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PRÈS DE TROIS ANS APRÈS LE MASSACRE DE SABRA À GHAZA : 112 martyrs palestiniens enfin inhumés

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Près de trois ans après le massacre de Sabra, dans la ville de Ghaza, 112 Palestiniens ont enfin été inhumés après l’extraction de leurs dépouilles des décombres d’un immeuble détruit par les bombardements de l’occupation sioniste.
Cette cérémonie, chargée d’émotion, intervient alors que les opérations militaires se poursuivent dans l’enclave malgré le cessez-le-feu, tandis que la Cisjordanie occupée connaît une nouvelle escalade marquée par des incursions, des arrestations, des démolitions d’habitations et des violences de colons. Les familles Abou Sharia et Al-Husayneh ont enfin pu faire leurs adieux à 112 de leurs proches, morts en novembre 2023 sous les décombres d’un immeuble du quartier de Sabra, dans la ville de Ghaza. Le bâtiment, où s’étaient réfugiés des centaines de déplacés après la destruction de leurs habitations, avait été pulvérisé lors d’un bombardement ayant coûté la vie à plus de 300 Palestiniens, parmi lesquels 44 enfants, 37 femmes et plusieurs personnes en situation de handicap. Faute d’engins de déblaiement et en raison de la poursuite des bombardements, les équipes de la Défense civile palestinienne n’ont pu reprendre les recherches qu’à partir de la mi-juillet. En dix-sept jours, elles sont parvenues à récupérer les restes de 112 victimes. Pour les familles, cette inhumation constitue un soulagement mêlé d’une douleur toujours intacte. « Nous pouvons enfin honorer nos martyrs, mais la souffrance demeure la même qu’au premier jour », confie l’un des proches des victimes. Selon Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile palestinienne, des milliers de disparus demeurent encore ensevelis sous les décombres. Le Comité gouvernemental chargé des personnes disparues estime à près de 6 000 le nombre officiel de Palestiniens toujours portés disparus, tout en soulignant que ce chiffre pourrait atteindre 15 000. Parmi les victimes figurait notamment Mofeed Al-Husayneh, ancien ministre palestinien des Travaux publics et du Logement, qui avait accueilli près de 200 membres de sa famille dans son habitation après la destruction de leurs maisons. Le bâtiment a lui aussi été pris pour cible, provoquant la mort de nombreux réfugiés.

Un bilan humain qui continue de s’alourdir
Dans son dernier rapport quotidien, le ministère de la Santé de Ghaza indique que, depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 11 octobre 2025, 1 254 Palestiniens ont été tués, 4 121 autres blessés et 804 corps extraits des décombres à la suite des violations répétées de la trêve par l’occupation. Au cours des dernières vingt-quatre heures, quatre nouveaux martyrs ont été enregistrés, dont deux personnes décédées des suites de leurs blessures et deux autres retrouvées sous les gravats, en plus d’un blessé. Les autorités sanitaires précisent que de nombreuses victimes demeurent encore sous les décombres ou dans des secteurs inaccessibles aux équipes de secours en raison de la poursuite des opérations militaires. Depuis le début de l’offensive, le 7 octobre 2023, le bilan officiel s’élève désormais à 73 381 martyrs et 174 231 blessés.

L’occupation poursuit ses attaques contre Ghaza
En dépit du cessez-le-feu, les forces de l’occupation sioniste poursuivent leurs bombardements et tirs d’artillerie contre plusieurs secteurs de la bande de Ghaza. Un Palestinien, Mohammad Bassam Mushtaha, est décédé des suites de blessures subies lors d’un précédent bombardement contre la ville de Ghaza. Des véhicules militaires ont ouvert le feu au nord du camp d’Al-Bureij, tandis que l’artillerie pilonnait intensément le secteur. Les bombardements ont également visé l’est et le sud-ouest de Khan Younès ainsi que le quartier d’Al-Tuffah, à l’est de la ville de Ghaza. Selon des sources locales, les frappes aériennes, les destructions d’infrastructures et les restrictions imposées à l’entrée de l’aide humanitaire et des fournitures médicales se poursuivent dans l’ensemble de l’enclave.

Nouvelle escalade en Cisjordanie occupée
En parallèle, les forces de l’occupation ont multiplié les incursions dans plusieurs villes et villages de la Cisjordanie occupée. À Tulkarem, plusieurs monuments dédiés à des figures nationales palestiniennes ont été détruits, tandis que des portraits de martyrs ont été arrachés dans plusieurs localités. Ces opérations interviennent alors que l’offensive contre la ville et les camps de réfugiés de Tulkarem et de Nour Shams se poursuit pour le 555e jour consécutif, provoquant morts, blessés, destructions et déplacements forcés. À Beit Fajjar, au sud de Bethléem, les soldats ont lancé des grenades lacrymogènes et assourdissantes avant de saccager un commerce. D’autres incursions ont également été signalées dans plusieurs localités du gouvernorat de Naplouse.

Un jeune palestinien blessé près d’El-Qods occupée
Les opérations militaires se sont également intensifiées dans les environs d’El-Qods occupée. Un jeune Palestinien a été blessé par balle au pied près de la porte d’Al-Dahiya, dans la localité d’Al-Ram, alors que les forces de l’occupation lançaient une vaste opération dans le camp de réfugiés de Qalandia. Selon le Croissant-Rouge palestinien, la victime a reçu les premiers soins avant d’être transférée à l’hôpital. Des sources locales rapportent que les soldats ont pris d’assaut le siège du Comité populaire du camp, expulsé plusieurs familles de leurs habitations, interdit la prière de l’aube dans les mosquées et agressé plusieurs habitants ainsi que le journaliste Mohammad Samreen. Plusieurs Palestiniens ont également été arrêtés. La Commission palestinienne de lutte contre le mur et la colonisation indique que les forces de l’occupation et les colons ont commis 2 256 agressions au cours du seul mois de juillet, dont 1 458 directement attribuées à l’armée de l’occupation.

Démolitions, arrestations et violences des colons
À Bethléem, deux maisons habitées ont été détruites dans la localité de Nahhalin après l’expulsion forcée de leurs occupants, tandis qu’une autre habitation a été rasée dans le village d’Al-Minya. Dans les territoires palestiniens occupés de 1948, les autorités de l’occupation ont également démoli la maison de Monir Bakri à Al-Bi’na, en Galilée, après avoir expulsé la famille sous la menace des armes. Au moins treize Palestiniens ont par ailleurs été arrêtés lors d’une vaste campagne menée dans plusieurs gouvernorats de Cisjordanie occupée, tandis que de nombreuses habitations ont été perquisitionnées. Les autorités de l’occupation ont également notifié des ordres de démolition visant plusieurs installations touristiques à l’est de Jénine. Dans le même temps, des colons ont saboté une conduite d’eau alimentant plusieurs familles palestiniennes dans la région de Tubas et installé de nouvelles structures laissant craindre la création d’un nouveau point de colonisation. À Beit Iskaria, au sud de Bethléem, des bulldozers ont nivelé des terres agricoles en vue d’étendre la colonie de Gush Etzion. Dans le gouvernorat de Ramallah, des colons ont attaqué le véhicule d’un agriculteur palestinien, tandis qu’au sud d’ElKhalil, les forces de l’occupation ont détruit deux salles de classe et une unité sanitaire de l’école de Shaab Al-Butum, dans la région de Masafer Yatta. Entre les milliers de disparus encore ensevelis sous les décombres de Ghaza, les violations persistantes du cessez-le-feu, l’intensification des incursions militaires, les démolitions d’habitations et les violences des colons en Cisjordanie occupée, la situation humanitaire et sécuritaire continue de se dégrader. Malgré les appels de la communauté internationale à la protection des civils et au respect du droit international, les Palestiniens demeurent confrontés à une crise qui ne cesse de s’aggraver.
M. Seghilani

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