SID AHMED AGOUMI : Un acteur hors pair s’en va

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Sur les planches comme sur les plateaux, Sid Ahmed Agoumi, qui s’est éteint hier dimanche à l’âge de 86 ans, y a injecté avec élégance et art son talent brut et génie de comédien hors pair, à travers une carrière « remplie » de soixante ans au service du théâtre et du cinéma.
Connu pour ses nombreux rôles au petit comme au grand écran, Agoumi, comédien à l’élégance rare, a participé dans plus de cinquante films dont « Z » de Costa Gavras, en plus de sa présence remarquable sur les planches à travers de nombreuses pièces comme « Babor Ghraq » avec Slimane Benaissa. Le journaliste et écrivain, Nadjib Stambouli, le décrit dans son recueil de portraits d’hommes de culture et d’intellectuels « Ma piste aux étoiles » (2015), comme « un homme de théâtre exigeant » et « quelqu’un en éternelle représentation, si habité par le théâtre qu’il semblait y être né, dans les coulisses ». Né le 5 octobre 1940 à Alger, Sid Ahmed Agoumi a laissé derrière lui une carrière de 60 ans, jalonnée de rôles « légendaires » au théâtre, au cinéma et à la télévision, qui l’ont fait connaitre du grand public de tous âges. C’est dans les années 1960 que le jeune Sid Ahmed foule les planches du théâtre où il participe dans plusieurs pièces comme « Les enfants de la Casbah », « Le cadavre encerclé », « Le vent » et « L’homme aux sandales de caoutchouc ». Au cinéma, Agoumi a été distribué dans de nombreux films et téléfilms, notamment « Les Hors-la-loi » de Tewfik Farès et « Automne, octobre à Alger » de Mohammed-Lakhdar Hamina. Au petit écran, il s’est illustré dans de nombreuses productions télévisées à succès, notamment « Gourbi Palace » de Bachir Derraïs, « El-Massir » de Djamel Fezzaz et « Un rendez-vous avec le destin » (2007), de Djafer Kacem. Avec ce dernier, il sera distribué en 2015 dans la série télévisée « Achour El-Acher » où il incarne, avec succès, le personnage « Qandil », l’un de ses rôles les plus marquants et populaires de ces dernières années. Agoumi a eu également à diriger notamment le Théâtre régional de Annaba et le Théâtre national algérien (TNA), en plus de la Maison de la culture de Tizi-Ouzou.

Le président Tebboune : « Un homme de la trempe des grands et un ami doté d’un sentiment patriotique et humain élevé » 
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a adressé, hier, un message de condoléances à la famille du défunt artiste. « Nous avons appris avec douleur la nouvelle du décès de l’ami, l’artiste Ahmed Meziane (Sid Ahmed Agoumi), retourné auprès du Tout-Puissant. Nous partageons votre affliction, ainsi que celle des artistes, des intellectuels et de son large public, pour la perte de l’un des noms les plus célèbres et les plus prestigieux, dont l’apport artistique s’est étendu sur des décennies dans la scène culturelle et artistique de notre pays », écrit le président Tebboune, ajoutant qu’il « fait ses adieux avec une profonde tristesse à un acteur talentueux et à un intellectuel jaloux de la culture du pays et de l’authenticité de l’art algérien, lui qui a marqué de sa présence distinguée plus de 50 films et œuvres cinématographiques et télévisuelles, locales et internationales .. et a brillé avec un professionnalisme reconnu dans des films célèbres tels que le film ‘’Z’’ ». Le chef de l’Etat poursuit en affirmant partager avec la famille du défunt et la famille de la culture en général, « ces moments émouvants et les sentiments de regret et de douleur pour la perte d’une figure dont les œuvres théâtrales et cinématographiques ont accompagné les générations depuis les années soixante du siècle dernier, et que j’ai personnellement connu comme un homme de la trempe des grands et un ami doté d’un sentiment patriotique et humain élevé ». « Je vous adresse, ainsi qu’à la famille culturelle et artistique, mes condoléances les plus sincères et mes sentiments de compassion les plus profonds, priant le Seigneur Tout-Puissant de vous accorder patience et réconfort, et d’accueillir notre cher disparu avec Sa Grande miséricorde et Son pardon dans Son vaste paradis éternel », conclut le message de condoléances.
R. C.