Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a appelé à une mobilisation politique et diplomatique collective pour mettre en échec les projets israéliens de judaïsation d’El-Qods occupée, mettant en garde contre la poursuite des politiques de colonisation et de modification du caractère historique et démographique de la ville.
Intervenant hier lors de la réunion ministérielle de soutien à El-Qods dans la capitale Jordanienne, Oman, Attaf a dénoncé la poursuite par la puissance occupante de ses plans visant à altérer l’identité de la Ville sainte. Il a plaidé pour l’activation des mécanismes internationaux à même de protéger les droits du peuple palestinien et de renforcer la résilience des Palestiniens d’El-Qods, notamment à travers un soutien accru aux institutions palestiniennes opérant dans la ville. Il a, par ailleurs, réaffirmé la constance de la position de l’Algérie en faveur de la cause palestinienne, soulignant la disponibilité du pays à contribuer à toutes les initiatives et démarches destinées à protéger El-Qods et à faire face aux violations commises par les autorités d’occupation. Pour sa part, la ministre palestinienne des Affaires étrangères, Varsen Aghabekian Shahin, a plaidé pour la mise en œuvre d’un « plan de sauvetage collectif » reposant sur des mesures concrètes et un soutien financier urgent aux institutions de Jérusalem. Elle a estimé que les déclarations de solidarité ne suffisent plus face à la gravité de la situation.
Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a, quant à lui, appelé à passer de la solidarité politique à des actions concrètes, en s’appuyant notamment sur l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice, tout en renouvelant son appel à l’admission de la Palestine comme membre à part entière de l’Organisation des Nations unies.
Dans son allocution d’ouverture, le vice-Premier ministre et ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a accusé Israël de consolider son occupation illégale d’El-Qods-Est à travers la poursuite de la colonisation, l’annexion de terres, la confiscation de biens palestiniens, les restrictions imposées aux habitants de la ville et l’isolement de Jérusalem du reste du territoire palestinien occupé. De son côté, le secrétaire général de la Ligue des États arabes, Nabil Fahmy, a averti que les politiques israéliennes risquent d’alimenter un conflit religieux aux conséquences graves pour la région et la communauté internationale.
Il a estimé que les groupes de colons extrémistes, soutenus par le gouvernement israélien, cherchent à transformer le conflit israélo-palestinien d’un différend politique susceptible d’être résolu en un affrontement à caractère religieux. Le SG de la Ligue arabe a appelé au lancement d’un programme arabe global destiné à renforcer la résilience des habitants d’El-Qods, en soutenant les secteurs de l’éducation, de la santé, du logement et du développement, dans un contexte marqué par la fermeture des locaux de l’UNRWA à El-Qods, les démolitions de maisons et les pressions croissantes exercées contre les Palestiniens.
Enfin, le vice-Premier ministre irakien et ministre des Affaires étrangères, Fouad Hussein, a insisté sur la nécessité de préserver l’unité des positions arabes et islamiques et de renforcer l’action diplomatique commune. Il a également réaffirmé le soutien de son pays à l’UNRWA et à la poursuite de ses missions au service des réfugiés palestiniens.
Une partie intégrante du territoire palestinien occupé
Cette réunion a connu un communiqué final, dans lequel les participants ont réaffirmé qu’Israël ne dispose d’aucune souveraineté sur la ville et ont renouvelé leur soutien à la tutelle hachémite sur les lieux saints musulmans et chrétiens. Soulignant qu’El-Qods-Est constitué une partie intégrante du territoire palestinien occupé et qu’elle doit devenir la capitale de l’État de Palestine indépendant et souverain, dans les frontières de 1967, conformément à la solution à deux États, permettant aux deux peuples de vivre dans la paix et la sécurité. Les ministres ont également réitéré leur soutien à la tutelle hachémite historique exercée par le Royaume hachémite de Jordanie sur les lieux saints islamiques et chrétiens d’El-Qods. Ils ont salué son rôle dans la protection de ces sanctuaires, la préservation de leur identité arabe, islamique et chrétienne, ainsi que le maintien du statu quo historique et juridique qui les régit.
Pour rappel, la réunion a rassemblé les ministres des Affaires étrangères des pays membres du Comité ministériel arabe, à savoir l’Algérie, la Jordanie, la Tunisie, l’Arabie saoudite, la Somalie, l’Irak, la Palestine, le Qatar, l’Égypte et le Maroc, en présence du secrétaire général de la Ligue des États arabes. Les travaux ont également enregistré la participation des ministres des Affaires étrangères de la Turquie, de l’Indonésie, du Pakistan et de la Malaisie, témoignant d’un large soutien régional aux efforts diplomatiques visant à protéger El-Qods occupée et à faire face aux politiques israéliennes dans la Ville sainte. Les participants ont enfin réaffirmé leur attachement au droit international et aux résolutions pertinentes des Nations unies, appelant la communauté internationale à assumer ses responsabilités afin de mettre un terme aux violations commises dans les territoires palestiniens occupés, en particulier à El-Qods-Est.
Sarah O.
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