Belaïd Mohand Oussaïd
Belaïd Mohand Oussaïd

MOHAND OUSSAÏD, PORTE-PAROLE DE LA PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE : «Nous sommes pour une liberté responsable»

Il est bon de souligner à cette occasion que le projet de la nouvelle Constitution n’est qu’un document de travail, afin que le débat ne se fasse pas à partir de rien.

Une commission spéciale a été mise en place au niveau de la Présidence afin de récolter avis et propositions avant de rendre copie une fois son travail de fourmis achevé. Le ministre conseiller à la Communication, Porte-parole officiel de la Présidence de la République, Belaïd Mohand Oussaïd, a animé hier une conférence de presse au siège de la Présidence de la République. Une occasion aussi bien pour faire le point sur les enchainements des évènements depuis sa dernière rencontre avec la presse le 21 avril passé, mais aussi de se livrer au traditionnel jeu des questions-réponses. Nous apprenons ainsi, sur le plan politique, que c’est sur insistance de plusieurs acteurs que la Présidence a fini par se résoudre à « libérer » la mouture de la future Constitution en dépit du confinement. « Cela permettra, précise Belaïd, aux concernés de bien étudier ce texte, et avec toute la sérénité voulue, non sans respecter scrupuleusement les consignes de sécurité sanitaires ». Mieux, le texte en question n’est pas du tout imposable, et est modifiable à merci en fonction des propositions et remarques que pourraient suggérer les uns et les autres. Preuve en est que le conférencier a catégoriquement refusé de répondre aux questions de fond liées au contenu de ce texte afin de ne pas influer sur l’opinion de par la position qu’il occupe. Preuve supplémentaire, s’il en fut, nous apprenons la mise en place d’une commission spéciale mise en place au niveau de la présidence afin de récolter et de traiter tout ce qui pourrait être dit à propos de cette future révision constitutionnelle. En réponse à notre question sur le mode opératoire de cette commission, et sur quelle base elle prendrait en ligne de compte telle proposition plutôt qu’une autre, le conférencier insistera sur la nécessité de prendre tout ce qui rassemble, et de rejeter ce qui divise afin que l’Algérie se dote de la Constitution la plus consensuelle possible, pour en assurer la pérennité et permettre l’émergence de l’Algérie de demain. Dans le même ordre d’idées, le président Tebboune s’est fixé comme objectif l’horizon 2021 pour en finir avec ses réformes politiques, sachant qu’en même temps que la révision de la Constitution, il est également question de revisiter la loi électorale. En revanche, Il ne serait pas question de législatives anticipées et de dissolution de l’APN, puisque c’est le Parlement qui est appelé, en dernier ressort, à donner son avis sur la future Constitution, avant que celle-ci ne soit soumise à l’appréciation du peuple par voie de consultation référendaire.

L’allocation de 10 000 Da versée avant l’Aïd
Dans un autre chapitre, en matière de solidarité nationale, le ministre conseiller à la Communication, Porte-parole officiel de la présidence de la République, Belaïd Mohand Oussaïd, a fait savoir que le nombre total des personnes inscrites pour bénéficier de l’allocation de 10 000 DA a atteint, jusqu’à mardi, 300 000 personnes, relevant que cette allocation sera versée avant l’Aïd El Fitr. « Concernant les opérations de solidarité en faveur des personnes impactées par la pandémie du nouveau coronavirus, le total des personnes inscrites pour bénéficier de l’allocation de 10 000 DA a atteint près de 300 000 personnes jusqu’à ce mardi », soulignant que « cette allocation de solidarité sera versée dans les jours à venir, avant même l’Aïd El Fitr ». Les concernés représentent en majeur partie les travailleurs journaliers, comme les coiffeurs ou les taxieurs, qui ne travaillent plus et ne touchent plus un seul centime depuis l’apparition de l’épidémie de coronavirus et le début du confinement en Algérie. Dans le même chapitre, le conférencier a ajouté que
« 700 000 familles, dont 74% dans les zones d’ombre, ont bénéficié de près de 22 000 tonnes de denrées alimentaires et des quantités considérables de produits détergents et des équipements médicaux », ajoutant que cette opération est en cours ». Cette opération, il faut le préciser, n’a rien à avoir avec celle liée au couffin du Ramadhan. Dans ce cadre, « 2 200 000 de citoyens ont bénéficié de l’allocation de 10 000 DA, au titre du couffin de Ramadhan annuel, laquelle a été versée, la veille du mois sacré, aux comptes ccp des concernés ». Pour ce qui est de l’épidémie du Coronavirus, et même si Belaïd en a appelé au sens civique et responsable des citoyens, il n’en a pas moins précisé que l’État a largement les moyens de faire face à une éventuelle aggravation de la situation puisqu’il dispose de plusieurs milliers de lits de réanimations vides alors qu’il a la capacité de produire jusqu’à 7 millions de masques chaque semaine. Mieux, l’Algérie a entamé la production de tests contre le Covid-9, devenant ainsi le premier pays au Maghreb à le faire, et le second en Afrique, après l’Afrique du sud.

Fonds de solidarité : 300 milliards et 1,9 million d’euros
Pour ce qui est de la caisse de solidarité, l’État a récolté 300 milliards ainsi que 1,9 million d’euros. Cet argent sera distribué aux citoyens touchés par l’épidémie de coronavirus selon des critères précis et en totale transparence. La question relative à l’emprisonnement de citoyens à cause de leurs « posts sur les réseaux sociaux n’a pas manqué non plus d’être posée. Une occasion pour Belaïd, droit dans ses bottes, pour marteler que la liberté doit être responsable, qu’il faut en finir avec l’ère de l’impunité et qu’il est nécessaire de renouer avec un État de droit digne de ce nom. La preuve de la bonne foi des pouvoirs publics réside très certainement dans leurs immenses efforts déployés en matière de communication, ainsi que leur encouragement sans faille en faveur de la liberté de la presse. Enfin, répondant lors de cette conférence de presse à une question sur le lancement d’une chaîne télévisée dédiée à l’histoire et l’institution du 8 mai, Journée nationale de la Mémoire, M. Belaïd a souligné que «la mémoire algérienne est la propriété du peuple algérien et nous la défendrons de toutes nos forces», rappelant que le message du Président Tebboune, à l’occasion du 75e anniversaire des massacres du 8 mai 1945, était « très claire ».
Mohamed Abdoun