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LA RÉVISION DE L’ACCORD D’ASSOCIATION AVEC L’UNION EUROPÉENNE EST DEVENUE UNE NÉCESSITÉ : « L’Algérie a changé, nous ne sommes plus en 2005 »

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Le président Abdelmadjid Tebboune est revenu sur l’accord d’association avec l’Union européenne (UE) conclu en 2015 en confirmant que la nouvelle situation économique de l’Algérie exige sa révision.
Lors de son entrevue périodique avec les représentants des médias nationaux, diffusée lundi soir sur les chaînes de Télévision et de Radio nationales, il a rappelé que sa signature était intervenue dans des circonstances exceptionnelles, marquées par la dépendance totale de l’économie nationale aux exportations de pétrole. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. L’accord avait été conclu dans un contexte tout à fait différent. Le président Tebboune a rappelé que l’Algérie sortait à peine de la « décennie noire » et que sa résilience n’aurait pas été possible sans l’unité du peuple algérien. Le Président a ajouté que l’accord avec l’UE (entré en vigueur en septembre 2005, ndlr) était alors un moyen de rompre l’isolement imposé à l’Algérie. Grâce à la diversification de sa production, l’économie algérienne dispose désormais de capacités, cet accord doit en tenir compte, a-t-il soutenu. Il a cité à titre d’exemple le secteur du ciment, dont l’Algérie importait 3 millions de tonnes en 2016, avant que ses capacités de production ne dépassent 40 millions de tonnes. Il a fait remarquer qu’on ne pouvait exiger de l’Algérie qu’elle cesse ses exportations et qu’il ne pensait pas que ce soit ce que souhaitaient ses partenaires européens. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a affirmé que l’Algérie est devenue un « partenaire fiable et stable » pour ses partenaires étrangers, notamment européens. Il a plaidé pour une révision de l’accord d’association avec l’UE, estimant que l’économie algérienne a profondément évolué et que les relations doivent être rééquilibrées. Pour le président Tebboune, les relations algéro-européennes ne devraient pas être affectées par les positions d’une seule partie cherchant à les saboter. Un facteur favorise aujourd’hui le processus de révision de l’accord d’association ; les bonnes relations qu’entretient l’Algérie avec la quasi-totalité des pays européens, a fait remarquer le président de la République. Il a indiqué avoir insisté, lors de ses rencontres avec les dirigeants européens, notamment espagnols et allemands, sur la nécessité d’ouvrir davantage le marché européen aux produits nationaux. Le président Tebboune n’a pas manqué de faire observer que la qualité des produits algériens, notamment les matériaux de construction, les produits sidérurgiques et les produits agricoles et agroalimentaires, leur permet d’accéder aux marchés européens, précisant que la demande algérienne a été favorablement accueillie par plusieurs pays européens, à leur tête l’Italie. La révision de l’accord d’association qui lie notre pays à l’UE se fera non seulement avec une Algérie redressée économiquement et plus stable politiquement, marquée également par une plus forte cohésion sociale, mais aussi dans un système de relations internationales transformées qui tend vers des rapports d’égal à égal. En fait, l’Algérie n’a pas attendu la révision de l’accord d’association avec l’UE pour prendre les mesures correctives comme l’assèchement progressif des importations inconsidérées, venues d’Europe, de tous types de produits superflus au détriment à la fois de la production nationale et de l’utilisation des ressources des hydrocarbures pour l’investissement productif. Les importations inutiles ont permis une dilapidation des ressources en devises du pays, le détournement de devises par le biais de la surfacturation et la constitution de fortunes colossales à l’étranger et en Algérie. Il s’agit également de la mise en place de restrictions par le biais de taxes douanières sur les produits à importer pour protéger et favoriser la production nationale, notamment pour les matériaux de construction : carrelage, menuiserie aluminium, produits électriques, climatisation, chauffage, robinetterie, … Ces mesures ont permis de réduire considérablement la facture d’importation. Tout cela n’avait pas plu à l’UE.
M’hamed Rebah

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