Il n’y aura pas de printemps continental pour le MC Alger cette saison. Battu (2-0) par les Mamelodi Sundowns lors de l’ultime journée de la phase de poules, le Doyen quitte la Ligue des champions avec un goût d’inachevé. Pourtant, au-delà du score et de la déception immédiate, cette élimination raconte surtout l’histoire d’un club en reconstruction, encore en apprentissage du très haut niveau africain. Le contexte était simple. Le MCA comptait 7 points et n’avait besoin que d’un nul pour valider son billet. Les SudAfricains, eux, jouaient leur survie devant leur public. Dans ce type de rendez-vous, l’expérience pèse lourd. Et dès la 6e minute, elle a parlé. Brayan Leon a profité d’un cafouillage pour ouvrir le score. Le plan algérois, basé sur la gestion et la maîtrise des temps faibles, a volé en éclats. Le reste de la rencontre a confirmé l’écart dans la gestion émotionnelle. Le Mouloudia a tenté de réagir. Il a procédé à des ajustements. Il a essayé de gagner du terrain. Mais il a manqué de justesse dans la dernière passe. À l’heure de jeu, Audrey Modiba a centré pour Leon, auteur d’un doublé (62’). Le break était fatal. Le MCA n’a jamais trouvé la ressource pour inverser la tendance. Dans l’autre match, Al-Hilal a battu St Eloi Lupopo (1-0) et validé sa première place. Le classement est sans appel : AlHilal (11 points), Mamelodi Sundowns (9), MC Alger (7), Lupopo (5). L’élimination est officielle. L’EXPÉRIENCE, CLÉ DE LA CONSTANCE Mais réduire cette campagne à une simple défaite en Afrique du Sud serait incomplet. Le MC Alger a surtout manqué la qualification au Congo, lors d’un rendez-vous où il avait l’opportunité de faire la différence. En Ligue des champions, la marge d’erreur est infime. Chaque déplacement est un examen. Chaque détail compte. Cette élimination doit aussi être analysée à l’aune du projet du club. Le MCA revient progressivement sur le devant de la scène africaine. Il a retrouvé une stabilité technique et administrative. Il est en bonne voie pour reconquérir le championnat national. Cette régularité locale est un premier pas. Elle est indispensable pour exister durablement sur le continent. La Ligue des champions de la CAF ne se gagne pas en une ou deux participations. Les grandes équipes africaines ont construit leur stature sur la continuité. Elles ont appris à gérer la pression des déplacements, l’intensité des matches couperets et la densité tactique des phases finales. Le Doyen doit s’inscrire dans cette logique. L’enjeu dépasse un simple résultat. Il s’agit d’installer une culture continentale. Participer régulièrement. Corriger les erreurs structurelles. Renforcer l’effectif avec des profils habitués aux joutes africaines. La régularité est la seule voie pour rivaliser avec les puissances établies. Le MC Alger quitte la scène africaine frustré, mais pas affaibli. S’il confirme sa domination nationale et revient la saison prochaine avec plus de maturité, cette élimination prendra une autre dimension. Car sur le continent, on ne triomphe pas par éclat. On s’impose par constance.
Mohamed Amine Toumiat













































