Moutons

L’UNPA SUR L’EXPLOSION DES PRIX DU MOUTON : Un diktat des intermédiaires et des spéculateurs

Reçu, la veille, par le président Tebboune au palais d’El-Mouradia, le chef de file des paysans algériens revient sur la question de la hausse des prix des moutons à quelques encablures de la fête de l’Aïd El-Adha. Il tire à boulets rouges sur les intermédiaires qu’il accuse d’une mainmise sur le marché de bétail.

Le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), Abdellatif Dilmi, s’est exprimé hier sur le plateau de l’émission Echourouk-morning autour des prix des moutons qui explosent cette année alors que l’offre ne manque pas. Selon Dilmi, le marché est dominé par les spéculateurs et les barrons de l’informel. Ces derniers achètent le bétail en quantité avec un prix de gros pour le revendre à 30 000 ou à 40 000 DA de plus, a-t-il dénoncé, tout en poursuivant que ce sont ces mêmes personnes qui sont entrain d’épuiser le pouvoir d’achat des Algériens. Réitérant la position de l’union des paysans contre la spéculation, Dilmi a fait savoir que des propositions ont été faites aux ministères de l’Agriculture, Commerce, walis, et même aux élus des APC pour faire face à cela à travers l’ouverture des points de vente à travers les différentes wilayas ou les éleveurs pourraient vendre directement leur bétail aux consommateurs. Toujours dans le même contexte, Dilmi a relevé une baisse significative de la demande en dépit de la disponibilité du bétail ce qui fait que l’opération de vente est complètement stagnée. « C’est normal les citoyens n’achètent pas quand c’est cher », a-t-il expliqué réitérant son appel à trouver des solutions afin de stopper les spéculateurs et de permettre notamment aux éleveurs de se déplacer et de vendre par eux même leurs marchandises avec des prix raisonnables. D’autre part, Dilmi a noté une différence importante en matière de prix entre les wilayas. La différence du prix du mouton moyen dans les grandes villes telles qu’Alger, Oran ou Constantine, et les wilayas intérieurs (Djelfa, M’sila ou Laghouat) est estimé à 15000 voir 20000 DA.

La nécessité d’aller vers l’autosuffisance
Par ailleurs, le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens a relevé que le moment était venu afin de doubler les efforts et de renforcer la production des produits de large consommation notamment les légumes et les céréales signalant que l’Algérie n’a que le choix d’aller vers son autosuffisance alimentaire et de ne plus dépendre de l’importation. « C’est honteux qu’aujourd’hui encore nous attendons les containers de blé et de farine qui viennent de l’étranger que nous ne pouvons même plus acheter avec notre propre argent » a-t-il regretté. L’invité de l’émission a souligné, dans ce contexte, que des universitaires, des ingénieurs, des cadres et même des experts font des mains et des pieds pour intégrer le secteur de l’agriculture estimant à cet effet que c’est une opportunité qu’il faut absolument saisir en leur ouvrant les voies. L’objectif, a-t-expliqué, étant de laisser cette ressource humaine travailler de sorte à assurer l’autosuffisance de notre pays notamment pour ce qui est du blé, de la farine, du lait et de la pomme de terre et penser ensuite à l’exportation. Dans ce sens, Dilmi indique que son association compte à partir de la semaine prochaine se rendre au sud du pays afin d’organiser une assemblée générale avec les agriculteurs et les sensibiliser sur cette démarche, relevant qu’aujourd’hui le monde est en pleine mutation en raison surtout des guerres ce qui pousse la France d’ailleurs, a-t-il fait savoir, de ne plus vendre son blé pour répondre à la demande de son peuple et ce en raison de la guerre en Ukraine et les répercussion que celle-ci a eu sur les pays européens. « Nous avons les capacités humaines et matérielles qu’il faut absolument exploiter pour mettre fin à la dépendance alimentaire » a-t-il encore insisté.
Ania Nch