Accueil Edito Le point d’ordre de l’ANIE

Le point d’ordre de l’ANIE

0

Les organisateurs des listes des candidats, partis politiques et indépendants, semblent avoir des difficultés d’interprétation des dispositions du cadre légal des élections législatives en cours dans le pays. S’agissant des quotas qui doivent être réservés aux femmes sur les listes électorales, le législateur algérien a tenu compte de la difficulté, dans certaines régions du pays, d’atteindre « le tiers de la liste par des candidates ». En cause le patriarcat qui, dans certaines localités du pays, atteint parfois un niveau où il est difficile de faire accepter un quota dans une fonction élective qui confère un pouvoir réel à la femme si elle en avait la charge. C’est le cas de la députation. Avec son immunité parlementaire. Avec son côté protecteur de la société. Avec l’émancipation de la condition féminine qui en découle. Ce sont de vieilles coutumes qui nécessitent du temps pour disparaître. Mais déjà, des avancées significatives ont lieu dans les villes où beaucoup de tabous, qui formaient des freins au progrès, sont tombés. Avec les nouveaux moyens de communication et les nouvelles technologies, il n’y a aucun doute que les relations humaines, sur l’ensemble de notre grand pays, connaitront rapidement une évolution à large spectre. Ce qui, pour cette obligation de quota, deviendra un non-sens. Jeudi 9 avril dernier, l’ANIE a publié un communiqué pour rappeler que « les listes de candidats, sous l’égide d’un ou de plusieurs partis politiques ou au titre d’une liste indépendante, n’ayant pas rempli la condition du tiers concernant la représentation des femmes, peuvent demander au coordinateur de wilaya au niveau de la circonscription électorale concernée de les faire bénéficier de l’exemption de cette condition requise pour la constitution d’une liste de candidats ». Samedi dernier, dans la soirée, l’ANIE est revenue sur le sujet pour plus de clarté. « L’ANIE informe l’ensemble des listes de candidats concernés par la demande d’exemption de la condition de représentation des femmes, faute d’avoir atteint le tiers des candidats requis par l’article 191 de l’ordonnance 21-01 du 10 mars 2021, que ladite exemption ne signifie en aucun cas une dispense de la représentation féminine, mais plutôt une exemption du quota… les listes doivent garantir l’inclusion du minimum de représentation féminine parmi les candidats, indépendamment du bénéfice de l’exemption de la condition du tiers » précise le communiqué. En d’autres termes, l’Autorité nationale indépendante des élections a voulu éviter que soient confondues « exemption » et « suppression ». Deux communiqués, en une semaine pour expliquer une exception. Au-delà des préjugés, une suppression du quota aurait été bien accueillie par certaines formations politiques. Ils auraient disposé, à leur guise, de la totalité de la liste. Le « réservoir » masculin leur offre l’embarras du choix pour établir des listes sans l’imposition de candidates qui rendent la compétition plus difficile. Les vieilles coutumes leur laissent un peu de temps. Très peu !
Zouhir Mebarki

Article précédentHADJ 2026La Protection civile forme les encadreurs
Article suivantCENTRES D’EXAMENS : Les portables sont strictement interdits