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LUTTE CONTRE LE COVID-19 : Un angioscanner pulmonaire comme nouvelle découverte

La question, qui a tant intrigué les scientifiques, de savoir pourquoi l’état de nombreux patients atteints du coronavirus a tendance à se dégrader alors qu’ils ont encore, pour certains, 75% de capacité respiratoire, semble avoir été résolue à présent. Et c’est une découverte de portée mondiale dans la lutte contre le virus mortel.

En effet, l’étude menée par l’équipe du Pr Éric Delabrousse au CHU de Besançon (France) est considérée comme un « tournant » dans la lutte contre le coronavirus. Elle a été validée dans une revue scientifique américaine, et pas des moindres, car il s’agit de la toute prestigieuse revue « Radiology », une revue de référence mondiale dans le domaine médical. C’est une étude « en mode commando » menée avec mes confrères les Dr Franck Grillet, Julien Behr, Paul Calame et le Pr Sébastien Aubry. Le scanner sans injection n’est pas la pierre angulaire. Il faut réaliser un angioscanner
pulmonaire ! Nous ne comprenions pas pourquoi des patients se dégradaient sur le plan respiratoire alors que leur atteinte pulmonaire était modérée et parfois stable. Maintenant on comprend mieux », a révélé le Pr Éric Delabrousse, dans un exposé, au service radiologie de l’hôpital de Besançon.

De quoi s’agit-t-il réellement ?
L’angioscanner est un examen d’imagerie médicale avec injection de produit de contraste qui consiste à explorer les veines et les artères.
Selon cette étude scientifique, 100 patients au CHU Minjoz ont été explorés par cette technique. Jusque-là, les médecins utilisaient le scanner sans injection.
Après quelques jours, rapporte le Professeur français dans son étude, « des patients que l’on croyait dans un état stable avec 75% de capacité respiratoire présentaient une embolie pulmonaire, non décelée sur le scanner, et mortelle dans certains cas ».
Les cardiologues ou réanimateurs ne pouvaient d’ailleurs pas la déceler sachant que l’hypoxie étaient due à des caillots présents au sein de tous petits vaisseaux, que seul l’angioscanner parvient à détecter.
L’étude a donc révélé que les patients explorés par angioscanner pulmonaire dans cette étude, 23 (23%) avaient une embolie pulmonaire. Et pour cela « Notre recommandation est donc claire : il faut dorénavant proposer la réalisation d’un angioscanner pulmonaire au lieu du scanner thoracique sans injection aux patients Covid-19 ayant des signes de gravité » indique le professeur.
Des patients à Besançon ont pu déjà bénéficier de cette découverte. D’autres hôpitaux dans le monde vont reprendre les résultats de ce travail depuis sa validation par une revue scientifique américaine.
Pour les scientifiques auteurs de la découverte, la conclusion est toute simple : Injecter tous les patients Covid-19 sévère pour analyser leurs vaisseaux pulmonaires en même temps que leurs poumons, puis en cas d’embolie pulmonaire les dé-coaguler, car même une pneumonie Covid-19 modérée peut conduire à une embolie pulmonaire.
B. O.