Staffan De Mistura

LE MAROC REJETTE STAFFAN DE MISTURA COMME NOUVEL ENVOYÉ PERSONNEL POUR LE SAHARA OCCIDENTAL : Le Front Polisario dénonce un blocage délibéré du processus de paix

Le représentant du Front Polisario auprès des Nations unies, Sidi Mohamed Omar, a dénoncé le Maroc qui « continue de perpétuer la stagnation du processus politique pour une solution au conflit du Sahara occidental, en rejetant officiellement la dernière proposition du secrétaire général de l’ONU de nommer le diplomate italien d’origine suédoise, Staffan De Mistura, comme son nouvel Envoyé personnel pour le Sahara occidental.

Sidi Omar a déclaré « que la position habituelle du Maroc a été caractérisée par une série de rejets de plusieurs candidats proposés par les Nations unies aux deux parties afin de nommer une personnalité pour occuper ce poste important ».
Le diplomate sahraoui a également souligné que « l’État marocain d’occupation a non seulement entravé la mission du secrétaire général de nommer un nouvel envoyé personnel pour le Sahara occidental, mais a également établi une série de conditions préalables qui excluent arbitrairement un groupe d’États membres de l’ONU , les pays scandinaves, l’Australie, la Hollande, la Suisse ou l’Autriche.
Le représentant du Front Polisario à l’ONU a réitéré le « rejet officiel et catégorique du Front Polisario de l’approche marocaine », soulignant la « nécessité de nommer un nouvel Envoyé personnel qui se caractérise par sa crédibilité, son indépendance, son intégrité et son impartialité ».
Un article orienté, publié le 25 mai dernier, sur un site du Makhzen, avait prétendu que l’ancien ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra «pourrait influencer De Mistura pour préparer déjà l’opinion marocaine au refus de cette candidature». L’article, diffusé il y a quelques semaines, plantait officieusement le décor avec une trame au niveau intellectuel de fable. Cette fable révélait l’embarras du Maroc à rejeter un médiateur impartial de réputation mondiale qui a prouvé sa compétence en Irak et en Syrie, entre autres.
«En vérité, cette décision injustifiée et injustifiable traduit la volonté du Maroc de ne plus participer à un processus, ni onusien ni africain, de paix au Sahara Occidental», font remarquer des sources proches du dossier, selon lesquelles le Maroc «se démasque». «Le Conseil de sécurité de l’ONU et l’Union africaine doivent assumer leurs responsabilités et mettre fin à la prise en otage par le Maroc et des territoires sahraouis occupés et des prérogatives de l’ONU et de l’UA», s’indignent ces sources.
Le régime marocain avait préparé le terrain à ce refus du diplomate italo-suédois en l’accusant ouvertement de parti pris pro-algérien. «On doit se souvenir que la fonction d’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour la Syrie avait failli être une question d’héritage. Au ministre algérien des Affaires étrangères Lakhdar Ibrahimi a succédé Staffan De Mistura, lequel devait laisser son poste à Ramtane Lamamra, autre ancien chef de la diplomatie algérienne. Et, dans une succession, les relations personnelles sont bien ajustées aux sympathies», lisait-on dans les médias marocains, qui pistaient les deux hommes [Lamamra et De Mistura] dont les chemins «se sont croisés de manière publique, à divers moments, pour diverses raisons, en divers lieux notamment, entre autres, à l’Institut international de Stockholm pour la recherche sur la paix (SIPRI) dont les positions et celles du pays d’accueil, à l’endroit du Maroc, sont notoires».
« Ramtane Lamamra étant bien un administrateur influent de ce suédois institut !» s’exclamait-on à Rabat, tel un lièvre effarouché. Après avoir atermoyé, en affirmant ne pas soulever d’«objections», Mohammed VI a tenté de gagner du temps «dans l’espoir d’engranger d’autres victoires sur ce dossier», indiquent des sources médiatiques. L’accord sans réserve donné par le Polisario a achevé de dissuader le régime marocain de soutenir le choix du secrétaire général de l’ONU, d’autant que le Maroc croit être adoubé par la majorité des membres de la Ligue arabe – hormis l’Algérie, la Syrie et le Liban – qui vient de le gratifier de sa caution pour sa politique étrangère faite de lubies d’enfant gâté à l’image de son souverain.
M. Bendib