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IL EXCLUT TOUTE INSTRUMENTALISATION DU COVID-19 CONTRE LE HIRAK / Abdelaziz Djerad : « Il y va de la vie de nos frères et sœurs ! »

S’exprimant hier, sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio nationale, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a jugé « absurde » l’idée selon laquelle le gouvernement voudrait, à travers sa décision d’interdire les rassemblements, instrumentaliser le coronavirus pour empêcher et mettre fin aux marches du Hirak, mettant en garde contre des « tentatives de manipulation ».

«Je pense que les Algériens sont très conscients de cela. Il faut faire très attention aux manipulations et aux voix qui souhaitent amener le pays vers le chaos », a-t-il mis en garde. « Que voulez-vous que je vous dise face à l’absurdité. Aujourd’hui, le pays est face à une pandémie mondiale et on accuse le gouvernement d’être derrière cela. Entre le sublime et le ridicule, il y a un pas », a-t-il poursuivi, d’une voie empreinte d’émotion. Il lancera ainsi un appel à « nos frères et sœurs qui sortent le vendredi à faire attention, il s’agit de leur vie et de leur santé ».
Depuis le premier cas de coronavirus, enregistré en Algérie, des appels sont apparus sur les réseaux sociaux pour une suspension temporaire des marches hebdomadaires (vendredi et mardi), alertant qu’il faut prendre au sérieux la menace virale du Covid-19. À contre courant, des appels se sont opposés à cet avis, pour le moins sage, à l’endroit du Hirak, pour maintenir leur mot d’ordre pour un changement « radical » du régime dans le pays. « Le Hirak du 22 février n’est plus le Hirak d’aujourd’hui », a insisté Djerad, expliquant qu’« il y a une évolution et c’est à eux d’apprécier, individuellement et collectivement. La responsabilité est individuelle et collective. Nos jeunes souhaitent, par leur fougue aller vers des ruptures, mais il faut y aller de manière sereine et intelligente ». Le Premier ministre a relevé qu’au niveau du Hirak « certains croient que le gouvernement cherche à trouver des justifications politiques pour l’interdire ». Prétendre que « le peuple est contre ses dirigeants est un mensonge », a souligné le Premier ministre pour qui, « aujourd’hui, à l’heure où je vous parle, le président de la République est dans son bureau en train de suivre les évolutions ».

Le chantier de la nouvelle Constitution
Djerad a noté que le chantier politique « extraordinaire » de la nouvelle Constitution, « qui va être annoncée bientôt et qui sera débattue par toute la classe politique », est déjà lancé. Il a, dans ce sillage, lancé un appel « aux élites politiques de notre pays pour prendre conscience et assumer leurs responsabilités, dire à tous les citoyens que c’est une occasion extraordinaire pour s’en sortir, travailler pour que notre pays devienne une réelle démocratie et un pays de liberté ». Il a souligné, par ailleurs, que cette pandémie mondiale peut être une possibilité pour nous de nous unir, face à ce danger, à amener notre peuple, qui a toujours été uni face à l’adversité, à sortir de cette crise et des « griffes des manipulateurs et ceux qui veulent le pousser « vers l’inconnu et l’impasse ».

Plus d’indépendance de la Justice
Évoquant le secteur de la Justice, Djerad a estimé que c’est un des piliers du programme du président de la République, soutenant qu’il constitue un « des fondements de la démocratie et qui doit retrouver sa sérénité et son indépendance ». Il a ajouté que dans la prochaine Constitution, la séparation des trois pouvoirs était « essentielle », et qui permettra à la Justice de prendre ses décisions de « manière indépendante ».
Dans ce contexte, il a noté que la poursuite de tous les responsables de dilapidation des deniers publics était déjà faite et ça va continuer: « Je crois que c’est une dissuasion pour ceux qui seront tentés de toucher aux biens de ce peuple », a suggéré, ce qui sous-tend à un avertissement, le Premier ministre.
Hamid Mecheri