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MACRON A TENU DES PROPOS PROVOCATEURS À L’ÉGARD DE L’ALGÉRIE : Alger réagit fermement et riposte à Paris

La provocation n’émane pas, cette fois-ci, des politiques et médias de notoriété publique hostiles à tout ce qui se rapporte à l’Algérie. Loin s’en faut, car ce n’est pas un fait nouveau !

En l’espèce le « racistement » inné Eric Zemmour et sa « colistière » Marine Le Pen, en pleine pré-campagne présidentielle, montrent déjà la voie sur les plateaux de télévision. On en a entendu des vertes et des pas mûres. En revanche, on s’attend le moins à ce que l’actuel Président -qui mieux qu’Emmanuel Macron pour représenter la France officielle-s’imprègne des crédos de l’extrême droite pour chercher des noises à l’Algérie !
Ainsi, les propos tenus par le chef d’Etat français, ce jeudi dans les bureaux même de l’Elysée, lors d’une rencontre avec fils et filles de Harkis et autres assimilés de la France coloniale, n’ont rien à envier aux adeptes de la version soft du colonialisme moderne. Macron, rapporte le journal Le Monde qui a assisté à cette audience à laquelle ont été conviés quelque 18 « petits-enfants de la Guerre d’Algérie », a osé des piques pour le moins provocatrices à l’égard de l’Algérie, peuple, symboles et institutions. Si non comment explique le fait de poser des doutes sur l’existence de l’Etat algérien avant la guerre faite par la France à l’Algérie en 1954 ? A relever une façon -peu subtile- de rabâcher le fameux « bienfaits de la guerre » que de dénier notamment à l’Algérie une existence millénaire, qu’il tente à réduire à l’avènement de la colonisation française.
Les raccourcis historiques de Macron frisent le ridicule. Lorsqu’il avait convoité le palais de l’Elysée en tant que candidat, alors en campagne à Alger, avait qualifié la colonisation de crime contre l’humanité. Mais ça c’était avant, et depuis l’eau a coulé sous les ponts, et en tant que Président, il s’est fait trahi lui-même et rappelé par la vocation première les adeptes de l’Algérie-française. Lors de cette rencontre, Macron a même foncé des portes ouvertes en déclarant qu’avant la France, l’empire ottoman a colonisé l’Algérie. Mieux encore, Macron dira que la Turquie a « falsifié » l’histoire au détriment de son pays, la France, dont il tente de minimiser les massacres de la population algérienne et les dégâts matériels et moraux occasionnés à notre pays.
Passé l’histoire, le locataire de l’Elysée a poussé le bouchon trop loin en s’en prenant avec des propos peu amènes et agressifs à l’Algérie et à ses institutions. En déclarant que ce qu’il appelle les « ennemis de la France » ne sont pas issus de l’Algérie profonde, mais de l’Armée nationale populaire, le président français s’est rendu coupable d’un impair diplomatique lourd de conséquences sur les relations entre les deux pays et lequel incident ne passera pas inaperçu. Une provocation qui a vite fait réagir les hautes autorités de notre pays qui, ayant saisi la gravité des déclarations tenues par celui qui prétend avoir de « bonnes relations » avec son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune, et au même temps critique ouvertement son institution militaire, a pris d’ores et déjà les mesures qui s’imposent en pareilles circonstances diplomatiques. En sus, Macron a tenté le jeu dangereux de distinguer entre le peuple algérien-en évoquant le Hirak- des institutions, notamment l’Armée et la Présidence, alors que le front national est plus que jamais renforcé par ces mêmes attaques contre le pays.
Ainsi, nous apprend hier la présidence de la République, l’ambassadeur d’Algérie en France a été rappelé à Alger pour consultations au sujet des propos du chef d’Etat français. Au-delà de tout ce qui s’apparente au grand jour comme une campagne française dirigée en haut lieu contre notre pays, de quel droit un président français s’immisce-t-il dans les affaires internes de l’Algérie au moment où la diplomatie nationale fait son grand retour sur les scènes régionale, africaine et internationale ? En tout état de cause, l’Algérie suit de très près cette affaire et ne compte pas baisser les bras devant toute tentative de la déstabiliser et porter atteinte à sa souveraineté.
Farid Guellil

L’ambassadeur d’Algérie en France rappelé pour consultations
L’ambassadeur d’Algérie en France, Mohamed-Antar Daoud a été rappelé pour consultation, a-t-on appris samedi auprès de la présidence de la République. Un communiqué sera rendu public ultérieurement concernant cette question, a ajouté la même source.