On connaissait les répliques des séismes avec intensité dégressives. Le séisme qui vient d’ébranler le Venezuela déroge à la règle. La première secousse a été d’intensité 7,2 dans l’échelle de Richter. La réplique qui a suivi, à peine 39 secondes après, a été plus forte à 7,5. Certains parlent de deux séismes. La BBC parle de « doublet sismique » qui veut dire la même chose tout en rapportant que des scientifiques admettent que c’est inhabituel. Ils (les scientifiques) soutiennent qu’il y a eu deux séismes avec un épicentre distant de 45 km. Ils admettent également « qu’il n’y a pas de consensus scientifique à ce sujet ». En réalité nous sommes face à un phénomène sismique inédit. Les entrailles de la terre ont toujours gardé leurs secrets. Que ce soit pour les phénomènes de secousses sismiques ou des éruptions volcaniques. Il est vrai qu’il peut paraître incongru et même déplacé de parler de science au moment où l’urgence est dans la recherche des survivants. C’est le rôle des secouristes. Pendant ce temps les observateurs du monde entier notamment ceux des régions sismiques comme notre pays, l’Algérie, s’interrogent sur ce séisme pas comme les autres. Surtout lorsque l’on sait que la notion de « doublet sismique » telle qu’elle est présentée par les scientifiques est si complexe que le commun des mortels n’y comprend rien. Le cas du séisme qui a frappé à la frontière entre la Turquie et la Syrie en février 2023 que les scientifiques citent volontiers, n’a rien de comparable avec celui du Venezuela. Certains évoquent le cas du séisme à l’Ouest de Caracas d’intensité 6,2 et 6,3 qui, a eu lieu en septembre 2025. Quoiqu’il en soit, il est très important de rechercher les explications à cette réplique plus forte que le séisme lui-même car toutes les normes édictées jusque là auraient besoin d’être mises à jour. Que ce soit dans le domaine de la construction ou dans celui des attitudes à respecter lors des secousses ou dans l’organisation des secours, une réactualisation s’impose. Comme nous l’avons déjà dit, nous sommes très attentifs aux nouveaux aspects que peuvent prendre les séismes à travers le monde. Notre pays est situé dans une zone très active en matière de tremblement de terre. A Chlef par exemple et en moins de 30 ans (1954 et 1980) il y a eu deux séismes qui ont totalisé environ 10 000 morts. Plus récemment, en 2003, la terre a tremblé à Boumerdès. Un peu avant, en 1989 Tipaza a été secouée. Au-delà de ces secousses aux conséquences dramatiques, la terre ne cesse d’être active dans ses entrailles. Quasiment chaque jour ou presque le CRAAG (Centre algérien de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique) publie des communiqués sur des séismes, heureusement de moindre intensité, qui ont lieu un peu partout à travers le pays. Ce qui explique l’intérêt que nous avons devant toute nouvelle caractéristique lors des tremblements de terre. Il faut rester humbles. La science n’a pas réponse à tout. Mais toute nouvelle découverte doit être partagée avec l’ensemble de l’humanité.
Zouhir Mébarki








































