Le ministre français de la justice, Gérald Darmanin est arrivé, dimanche à Alger, accompagné d’une importante délégation, pour une visite de deux jours en Algérie.
Cette visite intervient dans un nouveau contexte pour les relations entre les deux pays, qui connaissent un réchauffement après des mois de froid. Elle traduit la volonté du président français, Emmanuel Macron de s’affranchir du discours de haine développé par la droite et ses extrêmes, qui avait, pendant plusieurs mois squatté certaines chaines de télévision françaises pour creuser encore plus le fossé entre Alger et Paris. Cette visite vient prouver également la volonté d’ouvrir une nouvelle page avec l’Algérie, pour tenter de retrouver grâce auprès de son ancienne colonie devenue aujourd’hui une force agissante dans la région d’Afrique du nord et de partenaire sûr et fiable pour de nombreuses capitales européennes et mondiales.
Les discussions entre le ministre de la Justice garde des Sceaux, Lotfi Boudjemâa et son homologue français porteront sur la reprise de la coopération judiciaire, les extraditions judiciaires, les expulsions de ressortissants placés sous obligation de quitter le territoire français (OQTF), et sur plusieurs autres dossiers du domaine judiciaire. La délégation qui accompagne Darmanin où figure entre autres le procureur national financier, Pascal Prache, laisse supposer que le dossier de la récupération des biens mal acquis par d’anciens membres de la « Issaba » figurera en bonne place dans le menu des discussions. Il sera également question de l’extradition de certains individus condamnés par la justice algérienne et faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international. Il y aurait aussi des discussions sur le cas du journaliste Christophe Gleizes détenu en Algérie pour apologie d’une organisation terroriste.
Il faut rappeler dans ce cadre, que durant la période de froid qui avait marqué les relations entre les deux pays, et conformément aux traités de coopération judiciaire entre la France et l’Algérie, la justice algérienne avait émis plusieurs commissions rogatoires qui n’avaient pas été appliquées par la justice française ce qui avait bloqué l’instruction de certains dossiers de certains anciens responsables qui avaient dissimulé leurs biens dans ce pays. D’ailleurs, l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet qui avait repris son poste à Alger après un peu plus d’une année d’absence, interrogé par la chaîne internationale « AL24News » en marge de la Journée internationale du vivre ensemble (16 mai de chaque année), a affirmé à ce propos : « évidemment, le dossier des biens mal acquis, le dossier des extraditions et le dossier de la criminalité organisée seront au cœur des entretiens entre le ministre algérien de la Justice et son homologue français, et entre les magistrats spécialisés des deux pays ». Romatet a affirmé que la France assume aujourd’hui pleinement la volonté de coopérer avec l’Algérie sur ces questions, assurant que : « Le ministre de la Justice vient avec le procureur général financier, avec la procureure générale chargée de la criminalité organisée, justement pour avoir des discussions de justice à justice, pour avancer sur le dossier des biens mal acquis ». « C’est un dossier fondamental pour l’Algérie, nous en connaissons la sensibilité », a-t-il souligné. Selon l’ambassadeur de France en Algérie, les dossiers judiciaires intéressant les deux pays sont « très importants, très sensibles, très complexes et très nombreux ». Il a rappelé, dans ce contexte, que le président français, Emmanuel Macron, a souhaité que le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, «vienne très vite en Algérie pour relancer la coopération judiciaire».
Relance du travail mémoriel
L’ambassadeur de France en Algérie a par ailleurs ajouté que les discussions porteront également sur « la lutte contre le narcotrafic qui est un sujet majeur tant pour la France que l’Algérie, avant d’annoncer la relance immédiate des travaux de la commission mixte des historiens, témoignant de la volonté de Paris de consolider le rapprochement amorcé ces dernières semaines entre les deux capitales. « Le président (Macron) a décidé que la Commission mixte des historiens reprendrait, sans délai, ses travaux, pour qu’ensemble, nous avançons sur ce chantier de la mémoire qui est si important pour l’Algérie », a-t-il souligné.
Il faut rappeler qu’après, la visite en Algérie du ministre français de l’intérieur Laurent Nunez, de celle de Mme Ségolène Royale la présidente de l’Association France-Algérie, de Mme Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants et des déclarations du président français Emmanuel Macron de fermer la porte devant les « Mabouls » qui appellent à une rupture totale avec l’Algérie, les relations entre les deux pays connaissant une éclaircie qui pourraient ouvrir de nouveaux horizons pour les peuples des deux pays qui bordent les deux rives de la méditerranée et qui sont appelés, à opérer un rapprochement stratégique eu égard à leur passé commun, aux intérêts de leurs peuples et surtout aux mutations que connaissent les rapports de force dans un monde en pleine mutation.
Slimane B.
Le président Tebboune reçoit le ministre français de la Justice
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu, hier, Gérald Darmanin, Garde des Sceaux, ministre français de la Justice, accompagné de l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet. L’audience s’est déroulée en présence de Brahim Merad, ministre d’État, chargé de l’Inspection générale des services de l’État et des collectivités locales, de Ahmed Attaf, ministre d’état, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, de Lotfi Boudjemâa, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, et de Amar Abba, conseiller auprès du président de la République, chargé des affaires diplomatiques.
R. N.















































