GHAZA : Une enfance entre deuil, exil et survie

0

Près de 800 000 enfants palestiniens restent déplacés dans la bande de Ghaza, où les conséquences de la guerre continuent de peser lourdement sur leur sécurité, leur santé et leur éducation.
Selon l’UNICEF, plus de 340 enfants ont été tués depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre 2025.
Près de 60 000 enfants dans la bande de Ghaza ont perdu leur père, leur mère ou leurs deux parents à la suite de la guerre génocidaire menée par l’occupant sioniste, a révélé vendredi un porte-parole du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), mettant en lumière l’ampleur des conséquences humaines et sociales de l’agression sur les plus jeunes. Lors d’un point de presse au siège des Nations unies à Genève, Ricardo Pires a également indiqué que plus de 340 enfants avaient été tués et des centaines d’autres blessés depuis l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu, en octobre 2025. Ces chiffres témoignent de la persistance des dangers auxquels sont exposés les enfants palestiniens, malgré l’instauration de la trêve. Selon le porte-parole de l’UNICEF, les attaques de l’occupant sioniste au cours des deux dernières semaines ont coûté la vie à plusieurs garçons et à deux fillettes, tandis qu’au moins 33 enfants ont été grièvement blessés. Deux autres enfants ont succombé à des blessures antérieures. À ces pertes humaines s’ajoute une crise du déplacement qui continue de bouleverser la vie des familles. Environ 800 000 enfants demeurent déplacés dans la bande de Ghaza, où la majorité vit sous des tentes ou dans des bâtiments endommagés par les bombardements. À l’approche de l’hiver, la précarité des abris et le manque de services essentiels accentuent les risques auxquels ils sont confrontés.

Des milliers d’enfants privés de leurs parents
La perte d’un père, d’une mère ou des deux constitue l’une des conséquences les plus douloureuses de la guerre sur les enfants palestiniens. Au-delà du bilan humain, cette tragédie fragilise les structures familiales et prive des milliers de mineurs de leur principal soutien affectif, matériel et éducatif. Ces enfants doivent désormais faire face à des difficultés psychologiques et sociales considérables, aggravées par les déplacements répétés, la pauvreté et la dégradation des conditions de vie. Pour beaucoup, la disparition d’un ou des deux parents signifie également une plus grande incertitude quant à leur avenir, à leur scolarité et à leur accès aux soins. Dans un territoire ravagé par les bombardements et confronté à une crise humanitaire persistante, la prise en charge de ces enfants nécessite des dispositifs de protection renforcés, un accompagnement psychologique durable ainsi que des moyens permettant de répondre à leurs besoins fondamentaux.

Un hiver supplémentaire dans des conditions précaires
Ricardo Pires a souligné que les enfants de Ghaza abordaient leur quatrième hiver dans des conditions particulièrement difficiles, alors que les conséquences de la guerre continuent d’affecter tous les aspects de leur quotidien, du logement à l’alimentation, en passant par l’éducation et les soins de santé. Si le cessez-le-feu a permis une amélioration limitée de la situation alimentaire et une augmentation de l’entrée de l’aide humanitaire et des marchandises commerciales, les besoins restent considérables et largement supérieurs aux ressources financières disponibles, a précisé le porte-parole de l’UNICEF. Les tentes endommagées, les bâtiments fragilisés et les sites de déplacement surpeuplés exposent davantage les familles aux intempéries, notamment aux pluies et au froid. La détérioration des infrastructures, conjuguée au manque d’eau potable et à l’insuffisance des services d’assainissement, accroît également les risques sanitaires. Face à cette situation, l’UNICEF alerte sur les conséquences de ces conditions de vie pour la santé physique et mentale des enfants. La mise à disposition d’abris adaptés, l’accès aux services essentiels et le renforcement du soutien psychosocial figurent parmi les priorités pour protéger les plus vulnérables et favoriser leur rétablissement.

Plus de 560 000 enfants de retour à l’apprentissage
Sur le plan éducatif, le porte-parole de l’UNICEF a annoncé que plus de 560 000 enfants avaient repris le chemin de l’apprentissage depuis l’annonce du cessez-le-feu en octobre 2025. Cette reprise s’effectue dans différentes structures et à travers plusieurs dispositifs, dont plus de 200 centres éducatifs soutenus par l’organisation onusienne. Cette évolution constitue une étape importante pour rétablir un semblant de normalité dans la vie des enfants, profondément affectés par la guerre et les déplacements.
Elle ne saurait toutefois masquer les obstacles persistants, notamment les destructions d’infrastructures scolaires, l’instabilité des lieux d’accueil et le manque d’environnements d’apprentissage sûrs. De nombreux services essentiels restent par ailleurs hors service dans la bande de Ghaza, tandis que le financement humanitaire demeure insuffisant au regard de l’ampleur des besoins. Cette situation limite la capacité des organisations à étendre leurs interventions et à apporter une réponse adéquate aux enfants et aux familles. L’UNICEF appelle ainsi à une mobilisation durable pour garantir l’acheminement de l’aide humanitaire, rétablir les services de base et assurer aux enfants palestiniens un accès effectif à l’éducation, aux soins de santé et à l’accompagnement psychologique. Au-delà de l’urgence, leur protection et leur reconstruction psychologique et sociale constituent un impératif humanitaire majeur, dans un territoire où la guerre continue de priver des milliers d’enfants de leur enfance.
M.Seghilani