Tebboune

MALI, TUNISIE ET LIBYE : L’Algérie réaffirme ses positions avec clarté

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a abordé plusieurs questions d’actualité internationale, à l’image de la position de l’Algérie sur la situation au Mali, en Tunisie et en Libye.

Évoquant la situation au Mali, il a affirmé que la solution préconisée par l’Algérie à la crise au Mali passe par l’encouragement du développement et la réunification du Nord avec le Sud et le « rejet catégorique de la sécession du Mali, de son peuple ou de son territoire ». « Nous plaidons pour un Mali unifié conformément à l’Accord d’Alger (…). Nous sommes disposés à assumer un rôle dans ce cadre », a ajouté le Chef de l’État. L’Algérie et le Mali entretiennent une relation de fraternité sans tutorat, a précisé le Président, ajoutant que ‘’ l’Algérie n’exerce de tutorat sur aucun pays et ne l’accepte pas’’.
L’Algérie traite avec les pays de la région du Sahel dans le cadre du respect mutuel, a déclaré le Chef de l’État, soulignant que l’indépendance des pays du Sahel «n’est pas fictive». « Nous souhaitons voir les pays du Sahel développer leurs économies et résoudre leurs problèmes liés à la santé et à l’éducation, l’Algérie est ainsi disposée à y apporter sa contribution », a-t-il dit, affirmant par la même que « nous sommes prêts à assister le peuple malien que nous considérons comme peuple frère, tout comme le peuple nigérien’’.
« Kaïs Saïed, une personnalité cultivée, un démocrate et un patriote »
Concernant la Tunisie, le président Tebboune a affirmé que la sécurité de l’Algérie et de la Tunisie était intimement liée, assurant de la disposition de l’Algérie à faire face à toute tentative ciblant la sécurité de ce pays. « Ce qui touche la Tunisie nous touche aussi. Nous nous abstenons de toute ingérence dans les affaires intérieures de la Tunisie et quiconque menace sa sécurité nous trouvera à l’affût », a déclaré le président de la République. Il a souligné que
« l’Algérie ne tolérera aucune pression sur la Tunisie par des parties étrangères » et a rappelé le soutien apporté par l’Algérie pour aider la Tunisie à « voir le bout du tunnel ».
« Nous avons répondu à l’appel, lorsque la Tunisie, confrontée à la pandémie Covid-19, a sollicité l’aide de l’Algérie », a-t-il encore rappelé. Sur la situation actuelle il a estimé qu’ « il semble que la question dans ce pays est d’ordre constitutionnel » et a estimé que le président Kaïs Saïed est une personnalité cultivée, un démocrate et un patriote. À une question sur une prétendue demande d’asile en Algérie du président du Parlement tunisien, Rached Ghannouchi, le président Tebboune a tenu a rassuré que « Ghannouchi n’a pas demandé l’asile politique en Algérie », soulignant qu’il était prévu qu’il visite l’Algérie et soit reçu par les responsables de l’Assemblée populaire nationale. À une autre question sur son éventuelle visite en Tunisie, le chef de l’État a affirmé qu’il compte s’y rendre une fois que le nouveau gouvernement tunisien soit formé et y effectuera une visite d’État en compagnie d’une délégation ministérielle importante, au cours de laquelle toutes les conventions gelées entre les deux pays seront signées, ajoutant que « la Tunisie est un voisin exemplaire pour l’Algérie ».

« Si les Libyens ont besoin d’aide, nous sommes là »
Sur la Libye, le président Tebboune a affirmé que les élections constitueraient une solution définitive, estimant qu’il était possible d’étendre les échéances sur deux mois. « L’Algérie a affirmé, durant la Conférence de Berlin et même avant, que la solution définitive pour la Libye était la tenue des élections », a précisé le chef de l’État, indiquant que cette approche « est devenue par la suite une revendication pour les Nations unies ». Il a indiqué que les responsables en Libye « ont été sélectionnés sur ce principe et avaient convenu d’organiser des élections (…) mais le temps presse et il ne reste que trois mois avant leur tenue ». « Des parties souhaitent entraver implicitement ce processus, d’autant que les éléments de discorde sont là », a-t-il indiqué, appelant « les grandes puissances à intervenir en toute transparence à ce sujet ». Après avoir rappelé la modification de la date des élections en Libye et la tenue des législatives au mois de janvier prochain et non pas parallèlement à la présidentielle comme prévu initialement, le président Tebboune a déclaré : « Ce n’est pas grave. Si les Libyens ont besoin d’aide, nous sommes là ». « Nous avons proposé à nos frères libyens, qui sont venus en Algérie et qui ont reconnu les difficultés qu’ils traversent en raison des menaces suscitées par les parties qui cherchent à entraver le processus, qu’il n’était pas nécessaire d’organiser les élections en Libye le même jour », a soutenu le Chef de l’État. Ces élections, a poursuivi le président Tebboune, peuvent être organisées par région et cette opération pourrait durer deux mois, affirmant que « le plus important c’est qu’il y ait une véritable volonté populaire et à ce moment, personne ne pourra contester la légitimité des personnes élues ».
Réitérant l’appel lancé par l’Algérie quant à l’impératif retrait de mercenaires de Libye, le chef de l’État a rappelé que tous les participants à la Conférence de Berlin, dont les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU avaient été unanimes sur cette question.
M. Bendib