à l’aube, 40 Palestiniens, dont des femmes et des enfants, sont arrivés à l’hôpital Nasser de Khan Younès après leur retour par le passage terrestre de Rafah avec l’Égypte. Dans le même temps, 40 Palestiniens (14 patients et 26 accompagnateurs) ont quitté Ghaza pour recevoir des soins à l’étranger. Les scènes d’accueil ont été marquées par une forte charge émotionnelle, les familles retrouvant leurs proches après près de deux années de séparation dues à la guerre d’extermination menée par Israël contre Ghaza depuis le 8 octobre 2023 avec le soutien des États-Unis. Les sources sécuritaires ont indiqué que les personnes revenues ont été orientées vers les hôpitaux en raison de leur état de santé, d’autant plus qu’aucune infrastructure d’accueil n’existe actuellement au passage de Rafah, toutes les installations ayant été détruites ou incendiées par l’armée sioniste. Selon les médias égyptiens et israéliens, il était prévu que 50 Palestiniens entrent quotidiennement dans la bande de Ghaza et qu’un nombre équivalent en sorte vers l’Égypte parmi les patients et leurs accompagnateurs, mais cet objectif n’a pas été atteint jusqu’à présent. Avant la guerre, des centaines de Palestiniens franchissaient chaque jour le passage de Rafah dans les deux sens, dans un fonctionnement normal sous la gestion des autorités de Ghaza et de l’Égypte, sans intervention israélienne directe. Israël devait rouvrir pleinement le passage dès la première phase de l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre 2025, mais cette mesure n’a jamais été appliquée. La guerre contre Ghaza a fait environ 72 000 martyrs palestiniens et plus de 171 000 blessés, en majorité des femmes et des enfants, et a détruit près de 90 % des infrastructures civiles. Malgré l’accord de cessez-le-feu, Israël continue de le violer quotidiennement, causant la mort de 529 Palestiniens supplémentaires et bloquant l’entrée des quantités convenues d’aide humanitaire. Près de 2,4 millions de Palestiniens vivent aujourd’hui dans la bande de Ghaza, dont 1,5 million de déplacés, dans des conditions humanitaires qualifiées de catastrophiques.
M. S.













































