Harrach

INCARCÉRÉS DANS PLUSIEURS WILAYAS DU PAYS : À quand la libération des détenus d’opinion ?

À l’instant où la scène politique est en effervescence avec l’approche de l’échéance électorale, les arrestations et le maintien en prison des acteurs politiques et militants demeurent d’actualité, et ce, à travers les différentes wilayas du pays. Bien qu’Alger figure en tête de liste des arrestations, les jeunes issus des autres wilayas de l’Est et de l’Ouest sont, eux aussi, arrêtés lors des manifestations.
C’est le cas, notamment à Tlemcen, où une dizaine de manifestants ont été placés en garde à vue, pour être présentés devant le procureur de la République, après avoir investi le siège de la mairie de la ville pour exprimer  leur refus de l’élection présidentielle du 12 décembre prochain. En guise de solidarité avec ces manifestants arrêtés, plusieurs personnes ont manifesté durant la matinée d’hier, devant le tribunal de la ville.
Du côté d’Oran, un autre rassemblement a été organisé, hier matin, devant le tribunal de la ville où devrait se présenter le journaliste Saïd Boudour placé en garde à vue au commissariat d’Oran.
à Annaba, Abbas Benlarbi a été arrêté par les services de sécurité avant d’être relâché. Celui-ci n’est autre que le père du militant Samir Benlarbi, qui est incarcéré à la prison d’El Harrach. Les charges retenues contre Abbas Benlarbi sont « incitation à attroupement non armé », « atteinte à corps constitué » et «  incitation au boycott des élections ». Une chose est sûre, la présentation de ces détenus devant les différentes juridictions se poursuivra dans les jours à venir. C’est le cas à Alger, où les manifestants Ould Taleb Amine, Chatri Mouloud, Boudraâ Abderrahmane seront auditionnés par le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed le jeudi 10 octobre 2019. Quant à eux, les Bibi Makhlouf et Ouidir Khaled seront auditionnés dans le fond par le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed, demain. Des actions de solidarité seront tenues devant ladite juridiction. Il ne se passe pas une semaine sans que ce même tribunal ne décide des mises en détention préventive de manifestants arrêtés lors d’actions de rue pourtant pacifiques. Ainsi, la liste des personnes placées en détention préventive risque de s’allonger davantage. Les différentes associations et collectifs nés pour soutenir ces détenus ne semblent pas lâcher de lest en tenant des actions de contestation quasiment quotidiennes. De surcroît, les arrestations de manifestants lors des marches ont provoqué une vague d’indignations au sein de la classe politique et parmi les acteurs de la société civile nationale et internationale. Surtout que certains de ces détenus ont décidé d’entamer une grève de la faim. Hélas, les avocats, quant à eux, n’ont pas de données claires au sujet du nombre de ces détenus. Ils se contentent de se constituer pour défendre une centaine d’entre eux, mais nombreux sont ceux qui sont incarcérés et ne sont pas connus par l’opinion publique.
Lamia Boufassa