Le conclave inter-libyen, à Genève reporté à aujourd’hui : le difficile processus du dialogue

Prévu pour entamer ses travaux, hier, le conclave du dialogue inter-libyen, sous l’égide des Nations unies, a été reporté pour se tenir, aujourd’hui, à Genève, Suisse. La reprise du processus de ce dialogue a été annoncée par l’Émissaire de l’Organisation des Nations unies (ONU) pour la Libye, Bernardino Leon, quelques jours après sa rencontre de deux jours, 30 et 31 juillet dernier, à Alger, avec les membres du Congrès général libyen (CGN). Avant le début des travaux du conclave inter-libyen en Suisse, le porte-parole de l’ONU,  Ahmed Fawzi, a fait savoir, lors d’une conférence de presse à Genève, qu’il n’a pas été précisé si les discussions directes sont prévues entre les acteurs libyens, durant ce conclave. Il est à noter que le report, à aujourd’hui, de la reprise du dialogue inter-libyen, de Genève, prévue initialement hier a été décidé pour permettre l’arrivée de l’ensemble des délégations participantes à ce conclave, sous l’égide de l’ONU. Le Représentant spécial de l’ONU avait appelé, lors de son annonce de la tenue, durant trois jours, de ce round de pourparlers, les principaux acteurs à «redoubler» d’efforts et de «continuer» à travailler ensemble pour «réduire» les différences existantes en vue de l’élaboration d’une plate-forme commune pouvant «constituer la base» pour le règlement de la crise politico-sécuritaire et institutionnelle en Libye. S’inscrivant dans la dynamique du long processus du dialogue inter-libyen, le round de Genève vise essentiellement à «développer l’accord de paix» signé par des acteurs libyens et non par le CGN. Les premiers objectifs escomptés par ces négociations sont, entre autres, l’arrêt des combats meurtriers, entre les frères libyens, et la formation d’un gouvernement d’union nationale. Le responsable onusien, Bernardino Leon, déclarant que sa médiation «veut un accord qui inclut toutes les parties sans exclure aucune», indiquant, à propos de sa rencontre précitée, avec les membres du CGN, à Alger, qu’elle a eu «pour objet de convaincre ceux qui ne sont pas d’accord avec le processus de sortie de crise». Il a fait savoir,  également, à cette occasion, que les discussions qu’il a eues, à Alger, avec des membres du CGN libyen, ont été l’occasion pour le Chef de la Mission onusienne en Libye d’«explorer moult questions politiques et sécuritaires avec les représentants du CGN», a-t-il précisé. Par ailleurs, sur la mise en œuvre de l’accord proposé par l’ONU, pour le règlement de la crise libyenne, et avec la reprise du processus de dialogue inter-libyen, à Genève, ce dernier devra porter, notamment, sur les points additifs devant accompagner l’accord en question, entre les parties concernées. Ce qui a été au centre des déclarations de responsables d’Alger et du Caire, quelques jours, avant le début de la rencontre de Genève. Au terme des discussions entre le ministre algérien des Affaires maghrébines, de l’Union africaine (UA) et de la Ligue arabe, Abdelkader Messahel, et le chef de la diplomatie égyptienne, Sameh Choukri, jeudi dernier, au Caire, les deux hommes ont affirmé, en effet, qu’il y a «convergence» sur le dossier libyen. Déclarant qu’il y a «urgence» pour Alger et Le Caire de la mise en œuvre de l’accord, et de l’accélération des négociations sur les annexes devant accompagner cet accord, en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale libyen, pour la gestion de la l’étape transitoire en Libye. Appelant, par la même occasion, «à situer les responsabilités et à prendre des sanctions contre tous ceux qui entravent le processus», en cas d’échec des négociations, «comme recommandées par les Nations unies», ont-ils averti. La situation chaotique en Libye, favorisant le pire scénario pour l’avenir du peuple libyen et le pays, en premier lieu, est porteuse de risques et de menaces majeurs pour la sécurité des pays voisins à la Libye, notamment, L’Algérie et l’Égypte. Et, c’est pour éviter ce pire, et contrer les conséquences de ce chaos que les déclarations d’Abdelkader Messahel et Sameh chokri ont été de cette teneur, jeudi dernier, à moins de quatre jours, du début du conclave inter-libyen, aujourd’hui. Dans une lettre de Bernardino Leon, adressée à Abdelkader Messahel, après les consultations qu’a eues ce responsable onusien, à Alger, avec les représentants du CNG libyen, l’Émissaire de l’ONU lui a exprimé ses «remerciements» au gouvernement algérien «pour les efforts constants  qu’il ne cesse d’apporter pour soutenir la médiation de l’ONU, en vue d’une solution politique en Libye, visant la formation d’un gouvernement d’union nationale». Notons que le processus de dialogue inter-libyen a connu une interruption, et vient d’être repris, à travers le conclave de Genève, à près de dix jours après la rencontre d’Alger du Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la Libye, Bernardino Leon, avec une délégation du CGN, libyen. «Si, certaines des parties continuent d’avoir des réserves sur ce qui a été accompli à ce jour», a-t-il indiqué, Bernardino a souligné qu’«il est important pour toutes les parties de continuer à s’efforcer d’aborder, et de résoudre, conjointement, ces questions dans le cadre du processus de dialogue», a-t-il déclaré, fin juillet, à Alger. Le conclave du dialogue inter-libyen, qui s’ouvre, aujourd’hui, à Genève, semble être l’occasion pour les parties libyennes de doubler d’efforts, pour éviter à la Libye d’atteindre le point de non-retour dans le sable mouvant dans lequel le pays se débat, depuis l’effondrement de ses institutions, avec la chute du régime El-Ghuedafi, il y a près de quatre ans.
Karima Bennour

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